17 octobre 1961 : « Guerre » d’Algérie et manifestation « pacifique »

On qualifie souvent  la manifestation  du 17 octobre 1961 de « pacifique ». Il me semble pourtant  paradoxal d’associer en l’occurrence  « guerre » d’Algérie et manifestation « pacifique ». Les « événements » d’Algérie étaient bien une guerre et les Français n’ont pas attendu que la France Officielle le reconnaissent en 1999 pour le savoir. Il était clair pour eux que le rappel des réservistes par Guy Mollet en 1956  et l’envoi en Algérie du contingent étaient des actes de guerre et c’est bien ainsi que, dès cette époque, ils désignaient les « opérations de maintien de l’ordre » menées en Algérie. Faire l’histoire uniquement à partir des discours officiels comme le fait couramment Benjamin Stora   est un peu trop facile et lui permet de se mettre en avant pour dénoncer une soi-disant occultation. Ne lui en déplaise cette guerre avait dit son nom bien avant 1999 et c’est un fait.

Dans cette guerre, pour la France, l’ennemi c’était le FLN. FLN qui cherchait à étendre le champ de bataille à la France métropolitaine en y commettant des attentats et tuant des policiers. Peut-on alors qualifier de « pacifique » une manifestation organisée à Paris à l’appel de l’  « ennemi »  dans le cadre de sa stratégie d’extension du conflit ? En riposte aux attentats du FLN en France  un couvre-feu avait été instauré pour les Algériens. Le FLN appela alors les Algériens   à une manifestation le 17 octobre 1961. Certes les manifestants n’étaient pas armés et leurs intentions étaient sans doute pacifiques. Celles du FLN ne l’étaient certainement pas lui qui, par les meurtres de policiers qui avaient précédé, avait préparé le terrain pour que les forces de police et de gendarmerie exaspérées se livrent à une répression féroce. Ce fut le cas et l’on peut dire que le FLN a réussi son coup manipulant sans vergogne les Algériens et les envoyant volontairement à leur insu au massacre. Massacre dont la responsabilité est à imputer à égalité à la préfecture de police de Paris et au FLN qui doit aussi reconnaître sa responsabilité.

Bruno Voituriez

 

 

 


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