Durban2 va commencer. Les hommes de sang, les défenseurs de la foi par l’épée, affûtent le tranchant des lames, accumulent les ceintures explosives.
La défense des hommes et des femmes libres risque de crouler, en plusieurs points. Des fatwa vont pouvoir être lancées. Les affaires Truchelut pourront être lancées, par dizaines et par dizaines, aux fins d’intimider et étouffer l’exercice de la liberté de penser.
Ce risque, résultant des exigences de la conférences des états islamiques, glisse sur le visage bien lisse de la figurine de cire, sortie d’un musée Grévin du « trotskisme non stalinophobe » (1) qui voyait dans l’URSS stalinienne, des années cinquante- quatre vingt dix, les « siècles de transition bureaucratiques menant à la société sans classe » ; automate « portant la parole » de la défunte LCR devenue NPA.
L’automate des réponses toutes faites et des « castings » politiques, n’est pas en reste sur ses concurrents « lambertistes ». Il se rend en Israël, en Cisjordanie et à Gaza ; il s’y rend pour combattre sur le terrain, pour soutenir tous ceux qui dénoncent les crimes d’Israël, dans le but d’obtenir un boycott économique, culturel, sportif et culturel de l’entité sioniste colonialiste.
C’est sûr, Besancenot fait aussi bien que les orphelins de Lambert.
C’est sur, il fait presque mieux que les sections de Hamas et Hezbollah avec lesquelles il a défilé à Paris il y a quelques semaines.
Durban2 commence, mais Besancenot et son soit-disant nouveau parti, qui en fin de compte ressemble beaucoup à ce qu’il y avait de pire dans le PCF (2), ont décidé, contre toute évidence, que la tentative de djihad diplomatique pour se débarrasser définitivement de ce qu’il reste de laïcité des états est un non-événement.
Décidément, « Le nouvel anticapitalisme » ne fait pas très bon ménage avec un des acquis les plus fondamentaux des la révolution française, de la Commune de Paris, du mouvement ouvrier se reconstruisant après la répression de mai 1871, il ne fait pas bon ménage avec le socialisme ouvrier de Jaurès et avec les traditions de l’anarcho-syndicalisme des pionniers de l’ancienne CGT (pas la CGT stalinisée en 1945-1947). Il ne fait pas bon ménage avec la laïcité. Il ressemble, de ce point de vue, au vieil anticapitalisme, celui de Staline, celui de Mao, celui de Bierut, celui de Castro, celui de Pol Pot, le vieil anticapitalisme, façon étatisation bureaucratique des moyens de production par une caste totalitaire qui combattait le pluralisme politique et la liberté de pensée et d’expression de la pensée comme étant l’expression de « l’ennemi de classe ».
Pas étonnant que le postier de Neuilly et son parti défilent avec Hamas contre Israël et « ses crimes », mais garder le silence le plus absolu autour des crimes, mille ou dix mille fois plus nombreux et délibérés, du putschiste Président El Béchir du Soudan.
Le moindre effet collatéral involontaire des actions d’auto défense d’Israël et les cinq ou six cents victimes du dernier conflit avec Hamas (dont les deux tiers d’entre elles étaient des combattants), sont « d’horribles crimes de guerre monstrueux ». Ils appellent pour cela à un total boycott mondial, tandis que les trois à quatre cents milles victimes civiles désarmées de El Béchir, que les Jenjawid et l’aviation soudanaise sont venus tuer délibérément dans leurs villages, d’où ils ne se préparaient ni à envahir Khartoum ni a envoyer des missiles sur les villes « arabes » du nord Soudan, tandis que les deux millions et demi d’expulsés définitifs (selon le Président El Béchir), toutes ces victimes n’appellent aucune action internationale de la part du « nouvel anticapitaliste »; ce ne sont pas d’horribles crimes de guerre, ces assassinats en masse, faut-il penser ?
Le moindre effet collatéral involontaire des actions d’auto défense d’Israël et les cinq ou six cents victimes du dernier conflit avec Hamas (dont les deux tiers d’entre elles étaient des combattants), sont « d’horribles crimes de guerre monstrueux ». Ils appellent pour cela à un total boycott mondial, tandis que les trois à quatre cents milles victimes civiles désarmées de El Béchir, que les Jenjawid et l’aviation soudanaise sont venus tuer délibérément dans leurs villages, d’où ils ne se préparaient ni à envahir Khartoum ni a envoyer des missiles sur les villes « arabes » du nord Soudan, tandis que les deux millions et demi d’expulsés définitifs (selon le Président El Béchir), toutes ces victimes n’appellent aucune action internationale de la part du « nouvel anticapitaliste »; ce ne sont pas d’horribles crimes de guerre, ces assassinats en masse, faut-il penser ?
D’ailleurs, en phase avec notre postier, les organisateurs de la conférence de Durban2 ont décidé que le massacre industrialisé au Darfour, après le massacre à échelle industrielle de plus de deux millions de soudanais chrétiens du sud du pays, c’est un problème tabou. Interdit d’en parler. Défense d’en parler à Genève pendant la conférence de Durban2, et interdit d’en parler dans la propagande du nouvel anticapitalisme.
Il est vrai que si le postier de Neuilly demandait un visa pour aller soutenir les soudanais hostiles à l’action criminelle de El Béchir il ne l’obtiendrait pas. Et si par miracle il l’obtenait, c’est au mieux en prison et généralement au cimetière qu’il pourrait rencontrer les militants Soudanais hostiles à la politique meurtrière des successifs gouvernements de putschistes islamistes. Et s’il obtenait miraculeusement son visa, notre facteur, ne serait-ce que pour rencontrer un seul opposant vivant encore à Khartoum, il ne pourrait plus défiler avec, pour gros des troupes, des porteurs de keffieh et des porteuses de bourqua, vociférant : allah ou Akbar ! Tuez les Juifs partout où vous les rencontrez !!
Une question au postier, pourfendeur de « l’horrible et criminel sionisme » : a-t-il eu le moindre difficulté pour obtenir son visa destiné à soutenir, depuis Tel Aviv, puis de Gaza et de Cisjordanie, tous ceux qui de l’intérieur du pays clouent Israël au pilori ?
Alain RUBIN






