J’étais au Local hier soir : que de bonnes surprises !

Publié le 19 mars 2010 - par
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On nous avait tant dit que le Local était un lieu sulfureux, avec des personnages pas fréquentables, que Riposte Laïque avait fait une erreur monumentale en acceptant l’invitation du cercle Aristote, que Pierre Cassen, fondateur et rédacteur en chef de notre journal, allait sortir de sa conférence le crâne rasé, piercing au coin des lèvres et perdu à jamais pour la République, la gauche et la laïcité… Malgré la liste impressionnante de gens de tous horizons venus avant lui parler devant les habitués du lieu, je me demandais quel univers inquiétant et quel monde interlope j’allais découvrir, pour ne pas parler des messages subliminaux que je m’exposais à recevoir, en allant écouter Pierre Cassen.

Première surprise, le succès de la conférence : le Local était plein à craquer hier soir et les auditeurs passionnés, n’hésitant pas à intervenir pour compléter ou discuter tel ou tel point qui leur paraissait le mériter. Pendant 45 minutes, Pierre sut passionner un auditoire toujours très attentif, et mettre parfois les rieurs de son côté, notamment sur le politiquement correct.

Deuxième surprise : loin des skinheads et autres marginaux annoncés, je n’ai vu dans la salle que des gens au look de respectables pères et mères de famille, quelques personnes du troisième âge et quelques jeunes gens, parfaitement propres sur eux et même coiffés, sans épingles à nourrice dans les sourcils ! Bref, du jean, du BCBG décontracté, mais du sérieux, rien à voir avec les spectateurs hirsutes et déjantés sous influence de la fumette (qu’ils veulent d’ailleurs dépénaliser) que l’on rencontre souvent dans les assemblées gauchistes !

Troisième surprise : l’atmosphère de la soirée était enthousiasmante. Pas un dérapage, pas un mot raciste, pas un mot pour défendre le catholicisme ni les religions en général, je n’ai entendu que des réactions pondérées, réfléchies, graves, d’hommes et de femmes mesurés mais conscients de la gravité de la situation qui venaient pour en savoir plus, pour comprendre et réfléchir avec nous.

Que dire encore, sinon que l’organisateur, Pierre-Yves Rougeyron, président du cercle Aristote (qui vient de lancer une pétition de soutien à Eric Zemmour [http://soutenirericzemour.over-blog.com/->http://soutenirericzemour.over-blog.com/]), mena un long débat passionnant, pendant lequel Pierre, aidé de Pascal Hilout, essaya de répondre sans langue de bois aux différentes questions du public.

J’ai eu le plaisir de faire connaissance avec Serge Ayoub, si controversé par la bien-pensance pour son passé sulfureux, et de discuter avec lui. Je l’ai trouvé charmant, son discours n’a rien d’extrémiste et j’ose écrire que le poète qui a écrit Conte barbare gagne à être connu. Et puis, je ne vous cacherai pas que j’ai eu aussi du plaisir à me sentir en sécurité, entre personnes de bonne compagnie, dans un lieu tenu par des gens dont on sent « qu’ils en ont », capables de ne pas se laisser faire, capables de mettre de l’ordre dans leur bar et d’imposer le respect de ce qu’ils sont et de ce qu’ils font, quitte à faire le coup de poing s’il le faut. Nous avons cru comprendre que certains qui ne leur veulent pas du bien essaient de temps en temps mais en vain de les provoquer, de les faire sortir de leurs gonds. Ils ont du répondant et ils ont une maîtrise d’eux olympienne, avec le sourire. Chapeau les gars.

J’ai eu, également, le plaisir d’être reconnue par des lecteurs de Riposte Laïque, dont une bonne vingtaine a priori parisiens, se trouvaient là. Ils pourront témoigner de la véracité et de l’objectivité de mon témoignage. Les discussions qui suivirent le débat, autour d’un verre, montrèrent une soif… de débats, et parfois de confrontation d’idées, qui manque si cruellement dans notre pays. Je crois que nous avons tous passé une excellente soirée, loin des chapelles, mettant nos différences politiques, (il y en avait obligatoirement, sur l’Europe ou le libéralisme, notamment), au placard. J’ai apprécié l’intervention d’un militant de la Droite Libre de Rachid Kaci et Alexandre Delvalle, venu nous dire qu’ils sont avec nous, depuis le début, et que notre combat est le leur ; il a simplement rappelé qu’ils étaient un bon nombre au sein de l’UMP à être sur nos positions et que nous devions tous nous unir et travailler ensemble, au-delà de nos différences politiques.

Que de la mesure, que de l’ouverture à l’autre, que du bonheur. J’ai senti hier soir une bouffée d’oxygène, dans le contexte étouffant de la dictature du politiquement correct. Je ne suis pas prête d’oublier une telle soirée, et je ne regrette vraiment pas que RL ait pris le pari audacieux d’accepter un tel débat.

Christine Tasin

http://christinetasin.over-blog.fr

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