Fadéla Amara chez Ruquier : débat vif

Le samedi 18 avril 09 Fadéla Amara est une des invités de l’émission de Laurent Ruquier « on n’est pas couché » Fadéla vient essayer de convaincre l’assemblée et les spectateurs de ses ambitions, et des avancées de ce qu’elle appelle plus qu’un plan banlieue, une dynamique pour la banlieue. Plusieurs fois elle martèlera le mot dynamique. Des deux Eric c’est surtout Zemmour qui est son principal interlocuteur dans ce débat, tous deux argumentent de manière vive et entrecoupée chacun avec la fougue qui le caractérise coupant la parole de l’autre sous l’œil d’un Laurent Ruquier un peu dépassé… Débat vif donc, mais très intéressant.

Fadéla et Eric Zemmour vont aborder plusieurs thèmes.
Les travaux de rénovation : Fadéla arrive avec des photos de cité « avant/ après » insistant sur le fait qu’elle veut donner aux habitants, oubliés depuis 20 ans par les différents gouvernements, du beau, de la culture, du travail et les convaincre qu’ils sont des citoyens français comme les autres.

Zemmour rétorque que l’on ne peut pas dire cela et que les gouvernements précédents ont injecté beaucoup d’argent, on ne peut pas dire qu’il y ait eu abandon des cités.
Fadéla parle de sa différence, dans la méthode, elle veut mettre les gens des cités au milieu des projets qu’on leur propose, en faire des acteurs. C’est sa différence, et elle pense que ça marchera.
Naulleau arrive difficilement à poser la question du temps : avec la crise qui ne va rien arranger dans combien d’années les progrès de cette dynamique seront- ils visibles ?
Après bien des détours Fadéla dit 5 à 10 ans, mais elle insiste la dynamique est en marche

Parmi les autres sujets abordés : la discrimination positive, Fadéla est contre ce principe, on lui fait remarquer qu’on a nommé un chargé de mission pour définir des critères d’évaluation, ne l’a-t-elle pas pris comme un camouflet.

Non, mais elle maintient que c’est sur les compétences, les diplômes qu’il faut comparer les gens, à l’embauche par exemple, plus qu’en fonction de l’origine ou de la couleur de chacun.
L’insécurité : Je suis une femme de gauche rappelle Fadéla, et je regrette de le dire mais la gauche n’a rien fait contre l’insécurité. Je veux la sécurité pour tous les citoyens. Le gouvernement veut s’attaquer à l’économie souterraine, à la délinquance.

Elle invite Zemmour à faire des visites sur le terrain pour le convaincre du travail qu’elle fait et aussi que les gens de banlieues ne sont pas tous des délinquants…

La fin de son intervention est grave : si nous ne gagnons pas le combat de l’amélioration de la vie dans les banlieues, et de la venue de tous les habitants sur le terrain de la citoyenneté, on aura un repli communautaire, et une situation gravissime.

Zemmour lui reparle de son combat contre l’intégrisme avec son mouvement des « Ni putes ni soumises » qu’il lui reproche d’avoir trop médiatisé… Elle a une réponse forte mais terrible dans le sens : heureusement que nous l’avons médiatisé car aller combattre les intégristes c’est risquer sa vie.

On peut regretter qu’aucun des intervenants ne lui ait posé la question : Que font les politiques pour continuer ce combat contre les intégristes ?

Chantal Crabère

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