Agression du bus : pour Le Parisien, informer, c’est être d’extrême droite !

Publié le 14 avril 2009 - par - 2 848 vues
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Il y a quelques jours une agression crapuleuse et raciste s’est produite dans un autobus parisien. Tout le pays l’a appris, mais tout le pays aurait dû l’ignorer.

Sans l’esprit civique (1) d’un jeune policier du service régional de la police des transports, on n’en aurait en effet rien su.

Les images n’auraient pas été montrées et le fait lui-même aurait continué d’être tu, et ignoré du plus grand nombre.

L’administration ne l’a pas vu de cette manière. Pour elle, pour le procureur de la République, pour le Président de la RATP, cette initiative d’informer est inacceptable. Elle est intolérable. Le jeune policier a donc été placé en garde à vue.

Ce matin, Le Parisien consacrait une page entière à l’affaire. L’auteur de l’article ne se scandalisait pas parce que cinq voyous ont terrorisé les passagers d’un autobus. Il ne se scandalisait pas qu’ils aient roué de coups un passager ; il ne se scandalisait pas qu’ils l’aient invectivé, le traitant de « sale blanc » et de « fils de pute » ; cela n’a pas semblé vraiment choquer le quotidien.

Ces propos haineux et ces comportements de brutes débridées, cela ne pose pas problème… Sûrement que ces brutes épaisses racistes ont des excuses ! Ce qui choque le quotidien et le procureur, c’est la révélation du crime ; crime qu’ils se gardent bien de qualifier.

Le Parisien s’émeut, mais pas à cause de l’agression ni des motivations qui poussent un des agresseurs, descendu du bus, à revenir sur ses pas, à revenir donner quelques violents coups supplémentaires à sa victime effondrée contre le chauffeur du bus.

Lisons Le Parisien : « (…) la mise en ligne de cette vidéo, relayée et exploitée politiquement par des sites et des blogs d’extrême droite… « C’est plus qu’une fuite. C’est une manipulation d’un document à usage policier et judiciaire à des fins de communication externes » dénonce Pierre Mongin, le patron de la RATP.

Quand on lit ces propos que je ne qualifierai pas, on a envie de demander au patron de la RATP et au « journaliste » complaisant : tout cela n’était-il pas une fausse agression, qui aurait été diffusée pour faire croire qu’il existe des problèmes d’agressions et en particulier des agressions racistes contre des « blancs », contre des « Français » ?

Si cette agression est bien réelle et si elle s’est passée comme montre la vidéo, on est en droit de demander à ces messieurs en quoi il s’agit d’une manipulation ? On est en droit de retourner l’accusation, vers ceux qui voulaient nous tenir dans l’ignorance de cette agression injustifiable et inexcusable?

Qui manipule qui ? Qui manipule, sinon ceux qui nous racontent que tout ne va pas si mal que ça, que nous pouvons continuer de vaquer à nos occupations, sans trop nous inquiéter.

Revenons à l’article du Parisien. Il s’étend sur les « motivations « d’extrême droite » de tous ceux qui sont indignés par cette lâche agression.

Le Parisien et ses commanditaires sont pris la main dans le sac.
Ils ne peuvent pas inventer ici une histoire de rivalité entre jeunes Juifs et jeunes Arabes et Africains, comme ils l’ont fait pour les agressions de la rue Petit pour nier le caractère raciste de ces agressions.

Ils ne peuvent nier les propos racistes filmés par le système vidéo du bus, donnant la motivation du crime. Ils ne peuvent nier le fait, comme ils l’ont fait dans l’attaque contre Rudy Haddad. Ce dernier a été laissé pour mort, dans le comas, à la suite des coups de poings et coups de pieds d’une bande tombée à plus de dix sur un seul ; Rudy Haddad avait été achevé, à coups de béquilles donnés par un militaire de carrière de vingt six ans qui n’avait jamais eu à en découdre avec aucun des jeunes Juifs du secteur de la rue Petit ou il n’habitait d’ailleurs pas. Mais ce ne sera pas un crime raciste antijuif, nous débitera-t-on, les criminels n’avaient pas proféré de propos « racistes » ; ils n’avaient pas traité de sale Juif leur victime…

Au moment de cette lâche et violente agression, c’est ce que les autorités et ceux qu’Althusser appelait « l’appareil idéologique d’état » (les médias soumis aux choix de la raison d’état) ont cherché à nous faire accroire.

Pour le Parisien et ses inspirateurs, nous devrions ignorer l’agression dans l’autobus (2).

Nous ne devions pas apprendre que des énergumènes terrorisent régulièrement les passagers des bus et qu’ils les injurient parce qu’ils sont blancs, qu’ils les frappent après les avoir volé, parce qu’ils sont français.

Informer, c’est aujourd’hui, pour Le Parisien et ses inspirateurs, « être d’extrême droite »…réveillez-vous, Jaurès, Zola, Clemenceau, Albert Londres, Joseph Kessel, ils sont devenus fous, des fous aveugles, sourds et muets volontaires qui veulent nous entraîner dans leur débâcle.

Quelle honte !! Avant guerre, les staliniens accusaient Léon Trotski et les militants qui avec lui dénonçaient l’imposture totalitaire de la bureaucratie, d’être simultanément : des agents des services secrets, américains, britanniques, japonais, de la Gestapo, etc.

En 2009, le Parisien, stalinisé dans sa démarche, à l’esprit calomniateur un peu moins fertile, veut faire croire que : Informer, c’est être « d’extrême droite ».

Moins d’imagination que leur maître Staline certes, mais l’utilisation des mêmes poisons : mentir par déformation ou mentir par refus d’information, dans le but antidémocratique d’empêcher que la vérité puisse parvenir jusqu’au plus grand nombre.

Au moyen âge il y avait une profession, son travail consistait uniquement la nuit à sillonner les ruelles et les venelles en criant l’heure et en rassurant les dormeurs, les invitant, ces « bonnes gens », à « bien dormir ».

En ces temps troublés, quand la vieille nation française s’interroge sur son avenir et que toutes sortes de dangers se font jour, notamment avec les diktats islamistes de Durban2, il faudrait que nous croyions dur comme fer que rien de réellement dangereux n’existe au quotidien et pouvant frapper chacun et partout. Il n’aurait pas fallu que le pogrome improvisé, contre un passager « français » et « blanc », soit connu de tout le pays. Il pourrait demander des comptes, le peuple français, aux fakirs d’opérettes qui prétendent l’hypnotiser pour lui faire prendre des vessies pour des lanternes.

Alain RUBIN

(1) Pour expliquer le geste du jeune policier mis en examen et placé en garde à vue comme un délinquant, on peut lire dans le Parisien : qu’il s’agit de « la connerie de jeunesse du policier… et de l’utilisation politique d’extrême droite.

(2) J’écrivais ces lignes hier, 9 avril, ce matin (10 avril) la radio nous apprend que le policier « fautif » est suspendu et passera devant une instance disciplinaire dans quelques semaines. Ils persistent et signent : nous, citoyens français, devions rester dans l’ignorance de cette grave agression.

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