Le président de la fédération de la « libre pensée » explique au lecteur du site de l’association avec quels louches personnages il a eu à faire, à l’occasion de son passage sur RFI.
Pierre Cassen, ce serait quelqu’un de pas très recommandable qui ne serait militant laïque que pour faire parler de lui, pas pour défendre la laïcité.
http://www.fnlp.fr/spip.php?article463
Marc Blondel croit qu’il convaincra qui, avec ce procédé, en dehors de quelques petits coucous piailleurs qui l’utilisent sans vraiment le respecter ?
Personnellement, je ne l’aurai pas cru capable de s’abaisser à ce procédé polémique genre cour d’école. Il faut croire qu’à bientôt 66 ans, je ne suis pas encore mûr pour devenir un apparatchik comme dirait quelqu’un que nous connaissons bien…
Bien que je n’aie jamais rencontré notre président national de la « Libre Pensée » en dehors d’activités de nature syndicale, j’ai étrangement droit, au passage, à quelques coups de griffes hors de proportion avec la modeste place qui est la mienne dans cette rédaction et dans le mouvement de défense de la Laïcité.
A lire et croire Marc Blondel ma culpabilité est double :
J’écris sous un nom qui est-écrit-il- soit un pseudonyme, soit un nom sous lequel je suis peu connu, parce qu’on me connaissait mieux sous un autre. Quel argument ?! A croire notre libérateur de la pensée, ce serait, l’emploi de mon patronyme, la marque d’un manque de courage. Ce nom, Rubin (1), ce serait comme une sorte de bourqua… Le mot est lâché. Pour notre chef de la « laïcité » cohabitant avec la « real politics », pour les malheureuses contraintes ou instrumentalisées par les groupes propageant le wahhabisme et le chiisme des ayatollahs, la bourqua, ce n’est qu’un vêtement, rien d’autre, un vêtement manifestant un choix, pas plus pas moins ; un choix de mauvais goût peut-être, mais rien qu’un choix vestimentaire, comme le pantalon ou la minijupe, pas de quoi s’inquiéter donc… Dormez bien bonnes gens, le grand ancien du BIT vous le dit et redit : On ne va pas la lui faire à lui, le grand stratège de la lutte des classes mondiale ! qui peut sérieusement croire que la charia peut s’imposer dans ce pays, voire porter des coups à la démocratie politique ? pas lui en tout cas, ni son aréopage.
Un vieil ami polonais me racontait les dernières années de Gomulka à la tête de la Pologne. Pour le secrétaire général du POUP tout allait pour le mieux dans le pays, le socialisme se construisait, la classe ouvrière était enthousiaste. On lui présentait des résolutions bidon votées à l’unanimité dans les usines, les objectifs du plan étaient atteints et même dépassés. Il croyait que c’était la réalité, le grand chef. La Pologne était alors dirigée par une sorte de chef apparatchik Pangloss, tout y allait pour le mieux possible chaque jour. Ici, nous sommes dénoncés comme de vilains petits canards par une autre variété de Pangloss vivant, comme celui qui devra être chassé par le soulèvement ouvrier des ports de la Baltique de décembre 1970, hors du temps et de l’espace. Les militants de la Laïcité vivante devront-ils, eux aussi, nettoyer les écuries d’Augias que sont devenues des organisations infectées par la myopie et l’impuissance volontaire ?
Je serai un gugusse bizarre, qui, il y a quelques temps, pas si longtemps que ça, tenait absolument à se faire photographier aux côtés de notre grand homme. Je serai donc un inconstant sans principe… quelqu’un de pas sérieux. Mais si c’est le cas, pourquoi me donner cette notoriété imméritée ?
J’ai hésité à répondre, à cette critique étonnante, qui se veut et se croit humoristique et intelligente. Mais je me suis finalement convaincu que je ne devais pas laisser sans réponse ces petits coups de griffe tentant de me faire passer pour une espèce curieuse de courtisan.
On observera, qu’au passage, notre homme banalise la prison vêtement qui étouffe l’humanité de millions de femmes de par le monde.
Un pseudonyme deviendrait une « bourqua littéraire »
Le procédé, destiné à discréditer moralement celui que l’on expose comme un ennemi, vide de son contenu oppressif l’uniforme obligatoire de millions de femmes d’Iran, d’Arabie saoudite, de Gaza, d’Afghanistan, de Somalie… Cet uniforme d’esclave involontaire et/ou volontaire n’est plus, pour notre penseur libre, qu’une variété de pseudonyme. Combien d’écrivains et de chanteurs sont- par la grâce de notre bonze de la Laïcité châtrée- devenus, sans le savoir, des porteurs de bourqua morale. On ne répond pas aux arguments, on manie l’injure, la vraie, pas l’imaginaire. Notre penseur libre, est-il libre de toute pensée, de toute pensée approfondie, ou n’est-ce qu’un petit procédé pour se débarrasser de la critique et signifier autour de lui : silence dans les rangs !!
Expert en espionnage ?
Et pour qu’il n’y ait pas d’ambigüité, pour que personne ne puisse dire qu’il n’avait pas compris qu’il s’agissait d’un oukase interdisant que l’on me fréquente, notre bon monsieur Blondel me lance ce compliment : si je tenais absolument à me faire photographier avec lui (ce qui n’était pas le cas, c’est un autre militant qui insistera pour que nous soyons photographiés côte à côte au mois de juillet dernier) c’est peut-être que je suis un « expert en espionnage ? »
On passe de la laïcité -qui ne se laisserait pas effrayer et entrainer par une crainte infondée, concernant la capacité des djihadistes d’imposer ici et là la charia en refoulant progressivement les fondements de la république née en 1792- aux méthodes d’intimidation toutes droit sorties du vieil arsenal stalinien*2. Je veux croire cependant que la parole de Marc Blondel a dépassé sa pensée.
Alain Rubin
(1) Marc Blondel me reproche mon nom. Il n’est pas connu. Pas connu ? Il y a des milliers de Rubin. C’est vrai, beaucoup de gens ne m’ont pas connu sous mon véritable patronyme mais sous celui que mon beau père me donnera. C’est vrai aussi que le personnage louche et peut courageux que je serai, au lieu de faire comme des centaines de rescapés de la shoah, au lieu d’abandonner le nom qui le désigne à la vindicte des antisémites préfère reprendre celui qui le montre du doigt et le désigne à leur haine et leur bêtise pathologique.
Absence de courage, « bourqua » intellectuelle, c’est sur. Notre Blondel, on le voit, fait dans la comparaison amicale et poétique.
(2) Pour avoir tenu tête au stalinisme dans le syndicalisme (avant 1968), je me suis retrouvé avec un dossier m’accusant d’être, je cite : « un agent de la CIA ». J’étais même accusé, -par les émules des organisateurs de procès truqués, ceux de Moscou, de Prague et de Budapest-, d’avoir suivi un stage aux USA pour le compte de cette agence de renseignement.
Quarante et un an plus tard, les accusations ressortent. L’arsenal de calomnie et de violence policière du stalinisme est recyclée, au compte d’autres intérêts politiques pas plus acceptables que leur prédécesseur.






