Aux alentours de Noël, France Inter était montée au créneau.
La loi contre le voile intégral dans l’espace publique serait une mauvaise loi, par ailleurs inapplicable.
Sur d’autres sujets, je m’étais déjà interrogé : c’est quoi France Inter ? Est-ce que c’est un organe public d’information ou est-ce une machine de propagande, défendant sur différentes questions un point de vue unilatéral, un point de vue partisan ?
Hier soir, c’était Moscovici. Le député socialiste protestait contre une loi liberticide et inapplicable.
Ce matin, nous avons eu droit : au secrétaire du syndicat de police « Alliance », à un professeur de droit, puis au député Eric Raoult. France Inter annonçait un peu après l’intervention, dans la matinée, d’une sociologue dont l’audition devant la commission parlementaire laisse penser que nous allions encore avoir un flot de paroles destinées à nous dire : que ce n’est vraiment pas très gentil ni très démocratique que de vouloir empêcher des femmes de s’enfermer ou de se laisser enfermer, elles et leurs fillettes, et qu’en voulant les aider on allait les stigmatiser, elles et toute une population…
Le secrétaire du syndicat de police Alliance nous a demandé : allait-on devoir mettre un CRS dans chaque rue ? « On ne va quand même pas se mettre au coin de chaque rue pour arrêter toutes les personnes qui vont à la prière ? » sous-entendu, la bourqua et ses variantes, ça n’est jamais qu’un vêtement pour aller prier, alors quelle importance pour le reste de la société ?
Le professeur de droit nous a expliqué, lui : que mettre en place une loi universelle sur cette question allait s’opposer à un autre droit universel, allait s’opposer à une liberté garantie par le droit et les conventions internationales. Une loi universelle prohibant le voile intégral dans l’espace public « ne serait pas équilibrée ». Elle serait donc mauvaise et injuste.
Bourguiba et Atatürk en seraient tombés à la renverse, foudroyés par notre universitaire « défenseur » du droit. Curieux droit acceptant l’asservissement « volontaire »…
Ce qui me fait dire que France Inter travaille comme ici comme une machine de propagande, c’est que l’on n’a eu droit, sur le sujet, qu’à un seul point de vue, un seul genre d’arguments, un seul groupe d’intervenants et d’élus : ceux hostiles à une loi contre la bourqua, le hijab et le niquab (le voile intégral) au guichet de la Poste, de la sécurité sociale, de la CAF, de la banque, à l’hôpital, à la sortie de l’école, dans l’école, dans les sorties scolaires, dans les salles d’examen des facultés, au bureau ou à l’atelier…
France Inter aurait pu, aurait dû, donner la parole à Elisabeth Badinter, dont on connaît les combats pour l’émancipation et l’égalité des femmes dans tous les domaines.
Mais non, les arguments développés par Elisabeth Badinter devant la commission parlementaire ne doivent surtout pas venir avant ou après les pseudo arguments des Moscovici, Raoult et du chef du « syndicat » Alliance ».
Les auditeurs de la radio publique ne doivent écouter qu’un seul et unique point de vue. C’est cela l’information ?!!!
Information ou endoctrinement ?
Si l’on suit le sophisme de Moscovici, il ne devrait y avoir de loi dans aucun domaine. Comme on n’attrape pas tous les voleurs, tous les violeurs, ni tous les dealers, tous les braqueurs, ni tous les faux monnayeurs, alors pourquoi des lois contre le vol, contre le viol, contre les hold-up, contre le trafic des stupéfiants, la fausse monnaie ? Cela concerne peu de gens et on n’arrive pas à les attraper tous.
A écouter le « raisonnement du sieur Moscovici, ci-devant élu d’une portion du peuple français, s’exprimant sur France Inter, pourquoi des lois : Elles sont inutiles et qui plus est arbitraires, donc néfastes, puisque certains délinquants seront attrapés et condamnés tandis que d’autres ne le seront pas… vraiment la pensée de certains de nos élus, sociologues et « journalistes » vole haut, très haut.
Pour conclure, je voudrai citer Eric Raoult. Le député maire du Raincy est membre de la commission Gérin. Il proteste vigoureusement contre Coppée, parce ce dernier s’est permis de donner une position demandant une loi prohibant le voile intégral, sanctionnant d’une amende lourde sa violation.
« Scandale », nous débite Raoult !
Scandale : « le leader du groupe parlementaire UMP n’attend pas la fin des travaux de la commission Gérin ». Ô le vilain ! Ce n’est pas beau ça ! Ce n ‘est pas respectueux du parlement que de ne pas attendre la fin des travaux de la mission parlementaire.
Mais à peine notre député du Raincy a-t-il cloué au pilori son chef de groupe, pour irrespect des prérogatives de la commission Gérin, que le voilà qui nous livre en bloc, sans attendre la fin de la mission Gérin, dans son langage fleuri bien connu, sa vérité sur la question. Le député Raoult est contre une loi prohibant la bourqua dans l’espace public.
Et de tourner en dérision un tel projet. « On fera comment »-demande-t-il sur le micro de France Inter- pour remettre sa contravention à une pauvre femme « entourée de sa marmaille voilée » ? On donnera le papier à qui, pas à elle -par définition, selon lui-, à ses enfants, à l’époux ? Et puis, s’écrie-t-il indigné et toujours aussi élégant : « on va sanctionner des femmes qui se couvrent pour échapper aux mains aux fesses ou qui subissent la pression du milieu ?! »
Il est clair que monsieur le député maire du Raincy n’a pas écouté Elisabeth Badinter.
Monsieur le député maire du Raincy,-qui en d’autres temps protestait contre l’arrogance de ceux voulant légaliser la charia dans notre pays-, se met au relativisme « culturel »…
En la circonstance et sur la question, il a manifestement, le député Raoult, préféré écouter la petite musique de la sociologue Bouzar (qui parlera ce matin sur la radio publique), il a choisi de se laisser attendrir par « l’universitaire » suisse, Tariq Ramadan, et opté pour se suspendre aux lèvres du président de la « pensée en berne ». Chacun ses choix et ses références.
Pour dire les choses autrement, le député du Raincy ressemble, par le type d’arguties qu’il débite, au distingué Chamberlain de retour de Munich.
Et pour être plus précis, la cause des femmes, c’est-à-dire la cause de La Femme, ne semble guère avoir accès aux méandres de l’organe qui sert de moyen de réfléchir à notre député pro bourqua et à ses différents compagnons de route de gauche, du centre, de la droite et de la verdure ou d’ailleurs.
Alain Rubin
Texte écrit le 25 décembre






