Il est minuit moins cinq

Publié le 5 mars 2008 - par - 459 vues
Share

La tension monte aux Pays-Bas, suite à l’annonce de la sortie imminente du film Fitna réalisé par Geert Wilders et très critique envers le Coran. Le réalisateur dit avoir terminé son court-métrage le week-end dernier. La télévision publique des Pays-Bas refuse de le diffuser, y compris dans les créneaux horaires réservés aux partis politiques. Les télévisions privées ont également signifié une fin de non-recevoir. Néanmoins, les discussions entre le réalisateur et les patrons de chaînes continuent. A défaut de solution, le film pourrait donc être diffusé sur internet, soit sur un site spécialisé comme Youtube, soit sur un site dédié.

Après les Danois, Les Hollandais pris en otage

Le gouvernement néerlandais se prépare à de possibles réactions de colère des musulmans, semblables à celles qui ont éclaté lors de l’affaire de la publication des caricatures de Mahomet par la presse danoise. Les talibans menacent les troupes néerlandaises en Afghanistan. Le secrétaire général de l’Otan Jaap de Hoop Scheffer s’en est dit « inquiet », ainsi que le président afghan Hamid Karzaï et les autorités américaines. Des manifestations contre ce projet de film, mais aussi contre la republication des caricatures de Mahomet, ont eu lieu dans le nord de l’ Afghanistan. L’Iran et l’Egypte menacent les Pays-Bas de boycottage économique. Le ministre néerlandais du Développement a annulé l’étape somalienne de sa tournée en Afrique suite à des menaces directes liées au projet de diffusion du film Fitna. Le Pakistan censure l’accès au site internet de diffusion de vidéos Youtube à cause de la republication des caricatures de Mahomet et de la diffusion de films anti-islam, mais aussi de l’éventualité de la mise en ligne du court-métrage de Geert Wilders. Les autorités des Pays-Bas étudient des scénarios d’évacuation de leurs ressortissants dans les pays musulmans les plus sensibles.

Geert Wilders a été convoqué jeudi dernier par les ministres néerlandais des Affaires étrangères et de la Justice. Ce dernier a menacé le leader populiste de conséquences judiciaires si son film est blasphématoire ou s’il incite à la violence. Pour Geert Wilders qui maintient son projet, « c’était une heure de pure intimidation ». Le Premier ministre Jan Peter Balkenende soutient le droit à la liberté d’expression de Geert Wilders tout en se démarquant de ses thèses sur l’islam. Geert Wilders reproche au gouvernement néerlandais un manque de clarté face aux menaces d’Al Qaïda contre lui-même et contre le peuple hollandais.

Le film dont le scénario a été écrit par Ayaan Hirsi Ali montrerait des images de l’actualité du monde musulman (décapitations, lapidations, exécutions sommaires) en les rapprochant de versets jihadistes du Coran, car les auteurs considèrent que ces versets prescrivent explicitement ces actes. Geert Wilders interviendrait en personne dans le film pour y déchirer les pages du Coran contenant ces versets. Le court-métrage mettrait aussi en scène Mahomet lui-même dans des postures délicates.

Geert Wilders est le chef de file du Parti de la Liberté (PVV), qui compte 9 députés sur un total de 150 au parlement néerlandais. Il vit sous une étroite protection de la police et des services secrets depuis l’assassinat de Théo Van Gogh, égorgé par un islamiste néerlando-marocain le 2 novembre 2004 après la diffusion de son film Submission. Ce court-métrage dont le scénario a aussi été écrit par Ayaan Hirsi Ali, dénonce l’oppression sexiste dans le monde musulman. La vie privée et publique de Geert Wilders est totalement bouleversée par cette vigilance permanente, tout comme celle d’Ayaan Hirsi Ali, ancienne collègue de Geert Wilders au Parti Libéral qui vit également sous haute protection.

Peut-on tolérer l’intolérable ?

Dans une interview en anglais à FoxNews (1), Geert Wilders précise sa pensé sur l’islam : « Je n’aime pas le relativisme culturel, je ne crois pas que toutes les cultures sont égales, je crois fermement que notre culture est de loin meilleure que la culture islamique attardée. » Geert Wilders ne croit pas à un islam modéré, et « s’il y a un islam modéré ça prendra 2000 à 3000 ans et comme on dit ici, il est minuit moins cinq et nous ne pouvons plus nous permettre d’attendre. »

Geert Wilders répond aux accusations d’attiser le choc des civilisations en mettant de l’huile sur le feu : « En Europe, nous avons essayé l’autre façon pendant plusieurs décennies. Nous avons tenté le dialogue, nous avons tenté d’accepter d’autres cultures en disant que tout était permis. Il y a quelques années, le simple fait d’exposer le fait que des gens abusent des largesses de l’État était vu comme fasciste, ce qui était un non-sens. Les politiciens qui ont inventé la société multiculturelle ne sont évidemment pas pressés d’admettre qu’ils ont tort et qu’il y a des côtés négatifs au concept d’une société multiculturelle (…) Le multiculturalisme nous a apporté tous ces problèmes, on ne peut pas, bien entendu, blâmer un individu qui voudrait une meilleure vie, mais le problème c’est que contrairement aux Etats-Unis, nous avons pris soin de tous ces gens avec un système social très généreux. Des gens au chômage reçoivent plus d’allocations que ceux qui travaillent au salaire minimum. Il n’y a donc aucun incitatif économique à travailler pour améliorer son sort. En travaillant on s’assimile, on se fait des amis, on est fier de soi, en partage des valeurs. Si on ne travaille pas, si on donne des logements aux gens sans qu’ils aient besoin d’une paie, les gens qui ont des prestations sociales, si on ne leur dit pas de cesser de battre leur femme ou de cesser d’empêcher leur fille de travailler dans la société hollandaise, que c’est mal, que ce n’est pas correct que vos fils battent des homosexuels dans les rues d’Amsterdam… »

On peut reprocher à Geert Wilders de mélanger les problématiques de l’islamisation, de l’immigration et de l’assistanat. Il est d’ailleurs régulièrement qualifié de xénophobe et d’« islamophobe » par une partie de la presse néerlandaise et européenne. Cependant, Geert Wilders se défend de tout racisme à l’encontre des musulmans : « Je crois réellement aux personnes. Si des musulmans font l’effort et veulent vraiment s’assimiler à la société hollandaise, ils devront se débarrasser des passages durs, intolérants et fascistes du Coran et s’ils veulent incorporer nos valeurs aux leurs, alors je n’ai rien contre eux, ils ont autant de valeur et de chance que vous et moi. Ils doivent avoir les mêmes droits. Je fais une forte distinction entre la religion et les personnes. J’ai de gros problèmes avec l’islam mais je ne dis pas que tous les gens qui se disent musulmans soient mauvais. C’est une distinction que beaucoup ne saisissent pas. »

Accusant les politiciens néerlandais de complicité dans la responsabilité des problèmes posés par l’islam dans son pays, Geert Wilders précise sa conception de la tolérance et de la liberté d’expression : « Avec toute notre tolérance, malheureusement nous sommes tolérants à l’intolérance, nous devrions apprendre à cesser d’être tolérants à l’égard des personnes qui sont intolérantes envers nous. Ces réactions contre mon film – alors qu’il n’est même pas encore sorti – prouvent exactement ce que j’essaie de démontrer : il y a un problème avec la culture islamique vis-à-vis de la nôtre, qui est censée garantir la liberté d’expression. Il est donc important de faire ce film. »

Faut-il céder ?

On peut accuser Geert Wilders de populisme – et il est effectivement le politicien néerlandais le plus cité par la presse -, on peut critiquer sa conception de l’islam ou de l’immigration. Théo Van Gogh – qui était plus agité et plus railleur que Wilders – était aussi voué aux gémonies… avant son assassinat par des islamistes. Aujourd’hui, toute la gauche française ne cesse de rappeler le meurtre dont il a été victime, et des menaces de mort qui ont pesé depuis sur sa collaboratrice et amie Ayaan Hirsi Ali. Faut-il attendre que Geert Wilders soit assassiné et que les ambassades néerlandaises soient mises à feu et à sang pour faire entrer le réalisateur de Fitna au panthéon des victimes politiquement correctes de l’islamisme ? Faut-il céder au chantage et à la prise d’otages exercée actuellement par les pays musulmans envers le peuple néerlandais ? Faut-il se coucher comme le Vatican, qui joint sa voix à l’Université Al Azhar pour « condamner fortement la nouvelle publication des caricatures injurieuses et l’augmentation du nombre des attaques contre l’Islam et son prophète, ainsi que d’autres attaques antireligieuses » (2) ?

Nous avons bien affaire à une véritable prise d’otage des Néerlandais, et avant même la publication du film de Geert Wilders. Comme dans toute prise d’otage, il est difficile de donner des solutions miracles aux autorités. Mais de là à hurler avec les loups, il y a un pas qui sépare les résistants des collabos.

L’islamisme est un totalitarisme, tout comme le fut le nazisme. Si l’on peut avoir des divergences d’opinion sur les relations entre islam et islamisme, le combat contre le totalitarisme des fous d’Allah est un devoir comme le fut le combat contre les nazis. Il ne s’agit pas seulement d’une philanthropie plus ou moins voltairienne, il s’agit de survie. L’islamisme s’en prend à tous ceux qui refusent d’obtempérer ou de se soumettre à ses dogmes ; c’est la définition même du totalitarisme. Si l’islamisme fait une hiérarchie entre grands, moyens et petits Satan, ses ennemis sont non seulement les Américains ou les Juifs, mais aussi les chrétiens, les athées, les homosexuels, les femmes qui refusent de se soumettre, les musulmans qui refusent la charia, etc., et puis en fin de compte vous et moi.

Toute compromission avec le totalitarisme est donc suicidaire à terme. Les compromis historiques ne sont jamais pérennes. On sait ce qu’il advint du pacte germano-soviétique. Mais l’alliance brun-vert de l’époque était aussi illusoire que l’alliance brun-rouge. Alors que les autorités musulmanes du Moyen-Orient pactisaient avec les nazis, la propagande hitlérienne en Europe placardait des photos de supplétifs musulmans ou africains servant dans l’armée française, avec des légendes insultant ces soldats déguenillés et harassés, présentés comme des « sous-hommes ». Quant aux Américains, ils doivent regretter d’avoir armé les talibans contre les Soviétiques en Afghanistan.

Ne nous trompons pas d’ennemi

Le fait que le judaïsme condamne l’homosexualité n’a pas empêché que Juifs et homosexuels se retrouvèrent ensemble dans les camps de la mort. La politique pro-musulmane du gouvernement français n’a pas empêché les condamnations de notre pays et les menaces islamistes pour cause de laïcité dans les écoles. Le discours déiste et œcuménique de Nicolas Sarkozy devant les dignitaires saoudiens ne réduit nullement les territoires perdus de la République, ni la chasse aux kippas et aux minijupes dans les banlieues. Les communistes iraniens qui crurent la parole de l’imam Khomeyni finirent pendus sous les cris « Allah Akbar ! » Le fait que Caroline Fourest ait tenté de dédouaner l’islam dans son reportage sur les réfections d’hymens n’empêche pas qu’elle soit traitée d’« islamophobe » et de « raciste anti-musulmans » sur les forums de France 2 après la diffusion de ce reportage. La condamnation des caricatures de Mahomet par le Vatican n’empêche pas la chasse aux chrétiens en Algérie. Les docteurs ès laïcité qui ont joint leurs pierres à celles des pro-voiles et des islamogauchistes contre Fanny Truchelut ne voient pas les musulmans se précipiter davantage à leurs conférences.

On peut jouer les Ponce Pilate avec Geert Wilders, tout comme on peut le faire avec Fanny victime d’une forme « modérée » de l’offensive de l’islam radical. Et après, que fera-t-on quand les soldats de l’islamisme auront fait taire tous les Geert Wilders et mis à l’amende toutes les Fanny Truchelut ? A qui le tour ? Aux Juifs ou aux homosexuels ? Aux chrétiens algériens ou aux filles des cités qui refusent la charia ? Aux défenseurs de la laïcité ou aux apostats égyptiens ? Pouvons-nous nous permettre d’attendre ?

Evidemment, on peut philosopher sur la sphère publique et la sphère privée, en reprochant à Fanny de préférer les bonnes sœurs aux militantes du voile islamique ou d’avoir un avocat proche du MPF. Evidemment, on peut qualifier péremptoirement les propos d’Ayaan Hirsi Ali de « niaiseries rares » ou d’« excessifs et déplacés », ou faire semblant de ne pas les avoir entendus. On peut critiquer Geert Wilders sur son opinion quant à la culture musulmane ou le choc des civilisations, même si curieusement on ignore ou on accepte les mêmes thèses quand elles sont exprimées par Wafa Sultan. Mais cela doit rester du domaine du débat d’idées et non de l’erreur d’appréciation du danger. Tout comme, sous le nazisme, un communiste pouvait défendre un royaliste et un athée pouvait cacher un juif pratiquant, nous devons protéger et secourir toutes les victimes de l’islamisme et de l’islam politique.

Au nom d’une éthique humaniste qui dépasse les divergences d’opinion, il faut donc refuser toute excommunication dans ce combat commun. Par exemple, certains participants au meeting de soutien d’Ayaan Hirsi Ali ont été qualifiés de « résistants de la 25ème heure ». Cela mérite d’être nuancé. Un résistant de la 25ème heure, c’est une personne qui se proclame résistante une heure après minuit, c’est à dire après la victoire ou alors que celle-ci est inéluctable. Or ce n’est pas gagné contre l’islamisme ! Pour ma part, je ne confonds pas une personne qui prend le train de la résistance en marche, même avec retard, et l’expression « résistant de la 25ème heure » qui note une usurpation. Quand un journaliste reconnaît son autocensure antérieure sur le racisme anti-blanc, quand un maire corrige à 180 degrés son appréciation sur les imams salafistes de sa ville, ce n’est pas un résistant de la 25ème heure qu’il faut vouer aux gémonies, mais un progressiste qu’il faut saluer.

Plantu recule, Joffrin avance

Ces résistants de minuit moins cinq font exactement le chemin inverse d’un Plantu, qui vient de condamner à Vienne les caricatures de Mahomet. Pendant la campagne présidentielle, ce caricaturiste dessinait à la une du Monde Nicolas Sarkozy sous un uniforme nazi, et il ose déclarer maintenant à l’AFP : « Je revendique le droit à la nuance ». Il ajoute : « Je ne comprends pas pourquoi ils [les dessinateurs danois] s’en prennent tant à Mahomet, l’urgence ce sont toutes les intolérances. » Il y a effectivement urgence… de s’en prendre aux crimes commis de nos jours en application de certains dogmes du Coran et de Mahomet. « Si on continue comme ça, on va à la guerre », dit Plantu. A-t-il seulement remarqué que nous n’allons pas à la guerre, mais que nous sommes déjà en guerre contre le fascislamisme ? Et que ses protagonistes n’ont pas attendu les caricatures danoises pour lancer leur jihad ? Les munichois d’antan se trompaient aussi, mais ils avaient au moins l’excuse de proclamer leur pacifisme aveugle avant que la guerre n’éclate. Ceux d’aujourd’hui sont pires, puisqu’ils nient l’évidence. Plantu dit « je ne comprends pas » comme d’autres disaient jadis « nous ne savions pas ». Sauf que Plantu sait déjà.

Les caricaturistes danois et les journalistes algériens apprécieront le peu de solidarité de leurs confrères Plantu et autres mal-comprenants du Monde à l’envers. Heureusement, les papiers de ceux-ci font de moins en moins recette. Heureusement, d’autres journalistes français ne sont pas suicidaires. C’est le cas de Laurent Joffrin, directeur de publication de Libération. Alors que son journal avait coutume de taper dur sur tous ceux qu’il considérait « islamophobes », Laurent Joffrin a participé au meeting parisien de soutien à Ayaan Hirsi Ali le 10 février. Voyons-y une évolution positive. Saluons aussi la Licra qui renonce à aller en appel contre Fanny Truchelut alors qu’elle s’était portée partie civile en première instance. Le faux pas de sa présence aux côtés d’une militante du voile et des islamogauchistes du Mrap et de la LDH est donc dissipé.

Evidemment, nous restons vigilants envers les résistants de minuit moins cinq. Evidemment, nous ne sommes pas dupes et nous gardons notre liberté de critique. Evidemment, nous continuerons à dénoncer les doubles langages clientélistes, qui consistent par exemple à participer à de belles déclarations sur la laïcité et la République tout en flattant le communautarisme dans les communes de France à coup de financement public du culte musulman ou d’écoles israélites intégristes. Evidemment, nous n’acceptons pas qu’on se réjouisse de la condamnation de Fanny Truchelut. Evidemment, nous égratignons les Khmers roses et les prélats violets. Mais face au totalitarisme, ne nous trompons jamais d’adversaires.

Les femmes ne sont pas des sous-hommes

Et puisque nous approchons du 8 mars, parlons un peu du combat émancipateur des femmes. En France, le camp féministe s’est rangé spontanément, et dans sa quasi-totalité, aux côtés de Fanny Truchelut, et cela malgré toute la campagne médiatique contre elle. Les accusations stupéfiantes et diffamatoires de « racisme anti-arabes » martelées à la télévision et dans la presse écrite n’ont pas eu les effets escomptés : à la dernière université de Ni Putes Ni Soumises, la cause de Fanny a été unanimement soutenue pas l’assistance, y compris par les femmes d’origine musulmane. Pourtant Fanny n’a rien d’une égérie féministe comme Ayaan Hirsi Ali. Mais les militantes contre l’obscurantisme et le sexisme ont intégré la douloureuse histoire de leurs sœurs d’Algérie ou d’ailleurs, victimes de la charia. Elles ont compris que si on cède un seul pouce au « fascisme vert » (pour reprendre une expression de Fadela Amara), alors demain c’est un autre doigt qui y passera, puis la main, puis le bras, puis le corps social tout entier.

Rappelons-nous ceux qui saluaient les soldats de la Wehrmacht en juin 1940 dans les rues de Paris, en murmurant : « ils ne sont pas aussi méchants qu’on nous l’a fait croire ». Rappelons-nous ceux qui disaient « il n’est pas si méchant que ça » quand Khomeyni était exilé en France. Ne recommençons pas ces erreurs : le totalitarisme est totalitaire, total, entier, absolu. C’est non seulement sa définition, mais son objectif et sa logique de survie.

Excommunier Fanny Truchelut parce qu’elle n’est pas politiquement correcte ou excommunier Ayaan Hirsi Ali pour ses propos sur l’islam, c’est les livrer aux islamistes. C’est déjà peu glorieux en soi, mais c’est également suicidaire pour toutes les femmes qui tôt ou tard risquent de subir à leur tour la loi islamique. Les faits sont là : dans toutes les offensives de l’islam politique, en Algérie, en Iran ou dans les banlieues françaises, on retrouve les revendications pro-voile, puis les diktats à l’encontre des critiques de la religion ou de la liberté sexuelle, puis l’imposition obligatoire du hijjab, puis les violences sexistes. Les faits sont là : Caroline Fourest nous explique dans son reportage à Envoyé Spécial que 90% des filles qui se font refaire l’hymen pour paraître vierge à leur mariage sont musulmanes, alors qu’il y a 90% de non-musulmans en France. Et toutes ces filles expliquent bien qu’elles subissent cette opération non pas par libre choix, mais parce la virginité leur est imposée par leur futur mari, leur famille ou leur belle-famille au nom du dogme islamique de la chasteté hors mariage.

Le voile que refuse Fanny Truchelut dans son gîte, c’est le voile qui veut réduire la femme à l’état de marchandise. C’est le voile que le petit caïd qui impose à sa sœur dans les cités, et c’est le même caïd qui battra celle-ci si elle use de sa liberté, et qui exige devant les caméras d’Envoyé Spécial que sa future épouse soit vierge comme l’automobile qu’il achète chez un concessionnaire. Réduire la femme à l’état de marchandise, c’est la même démarche que celle des nazis qualifiant les Juifs, les Africains et les homosexuels de « sous-hommes ».

N’abandonnons personne

De nos jours, personne ne peut dire, comme au temps du nazisme, « nous ne savions pas ». Nous savons, et nous voyons. Nous avons vu Durban 1, et nous devons condamner Durban 2. Nous avons vu le GIA en Algérie, et nous devons condamner le voile islamique en France. Nous avons vu des journalistes emprisonnés pour blasphème en terre d’islam, et nous devons défendre la liberté d’expression même si elle critique ou caricature les religions. Nous voulons défendre la mémoire de la Shoah : commençons par dénoncer les territoires perdus de la République interdits aux Juifs, ici et maintenant en France. Et surtout, ne nous rangeons jamais aux côtés des lapidateurs d’Allah en jetant des pierres à ceux et celles qui sont victimes de la charia ou qui la combattent. Ne les abandonnons jamais à leur sort, même si leurs opinions ne sont pas les nôtres.

C’est pourquoi j’invite nos lecteurs à répondre à l’appel de Mohamed Sifaoui sur son blog (3) : « Je demande par ailleurs à tous les blogeurs et webmasters, défenseurs de la laïcité et de la liberté de la presse, à insérer toutes ou partie des caricatures danoises sur leur blog et site Internet afin de montrer leur attachement à la liberté d’expression, leur rejet des intégrismes et leur refus de se soumettre au diktat des islamistes. » Je n’oublie pas que malgré ses divergences d’opinion d’avec les caricaturistes ou Ayaan Hirsi Ali, Mohamed Sifaoui est resté clair dans le soutien qu’il leur a apporté. Et pour poursuivre dans le même esprit, j’invite nos lecteurs à exprimer leur solidarité avec les peuples néerlandais et danois pris en otage par les islamistes et les dirigeants de pays musulmans.

C’est aussi par solidarité contre le fascislamisme que je vous invite à signer la pétition initiée par la Licra « L’ONU contre les droits de l’homme » (4). Je me réjouis que cette pétition apporte son soutien à la fois à Ayaan Hirsi Ali et à Mohamed Sifaoui. Je me réjouis de voir côte à côte parmi les signataires des rédacteurs de Riposte Laïque et des personnes qui nous reprochaient un « ultra-laïcisme », mais aussi des personnalités de tous bords politiques et philosophiques. Je n’oublie pas que Caroline Fourest fut une résistante de la première heure face à l’antisémitisme islamogauchiste de Durban 1.

Les artistes et les cyclistes aussi

Quant au film annoncé de Geert Wilders, attendons de juger sur pièce. Mais en attendant, nous pouvons déjà entendre ce que nous dit Wafa Sultan sur le « choc des civilisations » et « l’arriération » du monde musulman, qui sont justement deux thèses très controversées de Geert Wilders : http://www.dailymotion.com/video/65587 (On peut lire la transcription partielle de ses propos ici : http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2006/02/21/908)

Et pour ceux qui n’ont pas compris le rapport entre la popularité de Geert Wilders et l’affaire des cochons-tirelires interdits par une banque néerlandaise (5), voici deux autres anecdotes récentes en provenance des Pays-Bas :

– Le musée municipal de La Haye aux Pays-Bas a décidé de ne pas inclure dans une exposition une œuvre d’art qui pourrait offenser les musulmans : une peinture de l’artiste iranien Sooreh Hera qui montre deux homosexuels portant des masques de Mahomet et de son gendre Ali. (6)

– Des oulémas de l’islam néerlandais ont décrété une fatwa selon laquelle les musulmanes ne doivent pas conduire de bicyclettes, car cela « provoque chez la femme une excitation sexuelle et le vélo est donc un objet prohibé » (7). Ces religieux reprennent la bulle d’un mufti saoudien pour qui « la conduite des bicyclettes est indécente parce qu’elle attire les regards sur la femme » et « le fait qu’une femme écarte les jambes pour faire du vélo est sexuellement excitant ». Cette interdiction assez surréaliste au royaume de la bicyclette est parfaitement cohérente avec d’autres prescriptions de l’islam : essayez donc de faire du vélo avec une burka et vous comprendrez pourquoi.

Il est minuit moins cinq, et je ne vois pas pourquoi nous devrions attendre en vain des contre-fatwas d’un Dalil Boubakeur, qui d’ailleurs condamne de moins en moins ce genre de débilités. En ce moment, il est plutôt occupé à saper la laïcité française, ce qui permettra à nos oulémas algériens ou marocains du CFCM et de l’UOIF d’imposer très multiculturellement le même genre de fatwas aux musulmanes de France. Puis ils l’imposeront aux femmes non-musulmanes tout comme leurs confrères imposent le voile aux Occidentales en Iran, parce qu’on ne comprendrait pas pourquoi une mécréante à vélo doit choquer le regard de certains mâles musulmans déjà scandalisés par des cochons-tirelires. C’est vrai quoi, il faut un minimum de « respect dû aux croyants », comme dirait le Président de la République qui vient de décorer Dalil Boubakeur pour l’aide inespérée qu’il apporte au projet sarkozyste de « nettoyage » de la loi de 1905 (8).

Il est minuit moins cinq, et il y a urgence de défendre la liberté de faire du vélo comme celles de disposer de son corps, et d’apostasier et de critiquer une religion sans risquer de se faire égorger. Et ce n’est pas notre faute si de nos jours, c’est à chaque fois des gens qui se réclament de l’islam ou qui craignent des réactions musulmanes qui se mettent en travers de ces libertés. Ce n’est pas notre faute si, comme le rappelle Wafa Sultan dans son intervention sur Al-Jazeera, « le prophète de l’islam a déclaré : « J’ai reçu l’ordre de combattre ceux qui ne croient pas en Allah et en son Messager. » » Ce n’est pas notre faute si, comme le dit Wafa Sultan, « seuls les musulmans défendent leurs croyances en brûlant des églises, en tuant, en détruisant des ambassades. »

Il est minuit moins cinq, alors soutenons sans tarder les caricaturistes de Mahomet, soutenons les catholiques et les bouddhistes de Malaisie (9), soutenons les artistes danois de Berlin (10), soutenons les musulmanes cyclistes, les apostats iraniens, le peuple néerlandais, soutenons la pétition contre Durban 2, soutenons Ayaan Hirsi Ali, Fanny Truchelut, Mohamed Sifaoui et Robert Redeker et tous les autres tant que nous avons encore la liberté de les soutenir.

Roger Heurtebise

(1) http://fr.youtube.com/watch?v=j0jUuzdfqfc et http://www.youtube.com/watch?v=0W6twYw4E8w

(2) http://fr.news.yahoo.com/afp/20080227/tcu-religion-vatican-islam-danemark-medi-7b903d2.html

(3) http://www.mohamed-sifaoui.com/article-17132224.html

(4) http://www.licra.org ; pour signer, envoyer un courriel à licra@licra.org

(5) http://www.ripostelaique.com/Purification-culturelle.html

(6) http://www.theage.com.au/news/World/Hague-museum-pulls-offensive-Muslim-art/2007/12/03/1196530582874.html

(7) http://www.elaph.com/ElaphWeb/Reports/2007/12/292353.htm

(8) http://www.fairelejour.org/article.php3?id_article=1681

(9) http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2008/03/02/1951-malaisie-allah-or-not-allak

(10) http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2008/03/01/1952-une-exposition-d-artistes-danois-censuree-a-berlin

Share

Les commentaires sont fermés.