J’ai la phobie de l’islam et je ne me soigne pas

On savait qu’on avait un président de la République « bling-bling » qui a dû être satisfait d’apprendre de son ami Jacques Séguéla qu’on mesurait la réussite de sa vie, à 50 ans, par la possession d’une montre suisse de grand luxe (encore qu’en ce domaine, il est fortement concurrencé par tel député socialiste, soutien de Mme Royal il n’y a pas si longtemps, étrangement muet depuis quelque temps).

On n’ignorait pas qu’on avait un président de la République rétif à lire « La Princesse de Clèves » dont il est sûr que la connaissance n’apporte pas plus à la conduite d’un enfant de maternelle vers le « pipi-caca » de l’après-midi qu’à celle de l’Etat.

Mais on sait aujourd’hui qu’on a un président de la République peu versé en grec ancien (quelle idée saugrenue, d’ailleurs, de vouloir connaître le grec ancien, tout aussi saugrenue que celle de mesurer la culture générale lors d’ un concours d’entrée dans la fonction publique…) car, s’il l’était, il ne commettrait pas l’ineptie d’employer des mots sans en connaître le sens. (1)

Ainsi pour le terme d’ « islamophobie »…

Je ne résiste pas au plaisir de renvoyer le lecteur à l’excellent texte de notre amie Christine Tasin (www.christinetasin.over-blog.fr) précisant l’étymologie (et par là, l’acception véritable) du terme et d’en reprendre ici, avec son autorisation tacite, la « substantifique moëlle ».

« Phobein » en grec ancien, signifie « avoir peur » ; une phobie est une peur irraisonnée, une aversion instinctive, éprouvées dans le cadre d’une maladie d’ordre psychologique. Ainsi tel individu abhorrera-t-il toute idée d’enfermement, tel autre toute situation d’exposition à la foule, tel autre encore refusera-t-il jusqu’à la vue d’une araignée.

Dans le même ordre d’idée, être islamophobe signifie étymologiquement « avoir peur de l’islam » peut-être à tort, d’ailleurs, mais ce n’est pas le propos. Comme le terme « islam » (dont on dit qu’il signifie « soumission ») ne désigne pas un être humain mais un système, une abstraction, l’application d’un texte… ou, comme le montrent maints islamologues, une orthopraxie, au nom de quoi serait-il interdit et néfaste d’avoir peur de cette une idée, de ce système, de cet ensemble de règles à appliquer aveuglément ? Au nom de quoi serait-il interdit de critiquer et de dénoncer cette idée, ce système, cet ensemble de règles ? Au nom de quoi serait-il interdit de ne pas l’ apprécier ?

De la même manière, au nom de quoi serait-il interdit d’avoir peur du catholicisme, de l’église de Scientologie, des différentes formes de l’Evangélisme, d’une religion quelle qu’elle soit, d’une secte quelconque ? Ne peut-on pas avoir peur, même rétrospectivement, de l’idéologie qui sous-tend « Mein Kampf », de la violence, de la barbarie qu’elle suggère ? N’a-t-on pas eu peur, il y a peu, de l’idéologie communiste qui portait les dérives staliniennes comme la nuée porte l’orage ?

En quoi cela peut-il être un délit ?

Vouloir faire coïncider l’islamophobie (terme popularisé par l’ayatollah Khomeiny, chantre de la démocratie, apôtre de la liberté, guide de l’intelligence) avec une forme de racisme est non seulement une aberration linguistique mais relève de la manipulation langagière et recèle des intentions cachées qu’il faut élucider.

Car loin de nous toute naïveté phraséologique. On peut ne pas aimer l’œuvre de Mme de La Fayette (à ne pas confondre avec l’épouse éventuelle du défenseur de la cause américaine au XVIIIe siècle NDLR) mais être assez madré pour dénaturer le sens des mots afin de justifier les mauvais coups qui vont être portés contre la liberté d’expression, contre la liberté de conscience, contre la laïcité.

Car c’est cela qui est au cœur des discours, en apparence outranciers voire semés d’ignorance, du président de la République…

Il faut « communautariser » la société qui nous organise, la construction politique européenne (capitaliste-libérale pour l’économique, anglo-saxonne pour le sociétal, pro-US pour la visée géopolitique) passe par cette voie obligée, qui permettra également le retour des Eglises dans et sur l’espace public. L’islam est l’arme maîtresse de cette intention. Il faut donc le valoriser, lui accorder toutes les attentions et toutes les faveurs, l’imposer à un peuple qui n’en veut pas. Et comme ce peuple résiste, il faut imaginer tout un arsenal de lois contraignantes, dont celle qui consistera à faire taire toute critique à l’égard de cette religion (puis de toutes les religions) ne sera pas la moindre. Non seulement on voit poindre la condamnation du blasphème, mais on devine que ce retour à l’obscurantisme d’avant Les Lumières est destiné à aliéner la pensée, à museler l’expression, à effacer tout esprit critique. Voltaire et Diderot en tressaillent de honte et de dégoût : il est vrai que ces auteurs ne sont pas présents dans les bibliothèques des écoles coraniques que la caste politicienne de gauche comme de droite subventionne à « tout va », nonobstant la crise des finances territoriales. Et qu’il n’est pas sûr que la lecture de leurs œuvres soit plus aisée que celle de « La Princesse de Clèves »…

Oui, en quoi pourrait-il être un délit d’avoir peur (de manière irraisonnée ou raisonnée) de l’islam ?

D’autant que les raisons ne manquent pas de s’inquiéter de la pénétration de notre espace politique social par un islam qui se veut conquérant, dominateur, exclusif. Je ne parle pas ici de ces terroristes « à la dynamite entre les dents » qui se font exploser au milieu de foules innocentes afin de faire le maximum de victimes au nom de la vérité éternelle, immuable, indiscutable,universelle portée par leur divinité supérieure à tout et à tous. J’évoque ces petits pas feutrés des prosélytes islamiques (et de leurs « idiots utiles ») qui veulent imposer leur loi particulière et sectorielle dans l’espace public unique et laïque qui nous organise, dans l’Ecole de la République, dans les services publics, dans les entreprises, dans les secteurs financiers, dans l’espace urbain et géographique, partout où ils veulent remplacer les valeurs, les principes, les lois qui sont nés de notre Histoire par les leurs.

Cela m’effraie de voir notre pays perdre ainsi son identité et le patrimoine construit tout au long de son Histoire. Cela me fait peur de le voir retourner aux siècles les plus obscurantistes d’un passé qu’il a su digérer pour n’en garder que le meilleur. Cela m’angoisse de voir ses citoyens se transformer peu à peu en membres de communautés qui seront rapidement en concurrence et en conflit et abandonner ainsi le principe d’unicité qui fonde la loi générale. Cela m’horrifie de voir déambuler dans nos rues de plus en plus de fantômes humains censés représenter la moitié féminine de l’humanité que cette religion ravale au rang de « chose ».

Si c’est cela « être islamophobe », alors je m’attribue volontiers le qualificatif.

Aurai-je droit au tristement célèbre : « casse toi, pauv’ con » ?

Empédoclatès

« du bon usage de la raison »

1- http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/03/02/01011-20090302FILWWW00644-bref-visite-de-sarkozy-au-diner-du-crif.php

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