Combat pour le Français, au nom de la diversité des langues et des cultures, de Claude Hagège

Le combat pour la langue, sa préservation et son développement ne procède pas d’un relent de nationalisme plus ou moins exacerbé .
L’auteur de ce livre, Claude Hagège, linguiste, montre pourquoi et comment nous devons ensemble nous mobiliser .

Il s’agit de lutter pour le maintien de la diversité des langues et contre la soumission à celle qui voudrait supplanter toutes les autres au nom d’un mondialisme libéral.

Il existe trois espaces essentiels et complémentaires où ce combat nécessaire doit être mené : l’école, les milieux littéraires et les milieux politiques.
Malheureusement les décideurs ne cessent depuis plusieurs décennies de baisser les bras devant la pression du néolibéralisme.

Rien n’est pourtant définitivement perdu !
L’auteur nous explique, entre autres, comment le CLEC (Cercle Littéraire des Ecrivains Cheminots) a pu empêcher l’invasion de termes anglo-américains.

Le CLEC a réussi ainsi à faire remplacer just in time par juste à temps, à accréditer imprévu au lieu de go-show et défaillant à la place de no-show « pour référer, respectivement au passager qui se présente sans avoir réservé et à celui qui a réservé qui ne se présente pas ».

Dénonçant « une poignée d’autonomistes moins intéressés par la réalité encore vivante des dialectes, patois et langues, auxquels on prétend subsister des « langues néorégionales artificielles »que par une action politique » l’auteur se prononce pour un français enrichi par des apports venus essentiellement de l’intérieur venant du patrimoine commun.

Claude Hagège n’hésite pas à remettre en cause certains clichés comme celui du français, langue élitiste !
La langue conserve et accroît la richesse héritée et si l’école transmet la norme « c’est ce qu’en attendent les familles » et notamment les familles issues de l’immigration, particulièrement exigeantes.

Il montre qu’aujourd’hui, le français, langue de culture et non de simple communication continue à s’enrichir de termes qu’il puise dans son patrimoine national et régional ou qu’il crée. Et comme l’affirmait Victor Hugo en 1827 dans sa préface de Cromwell : « C’est en vain que nos Josué littéraires crient à la langue de s’arrêter ; les langues ni le soleil ne s’arrêtent plus. Le jour où elles se fixent, c’est qu’elles meurent. »
Ce combat de l’esprit contre les marchands et la mondialisation libérale est mené dans tous les pays francophones pour le français et dans de nombreux pays d’Europe pour la préservation des langues conçues comme des espaces vivantes « situées au plus profond de l’humanité ».

Jean-François CHALOT

« Combat pour le français
Au nom de la diversité des langues et des cultures »
Livre de Claude Hagège
Editions Odile Jacob
Edité en 2006 , réédité en février 2008
240 pages

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