11 septembre : Après les attentats, j’ai lu le Coran… et j’ai tout compris !

Publié le 9 septembre 2011 - par - 6 195 vues
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C’était le 11 septembre 2001, vers 16 h ou 16h30. Un de mes patients avait annulé son rendez-vous, je décidai donc de profiter du temps disponible pour aller poster un courrier relativement urgent. Entre mon cabinet et la poste, il y avait un magasin de télévisions de luxe au design scandinave. Je jetai un coup d’œil distrait en passant vers un des écrans exposés derrière la vitrine et je vis alors une vue aérienne d’une ville dans laquelle la caméra filmait en hauteur à une certaine distance un incendie de deux immeubles contigus. Je n’entendais pas le son, étant de l’autre côté de la vitrine.
Je m’arrêtai un moment en me disant  » Qu’est-ce que c’est que cette ville, c’est grand, ça ne ressemble pas du tout à Londres, on dirait plutôt une ville américaine, canadienne ou australienne avec tous ces gratte-ciels. A vue de nez, ça ressemble plutôt à New York ou Chicago. « .

Je me suis dit  » tiens, bizarre, la télé passe un film catastrophe un mardi après-midi. Mais ça ne doit pas être « la tour infernal » puisqu’il y a deux tours en feu et non une seule. C’est idiot comme scénario, comment un incendie pourrait-il éclater simultanément dans deux tours différentes au même niveau ? Je regardai encore pendant deux minutes, le plan assez fixe trop long ne me paraissait pas de nature cinématographique, en plus, ce que je croyais être des trucages avait l’air trop vrai.

J’évoquai ensuite l’hypothèse d’un reportage d’actualité, en me demandant par quel mystérieux processus l’incendie avait-il bien pu se propager d’une tour à l’autre. « On dirait que c’est un sacré truc, quand même », me dis-je. « mais qu’est-ce que c’est que ce merdier ? » Je haussai les épaules, hésitai à entrer dans le magasin pour voir ça de plus près, décidai d’aller poster mon courrier en me disant que je n’avais pas que ça à faire de regarder la télé, que mon patient suivant allait arriver , et qu’ils passeraient sûrement ça au journal de 20 heures au cas où il ne s’agirait pas d’un téléfilm de bas de gamme.

Rentré à mon cabinet, après avoir vu un ou deux patients je vis arriver vers 17 heures mon associé, l’air complètement stupéfait. « Tu as vu les actualités ? » me demanda t-il . « à New York » ajoute t-il. Le souvenir du magasin de télé me revint alors immédiatement. « Ah oui, lui répondis-je , je suis passé tout à l’heure devant la boutique du vendeur de télés, il y avait des images sur un incendie d’immeubles mais je ne savais pas où c’était. Je me demandai si c’était un film ou un reportage ». Il me dit alors « Non, ce n’est pas un film, c’est un bombardement, ils se sont servis d’avions de ligne détournés comme bombes, il y en a déjà quatre de tombés, sur le World Trade Center, sur le Pentagone , certains disent sur la Maison blanche ou le Capitole  » il y aurait un nombre indéterminé d’avions disparus qu’on cherche partout, c’est l’affolement général, ils parlent de 10 000 morts, peut être même 50 000 ! »

Complètement estomaqué par cette nouvelle, j’eus alors une réaction primaire, « A force de bombarder les autres, les Américains ont donc fini par se faire bombarder  » . J’ajoutais ceci : « comme disait Jésus Christ, (que je citai malicieusement car mon associé est fervent catholique et moi sans religion), qui vivra par l’épée périra par l’épée », on pourrait également dire « qui crache en l’air ne doit pas s’étonner qu’il pleuve » ou « qui sème le pet récolte la merde ». Mon associé brocarda en réponse mon anti-américanisme primaire.

Je le reconnais, c’était une réaction stupide, mais qui était dictée par la vision du monde qui était la mienne à l’époque. Si mes parents avaient un peu plus de 20 ans au moment de la libération et si pour eux, les Américains étaient les sauveurs de la France, j’avais une vision beaucoup plus nuancée. A l’époque, j’étais plutôt d’extrême-gauche tendance anarchiste. Pendant tout ma vie , j’avais vu des scènes télévisées montrant les USA en train de bombarder massivement d’autres nations, le Viet-Nam, le Cambodge, la première guerre du golfe contre l’Irak (contre laquelle j’avais manifesté à de très nombreuses reprises), les bombardements de l’OTAN sur Belgrade, avec la destruction de l’Ambassade de Chine, les divers coups tordus auxquels étaient mêlés les USA au Chili, en Indonésie, au Nicaragua, à la Baie des Cochons et ailleurs. Les va-t-en guerre qui avaient disposé des missiles Pershing en Europe au risque de déclencher une guerre atomique. Ma vision des USA oscillait entre l’admiration pour les explorateurs de la lune et les libérateurs du débarquement de 1944, et l’aversion pour les brutalités insensées et injustifiées dont ils se rendaient coupables aux quatre coins du monde.

Après cette première réaction impulsive me vint aussitôt un sentiment totalement à l’opposé : j’exprimai mon effroi concernant cet ignoble massacre d’innocents qui n’étaient pour rien dans les actions de leurs gouvernements successifs, et demandai à mon associé s’il savait qui avait fait le coup. Il l’ignorait complètement, mais m’informa que la télévision supputait une action kamikaze moyen-orientale. Je lui dis qu’à tous les coups, il s’agissait d’attentats islamiques , ce à quoi il me répondit que c’était également son avis. Qui d’autre aurait pu avoir monté un coup pareil ?
Je téléphonai à ma femme, qui était rentrée de son travail en lui conseillant de regarder la télé. Elle me demanda pourquoi, je lui dis « il faut que tu regardes, il semble y avoir eu un événement majeur incroyable, il y a sûrement une édition spéciale, tu me raconteras quand je serai rentré du boulot. »

La patiente suivante était une jeune d’une vingtaine d’années. Je lui trouvai une tension nettement trop élevée, je l’en informai et lui demandai « ce sont les événements américains de cet après-midi qui vous font monter la tension ? »  » Euh, non « , me répond-elle. Puis, en fin de consultation, au moment de régler,elle me dit « mais au fait, docteur, de quels événements américains de cet après midi parliez-vous tout à l’heure? » « Vous n’êtes pas au courant, ? » lui demandai-je. Je l’informai alors du bombardement de New York, de l’effondrement d’immeubles et du fait qu’il y aurait selon certaines sources entre 10 000 et 50 000 morts. » (NB le chiffre fut revu fortement à la baisse ensuite) « C’est quoi, c’est pas vrai, c’est une blague, c’est un canular ? » s’exclama t-elle. « Non », lui répondis-je, « regardez les infos, vous verrez  »

Elle me demanda si je savais qui avait fait le coup, je lui répondis qu’on soupçonnait probablement des bombardements islamistes. Elle était complètement abasourdie !
Sorti de mon cabinet à 19 heures, je trouve les rues étrangement vides. Je passai à la boulangerie avant de revenir chez moi, des gens murmuraient à voix basse, on sentait qu’ils parlaient de « ça » d’un air angoissé par des perspectives de guerre, ou d’un air vaguement gêné (certains regrettaient-ils déjà des choses qu’ils auraient dites antérieurement sur les américains ?).

Rentré chez moi, j’ai regardé non stop et bouche bée les éditions spéciales à la télé jusque vers une heure du matin. Pendant les actualités , mon fils, qui avait alors cinq ans me demandait « mais papa, pourquoi il envoient les avions sur les tours ? » Il semblait très impressionné. En plus, comme les images repassaient en boucle, il croyait qu’il y avait à chaque fois un nouvel accident. Je lui expliquai que la télé rediffusait à plusieurs reprises les mêmes images, et que dans le monde il y avait des gens très, très méchants heureusement rares, et que ceux qui avaient organisé ces horreurs seraient pourchassés et punis. Je ne me souviens pas de la réaction de ma fille, qui avait alors trois ans.

Le lendemain matin, après avoir acheté une cargaison de journaux de toutes opinions, je fus frappé par le silence dans les rues, les passants avaient tous l’air de zombies hagards et en état de choc. Je me suis aperçu d’une chose étrange : dans les jours et même semaines qui suivirent le 11 septembre, si l’on regardait dans la rue en direction d’un passant musulman ou d’une musulmane, ils détournaient la tête ou baissaient les yeux vers le trottoir.

Une image m’a frappé ce soir là (ou était-ce le lendemain ?), c’étaient les images de liesse dans les rues palestiniennes. Jusqu’au 11 septembre, j’avais été plutôt pro–palestinien, considérant les israéliens comme des envahisseurs, tout en estimant que les Palestiniens exagéraient avec leurs attentats, en particulier celui des JO de Munich, qui m’avait horrifié. Après le 11 septembre, je changeai rapidement d’opinion, et la cause palestinienne me parût de plus en plus douteuse.

J’avais toujours été un rationaliste anti-clérical, je considérais les religions comme l’opium du peuple et la religion musulmane comme l’une des plus obscurantistes de toutes. Comme il devint rapidement évident que ces attentats avaient été des attentats islamiques, j’allai dès le lendemain, à la FNAC pour y feuilleter le coran, texte que je n’avais jamais eu la curiosité de lire, histoire de voir quel était le rapport, s’il y en avait un, entre les croyances musulmanes et ces attentats. Je fus effondré par cette lecture, qui alternait entre galimatias incompréhensible ou délirant, exhortations ultra-violentes, appel au meurtre des infidèles etc. ( je me rappelle que je feuilletai deux éditions différentes, pour comparer, mais c’était à peu près le même torrent d’insanités.) Ultérieurement, je finis par le lire en entier. Une réalité me sauta instantanément aux yeux : c’est que ces attentats étaient l’application directe de ce que le texte coranique préconisait.

 

Je me souviens également d’une engueulade qui eut lieu dans un dîner en ville la semaine suivante : la conversation avait dévié sur les attentats, celle qui invitait soutenait la thèse selon laquelle les Américains l’avaient bien cherché. S’en est suivi un clash avec son petit ami, très pro-américain qui partit en claquant le porte et la plaqua sur le champ !

Les mois qui suivirent , je fus partagé entre l’énervement que provoquaient chez moi l’absurde et sanglante politique des USA en réponse à ces attentats, en particulier l’intervention américaine totalement injustifiée en Irak, pays qui n’avait rien à voir avec les attentats, et la consternation que m’inspirait de plus en plus la religion musulmane, et les inquiétants « vive Ben Laden » qui fleurissaient sur les murs des banlieues sensibles dans lesquelles je faisais de temps en temps des visites à domicile.

Cette consternation ne fit que croître les années suivantes, avec en particulier l’affaire du voile islamique à l’école. Je me suis mis à lire les livres de Jack Alain-Léger, que j’avais vu batailler ferme pour défendre la laïcité lors des débats télévisés consacrés à cette affaire et stigmatiser l’obscurantisme islamique avec une véhémence qui me plaisait. J’étais de plus en plus énervé de voir la collusion de la gauche et d’une certaine presse avec l’idéologie dangereuse et archi-rétrograde qu’est l’islam, et d’entendre seriner cette insupportable pensée politiquement correcte sur « l’islam, religion d’amour de paix et de tolérance ». Fin 2005, j’achetais à mon cabinet mon premier ordinateur, pour télétransmettre les feuilles de soin à la sécurité sociale. En essayant de faire quelque chose d’autre avec, cet appareil, histoire de rentabiliser mon achat, je me mis à m’apercevoir qu’il y avait un truc qui s’appelait internet, et que des débats y avaient lieu avec une liberté qui n’existait nulle part ailleurs. Je me mis à écrire des commentaires en réponse à des articles sur l’affaire des caricatures de Mahomet qui venait d’éclater.

Un an après, en septembre 2006, j’écrivais mon premier article pro-laïcité sur Agoravox ( 1) et en 2008, mon premier article sur « Riposte Laïque ». (2)
Je ne peux plus supporter la gauche telle qu’elle est devenue, sa bigoterie pro-musulmane, ses procès liberticides contre ceux qui osent penser autrement (Houellebecq, Charlie Hebdo qui avait osé publier les caricatures, et tant d’autres) ses subventions de mosquées et ses fêtes ramadanesques politiquement correctes. Je ne peux plus non plus supporter la droite (quel scandale de voir Fillon inaugurer une mosquée aux côtés d’une pauvre petite fille voilée! Quelle honte de voire Sarkozy faire de la propagande religieuse dans un discours à Riyad !)
No pasaran ! Comme disait Voltaire en d’autres temps,  » écrasons l’infâme  » !

Docdory

( 1 ) http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-rapport-machelon-une-offensive-13855

( 2 ) http://ripostelaique.com/Quand-de-pretendus-antiracistes-se.html

 

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