Immigration et délinquance : l’aveu de Claire O’Petit sur RMC

Claire O’Petit est conseillère municipale Modem à Saint-Denis (93) et présidente d’une association de commerçants de la Seine-Saint-Denis. C’est l’une des animatrices régulières de l’émission « Les Grandes Gueules » sur RMC.

Le mardi 24 août 2010, Claire O’Petit est interpellée par un auditeur.

Ecoutez, c’est tout à fait savoureux : http://www.youtube.com/watch?v=DFODFiwDwjQ

Je crois que nous avons là l’exemple flagrant d’un aveu de réalité déguisé en déni de réalité.

1. Claire O’Petit désigne la communauté des Roms comme « non-responsable » des incivilités et violences à Saint-Denis, mais quand l’auditeur lui demande « alors qui est responsable », là elle ne désigne plus de communautés. Donc on a le droit de parler globalement de certaines communautés en bien, mais jamais en mal. C’est déjà l’aveu d’un traitement discriminatoire à géométrie variable !

2. Les prénoms qui lui viennent spontanément à la bouche pour désigner les voyous sont Pierre, Paul, Jacques et Arthur. Alors qu’évidemment tout le monde sait que dans le 9-3, ce serait bien plus conforme à la réalité de choisir Mohamed ou Mamadou.

3. Evidemment, on a droit au mot-valise « stigmatisation » qui ne veut rien dire, mais qui sert uniquement à masquer les vérités factuelles dans le langage politiquement correct. C’est l’inversion classique des réalités : ce n’est pas X qui est responsable de ceci ou cela, c’est celui qui dénonce X qui est coupable de « stigmatisation » même s’il dit la vérité. Si je dis que les fumeurs sont responsables de leurs cancers, alors je « stigmatise » les fumeurs, etc. Le mot « stigmatisation » est tout simplement un outil de la censure bien-pensante, tellement rabâché qu’il est contre-productif.

4. Claire O’Petit est tellement dans la recherche anxieuse de ses mots pour faire son déni de réalité qu’elle en arrive à lâcher cette énormité : « Pour moi, un Français est un Français, même s’il ne l’est pas ». Donc logiquement pour elle, tous les habitants de la Terre seraient des Français ! Mais derrière cette affirmation formellement tout à fait débile, je pense que ce lapsus traduit bien qu’au fond d’elle-même, Claire O’Petit estime qu’il a des « Français » moins français que d’autres, puisqu’ils ne sont pas « vraiment » Français. Autrement dit, elle désigne implicitement comme « Français de papier » certaines catégories de Français.

5. L’auditeur ne parlera jamais de communautés, d’origines, etc. Il ne fait que répéter sa question pour pousser Claire O’Petit au bout de ses contradictions. Mais par contre, c’est bien elle-même qui sort du chapeau le mot « race » (qui est très fort puisque « racialiste » !), non pas pour dire que telle « race » est responsable des violences et incivilités, mais pour dire qu’on ne lui fera pas dire. Alors qu’elle y a pensé spontanément !

C’est un peu comme le maire de Nice et ministre Christian Estrosi qui, quand on lui demande s’il y a un lien entre immigration et délinquance, répond non pas « non » mais « je m’y refuse », ce qui veut dire : peut importe que cette chose soit vraie ou fausse, je refuse de la voir, je fais un déni de réalité et je l’assume : http://www.ripostelaique.com/Comment-le-deni-de-realite-de.html

On comprend que Claire O’Petit ne tient pas à perdre son électorat de Saint-Denis ou à voir son entreprise saccagée. On ne peut exiger de quiconque d’avoir le courage d’un Xavier Lemoine pourtant maire de Montfermeil. Mais alors pourquoi demander encore le suffrage d’électeurs qu’on tente de tromper aussi ouvertement et aussi maladroitement ?

Car de deux choses l’une. Soit l’auditeur de RMC qui écoute ce passage prend au premier degré Claire O’Petit pour une personne parfaitement naïve, qui nie la réalité parce qu’elle refuse de la voir tout comme les communistes refusaient de voir les goulags en URSS. Et alors on ne donne pas son bulletin de vote à une personne incapable d’appréhender les réalités sociales. Soit l’auditeur fait la même lecture au second degré que moi des propos de Claire O’Petit, et alors il ne donnera pas sa voix à quelqu’un qui trahit volontairement sa propre pensée par intérêt personnel.

Et voilà comment Claire O’Petit fait le lit de Marine Le Pen. Et ne me dites pas que c’est ce qu’elle voulait, et qu’il fallait écouter ce passage sur RMC au troisième degré, et que c’est moi qui suis naïve, puisque dans tous les cas, le résultat est strictement le même. D’ailleurs les auditeurs de Jean-Jacques Bourdin et des Grandes Gueules me donnent de plus en plus raison : http://www.youtube.com/watch?v=ur7P6B1Dnw4

Djamila Gérard


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