Assises, Marine Le Pen : Bernard-Henri Levy rend service à ceux qu’il insulte grossièrement…

Bernard-Henri Lévy vient de rédiger un de ces libelles dont il a le secret : cela mérite attention !

Il a d’abord écrit que Marine le Pen «était plus redoutable encore que son père».

Evidemment, car la justesse des analyses de Marine, qui consiste à dire aux Français ce qu’ils voient quotidiennement mais ne supportent plus, fait politiquement mouche – et l’on comprend que cela hérisse aussi bien les négateurs de la réalité que les opposants viscéraux au Front National.

Néanmoins, d’après Bernard-Henri Lévy, ce n’est pas pour ses qualités d’analyste que Marine est plus redoutable que son père : c’est parce qu’elle s’inscrirait dans le nazisme larvé de ce dernier. La preuve : les prières dans les lieux publics seraient, selon elle, assimilables à une «Occupation».

En ce qui concerne l’«occupation» illégale de l’espace public par les prières musulmanes, Marine a raison. En ce qui concerne l’«Occupation», elle a tort… à ceci près qu’elle a tort seulement par la façon d’avoir raison, car elle a raison trop tôt !

Et c’est parce qu’elle n’est pas la seule a avoir raison trop tôt que des citoyens français ont décidé d’organiser les fameuses Assises internationales sur l’islamisation de l’Europe.

Le succès de ces Assises – auquel Internet ne cesse, depuis, de contribuer – fait tant d’ombre aux bienpensants que Bernard-Henri Lévy est sorti de son silence, pour nous livrer… toute une litanie de confusions, d’idéalisations et de contradictions !

Confusion entre Bernard Cassen, directeur général du «Monde diplomatique» jusqu’en 2008, et Pierre Cassen, directeur du journal en ligne «Riposte Laïque».

Confusion entre «Unité Radicale», d’où était issu Maxime Brunerie, qui avait tenté de tirer sur Jacques Chirac le 14 juillet 2002, et le «Bloc Identitaire», qui n’existait pas à cette époque.

Idéalisation historique, les soldats marocains, algériens, tunisiens et sénégalais des colonies françaises s’étant rendus coupables de crimes de guerre (1), notamment autour du Monte Cassino, où ils se livrèrent à des viols de masse (2).

Idéalisation historique, le grand mufti de Jérusalem, Mohammed Amin al-Husseini (1895-1974), ayant «coopéré avec le régime le plus barbare des temps modernes» (selon le mot d’un de ses biographes palestiniens), ce qui met à mal une spiritualité dont Bernard-Henri Lévy prétend qu’elle n’aurait jamais eu «la figure du pire, c’est-à-dire du nazisme».

Idéalisation philosophique, Averroès n’ayant pas eu de véritable postérité en Islam, vu sa liberté de ton à l’égard de la loi mahométane (qu’il qualifiait de «loi de pourceaux»), ce qui a valu à ses œuvres l’autodafé et à sa personne l’emprisonnement, puis l’exil pour hérésie !

Mais «l’essentiel n’est pas encore là». Où est-il donc ?

Il est dans la contradiction de fond véhiculée par notre philosophe, qui, d’un côté, n’hésite pas à louer «la grandeur, la douceur et l’honneur de l’islam», et, de l’autre, se rassure en précisant que l’immense majorité des musulmans français «n’ont plus avec l’islam qu’une relation d’appartenance culturelle vague ou familiale». Et Bernard-Henri Lévy d’ajouter : quand bien même les musulmans français «seraient tous de pieux observants, attachés à leurs rites et aux mosquées où ceux-ci se pratiquent, il faut être un sombre crétin pour ignorer que cette pratique a, comme les autres, sa dignité».

Edifiant ! Les «pieux observants» chers à notre philosophe sont – justement parce qu’ils sont «pieux» ! – de «stricts» observants, c’est-à-dire des littéralistes qui militent en faveur d’une application littérale du Coran, dont les ayats outrepassent dès lors l’enceinte des mosquées pour conquérir l’espace public, comme il se voit par les prières illicites, l’Aïd el-kebir, l’invasion du halal, la multiplication des voiles intégraux et non-intégraux, la finance islamique, les revendications communautaristes… et j’en passe !

Quant à l’idée d’une pratique religieuse qui aurait en elle-même sa «dignité», elle est aussi saugrenue que celle qui voudrait qu’un Etat ait en lui-même sa «dignité» parce qu’il serait l’Etat.

N’y a-t-il pas, en effet, des Etats indignes ? Et s’il y a des Etats indignes, ne peut-il pas y avoir des religions indignes ? Si l’islam est une religion de «dignité», comment se fait-il que, parmi les musulmans eux-mêmes, d’aucuns souhaitent «l’aggiornamento d’une foi qui (…) se déciderait à se mettre à l’heure du respect des droits du sujet» ? Ce souhait ne dit-il pas ce qu’est réellement l’islam eu égard aux droits fondamentaux que l’on doit accorder à tout être humain ? Que peut bien être cette religion qui exige le respect absolu à son endroit et qui n’est toujours pas «à l’heure du respect des droits du sujet» ? Quelle différence avec les «prêcheurs de djihad» ? Autrement dit, quelle différence avec le «fascislamisme» ?

Si les valeurs de l’Europe sont émancipatrices, n’est-ce pas parce qu’elles sont antinomiques à celles de l’islam ? Qui accepte qui ? Est-ce l’islam qui accepte l’Europe ou est-ce l’Europe qui accepte l’islam ? Et que font les musulmans de cet espace civilisationnel que leur offre l’Europe sinon un espace qui doit se nier en tant que civilisation européenne pour mieux accueillir la civilisation islamique ? Combien de cathédrales à l’heure actuelle en Islam, et combien de mosquées dans toute l’Europe ? Quel musulman se verrait interdire l’entrée d’un lieu de culte européen non musulman ? Et quel non-musulman a le droit de fouler le sol de la Mecque ou de Médine ?

Puisqu’il faut que «les choses soient dites», disons-les clairement : «Dans cette bataille qui s’annonce», l’islam devra se plier aux lois de la République… ou plier boutique ! Car l’islam n’est pas de «grandeur», de «douceur» et «d’honneur» : sa spiritualité est exclusive, n’entretient de cordialité qu’avec elle-même, ne pardonne pas la différence, et condamne éternellement, dès le septième verset de son Saint Livre, les juifs et les chrétiens !

L’islam est donc incompatible avec nos principes républicains : c’est une théocratie qui n’a pour démocratie que l’Oumma, car l’Oumma est la communauté par excellence, puisqu’en son sein excelle la vérité d’Allah. Or, cette vérité n’est pas éligible : elle ignore le suffrage universel, ne connaît de politique que le diktat religieux, de livre que le Coran, de science que Celle d’Allah, de discussion que la soumission et de solution que la conversion ou l’extermination. L’islam ne tolère pas l’égalité hommes-femmes, l’égalité en général (3), l’homosexualité, l’athéisme, l’agnosticisme, le doute, la critique, la liberté de penser et la fraternité universelle. S’il tolère, c’est parce qu’il se sait ponctuellement faible. Mais qu’il se sache fort, et la Charia s’applique aussitôt ! Alors les masques tombent, les voiles apparaissent et le présent s’obscurcit !

C’est très exactement cela que Bernard-Henri Lévy et ses amis intellectuels, politiques, journalistes, artistes et autres refusent de voir, au grand dam de monsieur Tout-le-Monde, qui souffre jour après jour des dommages islamiques. Chaque jour, en France, des voitures sont incendiées, des poubelles brûlées et des abribus caillassés ! Chaque jour, en France, des filles sont molestées ou frappées parce qu’elles ne s’habillent pas ou ne vivent pas comme l’ordonne le grand frère !

Chaque jour, en France, s’étalent sur nos murs, ou par drapeaux interposés, la haine de la France. Chaque jour, en France, nous rapproche de ce jour où Bernard-Henri Lévy et ses acolytes devront choisir entre de nouvelles Assises sur l’islamisation de l’Europe, ou la fin de l’Europe par la victoire des Assises de l’islam !

Maurice Vidal

(1) C’est le cas dans toutes les guerres, quels que soient les belligérants.

(2) D’où le terme de «marocchinate» (c’est-à-dire «maroquinées»), qui désignait les femmes violées par des Marocains.

(3) Aux yeux de l’islam, un musulman est par essence supérieur à un non-musulman.

TEXTE DE BERNARD-HENRI LEVY

«Viennent de se produire deux événements apparemment mineurs mais en réalité considérables et que nous n’avons pas d’autre choix que d’essayer de penser ensemble.

Le premier fut le fait de Marine Le Pen dont j’annonçais, depuis quelques semaines, qu’elle était plus redoutable encore que son père : je ne croyais pas si bien dire, comme vient de le prouver sa sortie sur les musulmans dont les prières, dans les lieux publics, seraient assimilables à une  » Occupation « .

Le second fut ces Assises internationales sur l’islamisation de l’Europe organisées, quelques jours plus tard, à Paris, par le groupuscule néonazi qui s’était rendu célèbre, le 14 juillet 2002, en tentant d’assassiner Jacques Chirac et qui s’est allié, pour l’occasion, à un quarteron d’anciens trotskistes rassemblés sous la bannière du site Internet Riposte laïque.

Il faut le dire et le redire : présenter comme une  » riposte laïque  » la stigmatisation de l’islam comme tel est une ânerie doublée d’une insulte à un idéal de laïcité qui a toujours signifié, à la fois, la séparation du théologique et du politique et le droit égal, alors, une fois la séparation opérée, de pratiquer décemment leur culte pour toutes les religions.

Il faut le dire et le redire : présenter comme un  » arc républicain « , ou comme une alliance entre  » républicains des deux rives « , ce nouveau rapprochement rouge-brun qui voit les crânes rasés du Bloc identitaire fricoter, sur le dos des musulmans de France, avec tel ancien du Monde diplo, Bernard Cassen, est un crachat au visage d’une République qui, à Monte Cassino, puis dans les combats pour la libération de Marseille, puis dans la poche de Colmar, en Alsace, face à la division Das Reich, n’a pas eu de plus vaillants défenseurs que les pères et grands-pères de ces hommes et femmes que l’on voudrait, aujourd’hui, clouer au pilori.

Et contre, enfin, l’amalgame qui fait de 5 millions de citoyens des occupants en puissance, contre l’acte de violence symbolique inouïe qui fait d’une spiritualité la figure même du pire, c’est-à-dire du nazisme, il est urgent que des voix s’élèvent pour rappeler : primo, que l’immense majorité de ces musulmans sont des Français qui n’ont plus avec l’islam qu’une relation d’appartenance culturelle vague ou familiale ; mais, secundo, que, quand bien même cela ne serait pas, quand bien même ils seraient tous de pieux observants, attachés à leurs rites et aux mosquées où ceux-ci se pratiquent, il faut être un sombre crétin pour ignorer que cette pratique a, comme les autres, sa dignité – on peut être juif, chrétien, voltairien, athée, on peut n’avoir, avec le Coran, aucune affinité particulière, et être pourtant sensible à la grandeur, la douceur et l’honneur de l’islam quand il a ses sources, aussi, chez Averroès, Al-Kindi, Al-Farabi, Al-Ghazzali ou dans  » Les clés du mystère  » de Fakhr ad-Din ar-Razi.

Mais l’essentiel n’est pas encore là.

Car qu’il y ait, aujourd’hui, au sein de l’islam, une bataille politique entre cet héritage de douceur et celui qui nourrit les prêcheurs de djihad, qu’il y ait une guerre sans merci entre, d’un côté, les partisans de l’aggiornamento d’une foi qui, comme les autres monothéismes avant elle, se déciderait à se mettre à l’heure du respect des droits du sujet et, de l’autre, les artisans de ce que je suis, sauf erreur, le premier à avoir appelé fascislamisme, que les premiers soient souvent trop timides ou, tout simplement, trop peu nombreux et que ce soient les seconds, je veux dire les fanatiques, qui tiennent, presque partout, le haut du pavé, c’est l’évidence.

Mais confondre ceci et cela, faire comme s’il n’y avait pas de différence entre les tenants des Lumières et ceux de l’obscurantisme, renvoyer dos à dos les héritiers de Massoud et les disciples de Ben Laden, les Marocains qui encouragent leurs femmes à aller visage découvert et les Somaliens qui les enferment dans des cages de tissu, faire comme si l’imam de Drancy lisait le même Coran que celui des forcenés qui le harcèlent et le contraignent à vivre sous haute protection ou comme si les musulmans européens de Bosnie appartenaient au même bloc (identitaire ?) que les tenants saoudiens (ou iraniens) de la croisade contre les valeurs émancipatrices dont l’Europe est, à leurs yeux, le nom, bref, ne pas faire la différence, au sein même de l’espace civilisationnel musulman, entre les assassins et ceux qui leur résistent, est d’une imbécillité stratégique rare – et ne peut que démoraliser les résistants et encourager les enragés.

Il est vrai que nos pyromanes ont l’habitude : Jean-Marie Le Pen ne fut-il pas, naguère, parmi les plus ardents partisans de la dictature baassiste de Saddam Hussein ? et quand, en Algérie, les islamistes des GIA éventraient les femmes enceintes dont les tenues leur paraissaient exagérément occidentales et découpaient ensuite leurs foetus en rondelles, ne prenait-il pas clairement parti pour  » la djellaba nationale  » contre  » le jean cosmopolite  » ?

Mais encore faut-il que les choses soient dites et que l’on sache clairement, dans cette bataille qui s’annonce, qui est qui et qui fait quoi : parce qu’ils mélangent ce qu’il faudrait séparer, parce qu’ils nient les contradictions qu’il faudrait accentuer et aider à résoudre, parce qu’ils offensent ceux qui, victimes de première ligne des fous de Dieu, devraient être nos alliés, les braillards du Front national œuvrent, non à l’affaiblissement, mais au triomphe du fascisme à visage islamiste».


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