L’islam, le communautarisme, ce n’est pas l’identité française…

Plutôt que de disserter à longueurs de colonnes sur ce qu’est « l’identité française », si nous partions du réel pour montrer ce qu’elle n’est pas ?

Et le réel, en l’occurrence, c’est cet article du « Figaro.fr » (1) par lequel deux journalistes qui font, enfin, leur travail d’investigation, nous permettent de pénétrer dans le quotidien de personnes vivant en France et se réclamant de l’islam , de cet islam que ces journalistes qualifient de « radical » mais que ces gens affirment correspondre à une vraie lecture du « livre sacré » , ce que nous pourrions soutenir pour peu que nous soyons attentifs à l’imprégnation totale du politique et du « sacré » en « terre d’islam », que confirme un simple regard jeté sur le mode d’organisation et de fonctionnement des Etats où cette religion est dominante et/ou exclusive.

Il est de bon ton, dans les salons du parisianisme « bien pensant », médiatique et politique, sociologique et « humanitariste », « altermondialiste » et « droits-de-l’hommiste », de gauche comme de droite, de prôner le « tout se vaut » en matière de culture et d’appeler à un « multiculturalisme » de notre société dont personne ne nous précise d’ailleurs ce dont il s’agit vraiment…

Aussi tous ces adeptes du politiquement et du sociétalement « correct » doivent-ils se réjouir de lire, sous la plume des journalistes du « Figaro », ce reportage où ces illuminés de leur religion exigent la reconnaissance, par la violence s’il le faut, de leurs spécificités…Mieux, ils souhaitent les imposer à la société toute entière ! Gageons que nos idiots utiles de la mixité des cultures et de la reconnaissance de l’identité des « autres » (car, pour ce qui est des « Français », il n’y a pas, nous disent-ils, d’identité particulière….) se réjouiront de telles résolutions et en favoriseront la réalisation…

Concrètement, de quoi est-il question dans cette « culture », cette « identité » revendiquées « haut et fort » par les personnes interviewées et celles faisant partie de « leur communauté »?….

D’abord, de ne pas reconnaître la loi générale élaborée démocratiquement par les citoyens de notre pays et régissant l’espace public, tout en imposant un communautarisme militant : la rue leur appartient, leur loi est la seule valable, les autres sont rejetés, violemment s’il le faut…la mosquée est le lieu du rassemblement et de l’exclusion. On peut penser que c’est pour cela qu’ils veulent en construire autant…ce qui a aussi l’avantage d’éloigner le « croyant » de la citoyenneté, concept ignoré, en fait, puisque tout doit s’organiser autour du « prophète » et de sa parole…

Puis refuser la diversité des opinions, des croyances, des options philosophiques, et interdire toute mise en cause, toute analyse, toute approche critique de ce qui doit s’imposer : le « texte sacré » « pur » et « dur »… tout en jetant l’opprobre (et en les menaçant des pires supplices)sur ceux qui osent « penser autrement » que ce que dit « la parole du prophète »…On ne saurait mieux nier le libre arbitre de chacun, la reconnaissance de l’individu jouissant de la liberté de conscience et de parole… On ne saurait mieux montrer son intolérance, son enfermement intellectuel, sa soumission idéologique qui tue toute expression de l’individualité.

Ajouter à ce refus discriminant les individus et les « catégorisant » (malheur à celui qui ne « croit » pas !) l’enfermement permanent de la femme et sa soumission totale à son mari. Enfermement dans l’espace privé (les femmes ne côtoient pas les hommes, elles parlent « les yeux baissés » à leur mari quand celui-ci leur en a donné l’autorisation, elles ne fréquentent pas les autres « hommes » même par le seul biais de la conversation…), enfermement dans leur costume particulier « chosifiant » (costume ignoré de « leur homme » qui aime bien se vêtir de « marques »…), enfermement dans le lieu de culte où elles restent « entre elles » ( la future méga-mosquée de Marseille a prévu une « mezzanine spécial femmes »…), enfermement dans leur « chez soi » car il n’est pas question de trouver son insertion et son épanouissement personnel dans un travail quelconque..

Etre humain de deuxième zone, la femme n’a même pas le droit de choisir l’époux qui la soumettra : pas question d’épouser en dehors de la « communauté des croyants », pas question d’user de la liberté d’aimer …On suppose que la « pureté » de la gent musulmane (radicale, dit l’article) passe par l’obligation de refuser toute mixité religieuse (on ne peut même pas ici évoquer l’athéisme…) et la certitude que celui qui « naît » musulman doit le rester toute sa vie…

Et remarquer enfin le rejet de l’école de la République, des valeurs du savoir, de tous les savoirs, d’apprentissage de la liberté d’être, d’ouverture à l’autre et à la citoyenneté qu’elle porte en elle ….pour lui opposer l’école coranique, lieu où l’on ânonne sans fin et sur tous les tons les « sourates de base », véritable imprégnation du cerveau qui n’est pas sans faire penser à la manière avec laquelle Huxley imagine la justification du découpage sociétal en catégories imperméables dans le « Meilleur des Mondes »…

Il faut bien avouer ici que l’organisation communautaire revendiquée par ces gens à l’intérieur même de l’espace sociétal laïque et démocratique qui fonde notre République est, pour le moins, régressive et nous ferait replonger « au temps bénit » des guerres de religion…Elle est aussi dangereuse car porteuse de tensions, d’agressivité, de rupture du « vivre ensemble »…Elle ne peut en aucun cas justifier une quelconque osmose avec ce qui fonde, justement, notre identité.

Car, n’en déplaise aux « salonards », prétendument spécialistes, qui occupent les colonnes du « Monde »ou de « Libération », il y a une « identité française » dont les caractéristiques et valeurs sont à l’opposé de ce que nous proposent (avant de nous l’imposer ?) les tenants de « l’islam radical » qui ressemble, d’ailleurs, très fort à l’islam « tout court ».

Et cette identité se construit, notamment, sur le socle de la laïcité dont les trois principes fondamentaux – liberté de conscience, égalité des options spirituelles ou philosophiques, universalité de la loi générale élaborée par tous pour s’imposer à tous à égalité de droits et de devoirs- alliés à la reconnaissance du libre arbitre de chacun et à l’égalité en droits de l’homme et de la femme, sont reconnus par notre peuple, dans sa globalité, comme intangibles et non négociables. Elle s’affirme dans la place réservée à la religion qui relève de l’espace privé de chacun sans pouvoir prétendre agir sur l’espace public. Et elle se concrétise dans une société organisée librement par chaque citoyen, par l’exercice de la loi démocratique élaborée dans le cadre d’une séparation stricte des églises et de l’Etat.

Cette laïcité que refusent les adeptes du salafisme (secte islamique puissante, conquérante, nous dit-on, en tous cas, plus dangereuse que l’Eglise de scientologie ou les Témoins de Jéhovah…) comme maints prosélytes de l’islam, comme nombre de simples pratiquants de cette religion.

Et il faudrait accepter de diluer l’universalité des valeurs de la laïcité dans l’étroite spécificité d’une religion et d’une culture dont ce reportage du « Figaro .fr » nous dévoile toute la nocivité et toute l’obsolescence ?

On tomberait alors « bien bas » et on ferait un bond de plusieurs siècles en arrière.

Robert Albarèdes

1 – http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/11/06/01016-20091106ARTFIG00587-enquete-sur-l-islam-radical-en-france-.php

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