La lecture du numéro 74 de « Riposte Laïque » nous a appris qu’en Angleterre circule une pétition demandant au gouvernement de s’opposer à l’application de la loi islamique pour les citoyens anglais musulmans, à l’opposé de ce qui se fait, hélas, régulièrement, par l’intermédiaire de tribunaux islamiques reconnus au nom des « accommodements utiles » qui ne sont, en fait, qu’une affirmation du communautarisme islamique : http://www.onelawforall.org.uk.
On peut penser que cela correspond bien au mode d’organisation et de fonctionnement de cette société anglo-saxonne que « nos » gouvernants, « notre » opposition officielle et « nos » altermondialistes-humanitaristes veulent substituer à la nôtre, caractérisée par son unité fondée sur la laïcité.
Mais on se tromperait lourdement si l’on imaginait un tant soit peu que nous sommes, en France, prémuni de cette offensive islamique dont la manifestation la plus évidente est la « politique » des petits pas qui consiste à imposer de petites touches de loi islamique face à la loi générale puis d’y habituer nos concitoyens, avant d’aller plus loin et, peu à peu, substituer une loi religieuse rétrograde à la loi générale élaborée par tous.
Ce « programme » est d’ailleurs rédigé en toutes lettres dans la Charte islamique ( et notamment dans ses articles 17 et 18) signée le 10 / 01 / 08 par l’Union des Organisations Islamiques de France (influente au Conseil Français du Culte Musulman) avec 399 autres associations islamiques européennes, et jamais dénoncée par qui que ce soit au sein du CFCM (voir « Riposte Laïque » n° 26 – article d’Empédoclatès). Le silence, ici, est un aveu, et les demandes de régimes spéciaux dans les restaurants scolaires, d’horaires « aménagés » dans les entreprises, de costumes discriminants pour les femmes, de refus de la mixité à l’école ou à l’hôpital, d’enseignement du créationnisme le plus obtus, de constructions massives de mosquées associées à des écoles coraniques et à des services commerciaux et sociaux (et le liste n’est pas close) témoignent à l’évidence que la loi islamique s’insinue dans les failles de la loi républicaine pour, à terme, l’étouffer.
Nos lecteurs savent que c’est un des aspects de notre combat contre l’instauration d’un communautarisme musulman resserré autour de ses lois religieuses, c’est-à-dire étroites et anachroniques…Et l’action des anglais « laïques » doit nous amener à donner à ce combat des formes de plus en plus concrètes, de plus en plus massives, de plus en plus politiques.
En même temps, elle doit nous amener à réfléchir sur le processus qui a conduit à cette situation lourde de dangers, le plus évident étant celui de la tension agressive à venir entre cette communauté religieuse qui se veut conquérante et l’ensemble de nos concitoyens, attaché à la démocratie et à la laïcité, à la séparation stricte des églises et de l’Etat.
Car l’islam ne s’est pas répandu ici par génération spontanée ni conversions massives. Les 4 à 5 millions de musulmans reconnus présents sur notre sol sont, dans leur très grande majorité, issus ou descendants des vagues migratoires de travail d’abord, de peuplement ensuite dès les années 70. Et force est de reconnaître que cette demande de reconnaissance de son état de musulman au lieu et place de celui de citoyen français data de ces moments où ces populations de plus en plus nombreuses qui se sont enfermées dans des cités ghettos –par obligation, par facilité ou par choix- se sont trouvées vulnérables socialement, culturellement, idéologiquement, et soumises par référence ethnique, linguistique, religieuse, aux centaines d’imams détachés en Europe par l’Arabie Saoudite (notamment) pour les encadrer et, conformément à leurs lois, les maintenir sous l’autorité de la « s’haria » qui régit la grande communauté de « l’oumma ».
Il y a un lien direct entre la revendication islamique actuelle et les flux migratoires du Maghreb et de l’Afrique sub-saharienne. D’ailleurs, c’est le constat que fait, en l’élargissant à d’autres mouvances religieuses, le sociologue-historien Sébastien Fath dans le colloque des 2 et 3 février : « Dieu change en ville : religions, espace, immigration »(1). Et il est inutile et imprudent d’imaginer que l’on peut continuer à ouvrir nos frontières à une immigration de travail comme de peuplement sans se retrouver confronté à cette revendication de manière encore plus aigue. Et ceux qui, parce qu’ils disent avoir le cœur grand et l’humanité au bout des doigts, prétendent que la France doit accueillir sans limites toutes les migrations, maghrébines et subsahariennes en particulier sous le prétexte ridicule que nous leur devrions quelque chose, sont en train de souffler sur les braises de futurs incendies sociétaux qu’ils appelleront à combattre après les avoir allumés, se dédouanant ensuite de leurs responsabilités en accusant des pires horreurs morales ceux qui se révolteront. Mais on sait que « coller des étiquettes » évite de réfléchir et d’être ouvert au débat.
Mais ces altermondialistes, ces compassionnels compulsifs et ces petits partis de « gauche » qui croient se refaire une santé électorale en inventant un nouveau prolétariat qui leur serait soumis (l’ancien les ayant depuis longtemps abandonnés) ne sont que les soutiens d’une politique plus générale dont le but est de casser l’unité de la Nation (et la Nation elle-même) dans la perspective d’une Europe politique libérale et anglo-saxonne.
En organisant le capharnaüm du multiculturalisme, de la mixité des cultures, de l’accueil de tous sans restriction, ils préparent le délitement de l’espace national pendant que l’économie libérale de la mondialisation organise, par l’afflux de l’immigration, le délitement du monde du travail et de la confrontation sociale… Ceux-là et celle-ci poursuivent le même but. D’ailleurs, toujours dans « Riposte Laïque » 74 , notre amie Gabrielle Desarbres avait bien montré, en visant un rapport officiel demandé par le Ministère des Affaires Etrangères , combien cela procédait d’une volonté politique en écrivant : « depuis plus de trente ans, des experts proclamés, financés grâce aux subsides de l’État, de la Commission de Bruxelles ou du Conseil de l’Europe comme Catherine de Wenden par exemple qui a participé à « l’Atlas mondial de l’immigration » sorti récemment, ou Patrick Weil à qui le journal « le Mond »e a offert une double page, ne cessent de tenir le même discours : vive l’immigration suivi de son corollaire : vive le métissage et le multiculturalisme. Ces thèsse » immigrationnistes » sont clairement explicitées dans un rapport rédigé en 2006 à la demande du ministère des affaires étrangères et préfacé par le ministre Bernard Kouchner, rapport auquel a évidemment participé Catherine Witold de Wenden. »
Il n’y a jamais la moindre parcelle de hasard dans les orientations politiques décidées par ceux qui nous gouvernent et qui demandent leur légitimité au peuple sans jamais lui dire la réalité de leurs futures décisions. Les flux migratoires, qui se maintiennent alors que les problèmes économiques, sociaux, de logements, d’enseignement, deviennent de plus en plus aigus et insolubles, sont trop utiles au système économico-politique qui s’est imposé en France et en Europe, à travers les partis « libéraux » comme à travers les partis « socio-démocrates » et leurs alliés « verts », pour que frein y soit mis.
Outre leur fonction économique (éclairée dans l’article de Robert Albarèdes dans ce numéro), ils ont une fonction sociétale de destruction de l’espace unique laïque et républicain pour le remplacer par l’espace « mosaïcal » des communautarismes, dans lequel le communautarisme islamique évolue par avance comme un poisson dans l’eau, conforté par la pusillanimité des élus de tous bords et la faiblesse de nos lois…
Mais qui peut croire que les citoyens vont rester assoupis encore longtemps ?
Empédoclatès
« du bon usage de la raison »
1- http://immigration.blogs.liberation.fr/coroller/2009/01/dieu-est-de-ret.html








