Ce que révèle le débat surréaliste sur les minarets

Publié le 7 décembre 2009 - par
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Sait-on que les responsables palestiniens veulent toujours que 4 millions 500 000 d’entre eux reviennent en Israël même ? Le Hamas en veut 7 millions. C’est devenu d’ailleurs l’argument phare. Qui en parle ? Certainement pas Caroline Fourest qui est devenue ces derniers temps non seulement exégète de la pensée ramadanienne, mais spécialiste de l’islam et du conflit judéo-palestinien ; elle vient en effet de sermonner l’actuel 1er ministre israélien sur les constructions à Jérusalem Est.

Le Front National, Alain Soral, ont à peu près la même position qu’elle, défendant les palestiniens contre Israël : (http://www.frontnational.com/?s=Israël
et http://www.egaliteetreconciliation.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=4197&Itemid=116). Doit-on dire que Caroline Fourest est complice de l’extrême droite et véhicule une vision rance d’Israël ? Non ne nous abaissons pas comme elle (ayant traité ainsi Riposte Laïque), essayons seulement de comprendre pourquoi la critique, sans concession, d’Israël, du christianisme, du Pape, est labellisée es liberté d’expression, alors que la critique de l’islam s’apparente à du racisme ou à une phobie au mieux ?

Par quel subterfuge l’analyse, tel le nuage de Tchernobyl, s’arrête à la frontière de l’islam qui comme la Révolution française est pris comme un bloc (les islamistes étant considérés comme des non musulmans n’ayant pas compris le « true » islam) l’islam s’apparente désormais à une race. Ce qui n’était pas arrivé depuis la transformation du nationalisme allemand en encensement de la race germaine devenue aryenne en chemin.

Aujourd’hui et encore une fois triomphe une vision pleinement racialiste où l’on s’obstine à ne voir dans l’islam que la race par ailleurs victime et dont il faudrait donc excuser toutes les frasques…comme la violence, analysée de toute façon en symptôme d’un refus de l’accepter comme partie intégrante désormais de l’identité nationale. Bientôt c’est l’islam qui la définira comme il a défini (et fini) le judaïsme et le christianisme en les rectifiant, montrant leurs erreurs et s’affichant comme leur dépassement. Ramadan vient sermonner sur les plateaux au nom des droits de l’homme désormais dont l’islam serait le meilleur discernement. S’il n’y avait pas son attitude envers l’homosexualité, Fourest le rejoindrait, tout comme Soral qui l’a déjà fait, en considérant désormais l’islam comme étant le fer de lance contre la globalisation libérale.

L’hypothèse que la corrélation minaret, appel à la prière (comme en Espagne, en Allemagne…), puis demande de tribunaux comme au Canada au Royaume Uni et en Allemagne, devienne réalité est donc perçue comme preuve que le multiculturalisme marche, qu’il court même, aussi le débat sur la burka comme celui sur le voile apparaît décalé si le minaret est accepté. En effet si ce dernier n’est qu’un appendice architectural et non pas l’érection d’une présence plénière au nom de quoi interdire burka et voile, ce dernier faisant désormais partie également de l’identité nationale puisque celle-ci ne définit pas le devoir être privé mais l’être ensemble. L’idée que ce dernier signifie intérêt commun qui implique de limiter sa liberté absolue semble avoir été jetée aux oubliettes y compris par de supposés enseignants en science politique.

Et en effet le fait de penser à un islam de France qui accepterait la critique, et aménagerait autrement ses apparitions est rejeté non pas par « les » musulmans mais essentiellement par les théoriciens du multiculturalisme, certains d’entre-eux étant même adeptes du « trans » dans lequel l’identité est réduite au « care » et consiste à ne pas en avoir (non identité de la non identité, double négation, ou le ni-ni derridien, la diff-errance deleuzienne, le soi comme esthétique du trompe l’oeil chez Foucault etc), seule la Terre et les espèces en voie de disparition, les îlots aussi ont désormais une identité étiquetée préservée qu’il s’agit justement de sauver au moment où la nôtre s’efface malgré et à cause d’elle.

A toute vitesse. Dans un monde indifférencié mais avide de violence invisible (et de sidaction) au fur et à mesure de son aseptisation maintenue sous poumon artificiel par les humoristes cyniques devenus désormais les seuls porte paroles pris sérieusement en compte. Après tout Coluche avait 16% dans les sondages en 1981. Who’s next ?… Le peuple vote avec ses pieds et parfois dans les urnes. Une seule solution : dissoudre le peuple dans autre chose que du nihilisme (et ses boxeurs Thaï de 40 ans) puisque sa décomposition et sa recomposition n’ont pas encore atteint la forme exigée par les nouveaux docteurs Folamour. Pourquoi pas la haine de soi ? Et l’exigence sinon d’en finir avec l’espèce humaine du moins de la transformer…again. 2+2=5. C’est désormais une phobie non seulement de ne pas le croire, mais de ne pas le désirer.

Lucien Samir Oulahbib

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