A ceux qui évoquent la liberté pour défendre le droit de porter la burqa et le voile…

Publié le 24 août 2009 - par
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« Le niqab et la burqa ne sont pas obligatoires, mais si les femmes veulent les porter c’est leur choix et en les interdisant vous attaquez leur foi et leur liberté. » C’est, en substance, ce que disent celles et ceux, musulmans ou non, qui ne veulent pas que la loi républicaine intervienne dans cette affaire.

Au passage, nous relèverons ce qui apparaît être une première contradiction dans cet énoncé même, à savoir : « ce n’est pas obligatoire » (il est vrai qu’il n’existe aucune prescription coranique et aucun haddith à ce sujet …), mais celles et ceux qui veulent interdire le port de ces prisons ambulantes attaquent la foi. Alors, il faudrait savoir, cela concerne la foi ou non ? Encore une belle incohérence.

Mais, ce n’est pas la dimension pseudo « religieuse » qui va nous intéresser ici. Nous nous focaliserons sur le « c’est leur choix » et sur l’accusation d’attaque contre la liberté.

Le concept de liberté agite les philosophes depuis fort longtemps et il apparaît assez vite que l’on ne peut se contenter de définir la liberté en terme d’indépendance. Il ne suffit pas, pour être libre, de ne dépendre d’aucune volonté extérieure, même si c’est une condition nécessaire. La servitude peut être intérieure, cela peut être une servitude de soi-même à soi-même. En effet, est-il libre celui qui accomplirait exactement tout ce qu’il souhaiterait, tout ce qui lui plairait ? Certains, à n’en pas douter, le soutienne qui, comme ce Calliclès que l’on rencontre dans les dialogues de Platon, affirme que la liberté consiste à agir selon son bon plaisir. Mais, précisément, Socrate a beau jeu de lui montrer que celui qui fait ce qui lui plaît ne fait pas toujours ce qu’il veut. Il y a loin de l’un à l’autre, en dépit du fait que les deux expressions soient souvent confondues.

D’une certaine manière, la volonté se laisse dicter sa loi de l’extérieur quand elle est soumise au bon plaisir. Celui qui fait ce qui lui plaît est agi plus qu’il n’agit. Les Hommes peuvent être asservis à eux-mêmes et cet asservissement est le plus grand, puisqu’il n’est généralement pas perçu ni vécu comme tel. Cet asservissement de soi à soi, cette obéissance à quelque chose qui, en nous, n’est pas nous mais un désir étranger auquel nous sommes soumis. Bref, cet état paradoxal de dépendance interne, les philosophes l’appellent « passion ».

Cela se complique encore plus à la suite de Sigmund Freud et du principe du « déterminisme psychique » qu’il a mis au jour. Depuis l’inventeur de la psychanalyse, nous savons que nous sommes toutes et tous, sans exception, soumis à un « inconscient » (et ceci quelle que soit la théorie de référence que nous utilisons pour tenter de le comprendre). Cet inconscient psychanalytique est bien sûr une des dimensions constitutives de chaque sujet et son contenu, quoique absent de la conscience, détermine en grande partie cette dernière. Les rêves, les actes manqués, les lapsus, les mots d’esprit, certains oublis sont autant de phénomènes s’exprimant dans le conscient, ou dans le « moi » selon que l’on se réfère à la première ou à la seconde topique freudienne, mais prenant source dans l’inconscient ou dans le « ça ».

Pour la psychanalyse contemporaine, l’inconscient est le lieu d’un savoir constitué par un matériel littéral en lui-même dépourvu de signification, organisant la jouissance et réglant le fantasme, la perception, ainsi qu’une grande partie de l’économie organique. Ainsi, Freud énonce-t-il très tôt le principe de déterminisme psychique, selon lequel ses manifestations doivent être considérées comme inscrites dans une chaîne de causes et d’effets dont la cause initiale est une source refoulée. C’est alors que le concept d’inconscient invite à repenser la nature des rapports entre la conscience que le sujet a de lui-même et la réalité de ce qu’il est. De même, le caractère inconscient de certaines pulsions animant l’activité du sujet invite à penser de façon plus fine le problème de la liberté. Peut-être pourrions nous même affirmer qu’une « liberté totale » ne peut concrètement exister du fait même de l’existence de cet inconscient que le sujet ne maîtrise pas qui a des effets importants sur la conscience, sur les choix que chaque sujet effectue au quotidien.

Mais, quittons la dimension individuelle et attachons nous quelque peu à une dimension sociale. La conception moderne par excellence de la liberté consiste à penser cette dernière comme obéissance à la loi que l’on s’est soi-même donnée. C’est ce que désigne le concept d’autonomie. Ce concept a une valeur aussi bien dans la réflexion politique que dans la réflexion morale. Jean Jacques Rousseau, dans son « Contrat social », nous dit bien : « Ce que l’Homme perd par le contrat social, c’est sa liberté naturelle et un droit illimité à tout ce qui le tente et qu’il peut atteindre. Ce qu’il gagne c’est la liberté civile et la propriété de tout ce qu’il possède. Pour ne pas se tromper dans ces compensations, il faut bien distinguer la liberté naturelle qui n’a pour bornes que les forces de l’individu, de la liberté civile qui est limitée par la volonté générale ». Cette liberté civile dont nous parle Rousseau désigne cette liberté qu’ont les citoyens lorsqu’ils vivent sous le gouvernement des lois et non sous la botte d’un maître, d’un quelconque guide ou sous l’emprise d’un gourou. Et c’est pour nous mettre en garde contre toute tyrannie à venir, ou nous rappeler les oppressions du passé que Rousseau déclare avec force : « Il n’y a point de liberté sans lois ».

Mais, se soumettre aux lois, c’est encore se soumettre. Pour être volontaire, la servitude n’en est-elle pas moins toujours servitude ? Pas dans le cas d’une réelle République démocratique car, dans ce cadre là, l’obéissance aux lois n’est pas le seul rapport que les citoyens entretiennent avec elles. Par rapport aux lois, ces mêmes citoyens doivent être à la fois sujets et législateurs, ce qui suppose bien que l’on place dans le peuple la source du pouvoir législatif, même indirectement sur le mode de la représentativité au travers de la notion d’élections au suffrage universel. C’est à ce prix que les lois ne sont pas de simples décrets, mais l’expression de la volonté générale. Obéissant aux lois, les citoyens ne se plient pas à une volonté étrangère à la leur et encore bien moins à une quelconque volonté divine. Le problème de la liberté en morale reçoit à peu près la même formulation. Là aussi, nous retrouvons l’opposition entre la sujétion à un principe extérieur (l’appétit) et la liberté définie au contraire comme obéissance à la loi que l’on s’est prescrite, toujours dans le cadre d’un processus électoral et non pas « de droit divin ».

Donc, nous voyons bien que le concept de liberté n’est pas simple et qu’il ne suffit pas de dire : « je fais ce que je veux » pour être libre. D’autre part, nous avons vu que ce concept de liberté ne peut être abordé sur un plan strictement individuel mais doit l’être aussi sur un plan social, politique.

Pour aller plus avant dans le démontage de la phrase qui nous a servi de point de départ, portons maintenant notre attention au concept de « servitude volontaire ». Aussi paradoxal que cela puisse paraître, nous tenterons de démontrer que l’on peut être asservi volontairement et, qui plus est, avec notre consentement.

La notion de « servitude volontaire » recouvre les mécanismes de l’obéissance au travers de la soumission d’individus complices de leur servitude. Il s’agit bien d’une complicité quant à un état de privation de liberté. Un des plus fameux théoriciens de ce concept fut Etienne de La Boétie qui, dans son texte « Discours de la servitude volontaire », tente d’expliquer « Comment il se peut que tant d’hommes, tant de villes, tant de nations supportent quelquefois tout d’un tyran seul, qui n’a de puissance que celle qu’on lui donne, qui n’a de pouvoir de leur nuire qu’autant qu’ils veulent bien l’endurer et qui ne pourrait leur faire aucun mal s’ils n’aimaient mieux tout souffrir de lui, que de la contredire ? » La Boétie donne trois explications, qui peuvent être approfondies en lisant son texte, à savoir : la servitude volontaire peut s’expliquer par l’habitude, par la ruse des tyrans et par l’argument de la chaîne des gains.

Aujourd’hui, cette réflexion reste très vivace, notamment à la suite de Pierre Bourdieu qui depuis la fin des années 1980 et le début des années 1990 parle de « violence symbolique » qu’il définit ainsi : « La violence symbolique est, pour parler aussi simplement que possible, cette forme de violence qui s’exerce sur un agent social avec sa complicité ». On ne peut être plus clair. Pour Bourdieu, la notion d’une servitude avec la complicité de l’asservi est donc bien valide. Mais, pour le sociologue, cet accord, cette complicité du dominé n’est pas un acte de sa volonté. Pour lui, la complicité active est belle et bien réelle, mais elle ne peut être considérée comme consciente et volontaire. Tout cela prend place « dans l’obscurité des dispositions de l’habitus ». Mais, qu’est-ce que « l’habitus » bourdieusien ? Plutôt qu’une définition sortie d’un dictionnaire, faisons directement référence à l’auteur quand il nous dit, dans plusieurs ouvrages, ce qu’il entend par là : « Structure structurante, qui organise les pratiques, l’habitus est aussi structure structurée : le principe de division en classes logiques qu’organise la perception du monde social est lui même le produit de l’incorporation de la division en classes sociales » … « L’habitus est ( …) à la fois principe générateur de pratiques objectivement classables et systèmes de classement de ces pratiques.

C’est dans la relation entre les deux capacités qui définissent l’habitus, capacité de produire des pratiques et des œuvres classables, capacité de différencier et d’apprécier ces pratiques et ces produits, que se constitue le monde social représenté, c’est-à-dire l’espace des styles de vie. » « Les conditionnements associés à une classe particulière de conditions d’existence produisent des habitus, systèmes de dispositions durables et transposables, structures structurées prédisposées à fonctionner comme structures structurantes, c’est-à-dire en tant que principes générateurs et organisateurs de pratiques et de représentations qui peuvent être objectivement adaptées à leur but sans supposer la visée consciente des fins et la maîtrise expresse des opérations nécessaires pour les atteindre, objectivement « réglées » et « régulières » sans être en rien le produit de l’obéissance à des règles et, étant tout cela, collectivement orchestrées sans être le produit de l’action organisatrice d’un chef d’orchestre. » Mais, « habitus » n’est pas « habitude ».

En effet, « L’habitus, comme le mot le dit, c’est ce que l’on a acquis (…). Mais pourquoi ne pas avoir dit habitude ? L’habitude est considérée spontanément comme répétitive, mécanique, automatique, plutôt reproductrice que productrice. Or, je voulais insister sur l’idée que l’habitus est quelque chose de puissamment générateur. » Puis, dans ce concept d’habitus, Bourdieu relie l’individu, le sujet au social : « Parler d’habitus, c’est poser que l’individuel, et même le personnel, le subjectif est social, collectif. » D’aucuns diront même que l’habitus a pour équivalent celui « d’inconscient social ». Enfin, Bourdieu nous explique comment nous pouvons modifier l’habitus qui n’est certainement pas une fatalité : « L’habitus peut être ainsi transformé à travers la socioanalyse, la prise de conscience qui permet à l’individu d’avoir prise sur ses dispositions.

Toujours pour tenter de comprendre ce que recouvre ce concept « d’asservissement volontaire », allons voir ce que nous dit, en substance, la psychanalyse lacanienne à ce sujet. Ici, la servitude volontaire est assimilée à la névrose obsessionnelle. Au cours de son enseignement, Jacques Lacan a dégagé l’existence de quatre types de discours : celui de l’hystérique, celui du maître, celui de l’analyste et celui de l’universitaire. C’est à ce dernier auquel nous allons faire plus particulièrement référence. Effectivement, le discours de l’universitaire est celui qui s’approche le plus de la structure de la névrose obsessionnelle. Cela par le fait qu’il est constitué de réponses toutes faites et fermées qui ont pour but l’universalité ou qui tendent à supprimer toute différence.

Dans sa répétition académique et rigoureuse, ce discours ne permet pas de poser de questions. Celui qui le reçoit doit le prendre pour « argent comptant », comme une sorte de dogme inattaquable. Il s’agit d’un savoir qui se sait mais qui appartient à un autre et qui est régit par le commandement du maître. C’est Serge Leclaire, lacanien convaincu s’il en fut, qui nous fait remarquer que cet ensemble de pressions et de limites assaillit le sujet « obsédé » donnant une grande force à « l’impératif de la nécessité », le plongeant ainsi dans « l’enfer du devoir ».

Dans ce cas là, le sujet exprime une tendance à se constituer comme un tout pour l’autre, le désir inconscient se réduisant alors à une passivité masochiste. Ainsi, ce sujet risque de passer toute sa vie à appeler un père pour lui assurer sa place, même si cela suppose une position soumise. La névrose obsessionnelle montre, entre autres choses, une carence de reconnaissance paternelle et, pour contrecarrer cette carence, le sujet est prêt à payer le prix fort de son asservissement. Son drame existentiel majeur réside dans le fait qu’il a cette reconnaissance, mais, dans le même temps, il pense en permanence qu’il peut la perdre. Alors, il va être prêt à tout pour la garder, car cette reconnaissance a été donnée par le père pour faire de ce même sujet le représentant du désir paternel, aliénant ainsi celui du sujet.

Lacan a pointé que le sujet obsédé est lié à la dialectique hégélienne du maître et de l’esclave. Ici, ce n’est pas le plus fort qui devient le maître, c’est celui qui préfère mourir que perdre la liberté. Ce n’est pas le plus faible qui devient esclave, c’est celui qui préfère garder la vie même au détriment de sa liberté. Esclave de son désir de vivre, il devient esclave de celui qui a subordonné l’instinct de survie à sa dignité d’homme libre.

D’autre part, n’oublions jamais que le maître et l’esclave ont besoin l’un de l’autre pour pouvoir co-exister, ils sont bien interdépendants car sans esclave point de maître et vice versa, ils ont besoin l’un de l’autre et le plus dépendant n’est pas toujours celui que l’on croit. C’est tout l’enseignement de Spartacus préférant mourir qu’être esclave. Le sujet asservi se montre rigoureusement limité aux normes, aux règles et aux jugements de la loi. Il est convaincu qu’il doit prendre sur lui cette position soumise qui consiste à ne pas avoir « voix au chapitre », mettant son propre désir sous un éteignoir, en servant volontairement, mais peut-être pas consciemment, ce maître car il a besoin de quelqu’un à idolâtrer et c’est bien là son drame. Le constat a déjà été fait à maintes reprises que le névrosé obsessionnel essaie de se défendre de la castration en annulant les différences dans une recherche ininterrompue d’uniformisation. L’expérience psychanalytique démontre que le discours de ce sujet élude le manque dans son champ. En d’autres termes, « l’obsédé » croit qu’il doit s’efforcer à toujours atteindre la demande de l’autre, dans une position serviable, pour obtenir la reconnaissance et, par conséquent, être aimé.

Ainsi, la théorie de « la servitude volontaire » énoncée par La Boétie trouve de la résonance dans les théories modernes de la domination. Que cela soit sous la forme de représentations du monde ou de dispositions, la domination s’explique, en premier lieu, par une complicité inconsciente des dominés.

Continuons et empruntons d’autres chemins pour parler de cette notion de « servitude volontaire ». Gandhi a beaucoup théorisé sur ce concept, pour nous confirmer que, selon lui, toute domination passe par la collaboration et l’attitude servile du dominé. Pour lui, l’oppression n’est jamais seulement extérieure et imposée, cela suppose toujours une participation des intéressés. En un mot, les victimes ne sont jamais complètement innocentes : « Les anglais n’ont pas pris l’Inde, nous la leur avons donnée. » Pour Gandhi, le principal moyen de lutte réside dans la notion de « désobéissance civique » non violente consistant « simplement » à ne plus coopérer. Dans ce cadre là, tout rapport d’oppression suppose une complicité rappelons le, l’absence de toute contribution du dominé fait que la domination s’arrête net. Mais, ici, cette coopération technique et physique à l’oppression renvoie à une dimension morale. En substance, pour Gandhi, il convient d’appuyer le combat non violent par une ferme adhésion à la vérité, cette étreinte de la vérité qu’il nomme « satyagraha ».

Pour terminer, citons comme illustration sociopolitique de tout cela, un exemple frappant de servitude volontaire mise en place par l’ensemble d’un état du monde arabo-musulman. Il s’agit du « Makhzen » décrit par un auteur comme Baba Sayed. Cela se passe de nos jours au royaume du Maroc. De quoi s’agit-il ? « (…) C’est une organisation sociale, politique, économique et sécuritaire qui régit (…) le Maroc. C’est une forme de domination (…) dans un cadre « institutionnel » politique et militaire dont la finalité est de permettre aux différents rois du Maroc de disposer « souverainement » de pouvoirs et de prérogatives exorbitantes (…) Le « Makhzen » (…) est destiné à susciter et à entretenir, par la peur et la crainte, les « allégeances » en faveur du commandeur des croyants. C’est un rouleau compresseur dont le principe de fonctionnement et les modus opérandi ne peuvent que faire rougir de jalousie les machiavéliques les plus convaincus et les plus endurcis. Système de servitude volontaire incomparable, l’organisation « Makhzen » a pour principe de fonctionnement une illusion, constamment nourrie et entretenue ; de la maîtrise. » Nous sommes bien dans ce que La Boétie nommait « la chaîne des gains ». Sous le tyran ultime, c’est bien une « pyramide de servitudes et de dépendances où chacun se croyant le maître de l’autre est en fait l’esclave d’un autre. » Eclairant, n’est-il pas ?

Ce travail, déjà long pour un article, pourrait l’être bien plus tant ce sujet de « la servitude volontaire » est vaste et riche. Nous avons voulu tenter de démontrer qu’utiliser l’argument d’une attaque contre les libertés individuelles, pour dire qu’il ne faut pas légiférer quant au port des burqas et autres niqabs, ne tenait pas et qu’il convenait d’aller voir plus loin que le bout du doigt qui montre la lune. En fait, c’est bien soi disant aux nom des libertés individuelles que ces gens là (eh oui : « faut vous dire monsieur que chez ces gens là, on ne pense pas monsieur, on ne pense pas, on prie », merci Grand Jacques) foulent aux pieds ces mêmes libertés, enfermant et réifiant les femmes, « superbe » oxymore n’est-il pas ?

Terminons vraiment par une magnifique et forte illustration de tout cela. Retrouvons Jean de La Fontaine et sa fable « Le Loup et le Chien », dans laquelle le Loup s’aperçoit que pour avoir l’embonpoint du Chien, il lui faudra accepter d’être enchaîné et privé de liberté.

« Chemin faisant, il vit le cou du Chien pelé.

Qu’est-ce là ? Lui dit-il. Rien. Quoi ! Rien ?

Peu de chose

Mais encor ? Le collier dont je suis attaché

De ce que vous voyez est peut-être la cause.

Attaché ? Dit le Loup : vous ne courez donc pas

Où vous voulez ? Pas toujours : mais qu’importe ?

Il importe si bien, que de tous vos repas

Je ne veux en aucune sorte,

Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.

Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor. »

Hervé BOYER

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