« Ce soir ou jamais » : Rony Brauman préfère Ahmadinejab aux droits humains

Publié le 1 mai 2009 - par - 310 vues
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Mardi 28 avril 2009, dans son émission « Ce soir au jamais », Frédéric Taddeï proposait de faire le point sur les 100 jours d’Obama. Ses invités, cinq hommes de poids : Jean Bricmont, Rony Brauman, Patrick Chamoiseau, Alexandre Adler, le juge Bruguière, et une seule femme Malka Marcovich qui a eu bien du mérite.

Dès le départ le présentateur embraye sur ce qui s’est passé à Genève. Dans ce débat MM. Brauman et Bricmont montent au créneau pour fustiger l’attitude des responsables européens, soumis au diktat d’Israël et des Américains, qui, en quittant l’assemblée, se coupent du reste du monde. Si nous partageons l’idée que la création de l’Etat d’Israël a chassé les Palestiniens de leur pays, la vigueur avec laquelle ces deux hommes vont, au nom de cela, donner un satisfecit à M. Ahmadinejab en approuvant largement son discours, va un peu loin !

Plus tard, à propos des droits humains, M. Bricmont ressort le discours de l’esclavage, du colonialisme, et Rony Brauman semble confondre abus des capitalistes, dont on sait qu’ils ne sont pas tous occidentaux, loin de là, et culture occidentale. Il a un discours simpliste et partial. On a du mal à comprendre ce qui a fait son engagement humanitaire. Comment un médecin, dont on peut penser qu’il soit capable d’écoute de l’autre et de compréhension, peut-il se montrer aussi cassant, impoli à l’égard d’une femme ?

Malka Markovich parle de l’évolution des droits des femmes, de la nécessité de définir ces droits humains que tous les pays devraient pouvoir reconnaître, M. Brauman ne veut rien entendre. Il nous la joue n’imposons rien, ne cherchons pas à avoir raison, respectons les cultures des autres, on comprend à demi mots que, comme d’habitude, « notre culture ne vaut rien, bien sûr » Malka finira bien découragée. Elle abordera difficilement la mutilation des femmes dans les pays africains et ni M Brauman, ni M Bricourt ne la laisseront s’exprimer, véritable diktat machiste. Ils pensent, tous les deux, que les femmes africaines ont le temps, que rien ne presse et que ça ne nous regarde pas. Eh bien non Messieurs! Permettez que des femmes occidentales parlent avec d’autres femmes victimes de ces violences là.

Cerner votre personnalité, M. Brauman, est sans doute affaire de psychanalyste, Après vos engagements humanitaires, pourquoi le fait de parler des mutilations et violences faites aux femmes vous rend-t-il si froid et aussi agressif ? Qu’est ce que ça cache ? Comme Malka Marcovich les femmes occidentales condamnent l’excision et vous pourrez raisonner de la manière que vous voudrez ces pratiques devraient déjà être révolues, de même que les discriminations subies au motif des religions, sujets tabous actuellement aux Nations Unies, d’où la réflexion d’un grand nombre d’occidentaux, comme Malka, de l’utilité d’y participer ou non.

Dire comme vous l’avez fait, que cela est simplement l’affaire des sociétés concernées (essentiellement gérées par les hommes) et donc que ces victimes là devraient attendre que ça change, que les choses se feraient en leur temps, c’est renoncer à l’action, c’est renoncer au soulagement de la souffrance. La solidarité féminine est sans doute quelque chose qui vous échappe et sur ce point vous avez tort. Nos sociétés occidentales ont leurs imperfections, mais concernant les femmes, elles ont apporté plus d’égalité, égalité à laquelle il nous faut veiller jalousement et elles peuvent servir d’exemple. A vous entendre, Messieurs, il sera sans doute nécessaire que les femmes créent leur propre structure internationale et définissent elles-mêmes leurs droits, car, le fameux « code de la famille » est toujours pensé et rédigé par les hommes, avec les conséquences que l’on sait.

M. Brauman, on peut réellement se demander ce que vous a apporté votre expérience de médecin humanitaire? Satisfaction d’égo ? Notoriété ? Je terminerai par une question : « Rony, puisque la culture occidentale est tellement infamante, nos ONG doivent-elles continuer de vacciner les enfants en Afrique ? »

Chantal Crabère

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