La loi Jospin de 1985 préparait la dérobade de 1989

Publié le 9 novembre 2009 - par
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Chers amis,

C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai lu votre livre « les dessous du voile. »

Juste un point : lors des affaires de 1989, vous incriminez le conseil d’état qui, saisi par Lionel Jospin, a donné un avis défavorable à l’interdiction du port d’insignes religieux dans les établissements scolaires. Or, vous ne citez pas le passage de la loi d’orientation de 1985 (Lionel Jospin ministre de 88 à 92) qui a permis cette interprétation. On m’a rapporté les débats assez tendu qui ont eu lieu au sein du cabinet ministériel de l’époque.

http://dcalin.fr/textoff/loi_1989_mod.html#I

„Dans les collèges et les lycées, les élèves disposent, dans le respect du pluralisme et du principe de neutralité, de la liberté d’information et de la liberté d’expression. L’exercice de ces libertés ne peut porter atteinte aux activités d’enseignement. “

En effet, la laïcité n’est même pas citée, rien sur le port de signes religieux, jusqu’alors proscrits (implicitement) par la circulaire Jean Zay du 15 mai 1937.

http://www.premiumwanadoo.com/jeunes-laiques/modules.php?name=News&file=article&sid=6

« Ma circulaire du 31 décembre 1936 a attiré l’attention de l’administration et des chefs d’établissements sur la nécessité de maintenir l’enseignement public de tous les degrés à l’abri des propagandes politiques. Il va de soi que les mêmes prescriptions s’appliquent aux propagandes confessionnelles. L’enseignement public est laïque. Aucune forme de prosélytisme ne saurait être admise dans les établissements. Je vous demande d’y veiller avec une fermeté sans défaillance. »

Jean Zay

La loi Jospin de 1985, qui supplante bien entendu toute circulaire antérieure, ne parlait que de liberté et de neutralité. Déjà à l’époque, on assistait à un amalgame abusif entre laïcité et tolérance, l’état se contentant d’être « neutre. » C’est la conception de la séparation des églises et de l’État telle qu’elle est faussement présentée dans le projet de loi socialiste de 1986 : « la République ne reconnaît ni ne privilégie aucun culte » alors que son énoncé exact est : « la République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte » (suivi de l’exception pour les aumôneries), ce qui, on en conviendra, n’a pas la même signification ni les mêmes conséquences.

Daniel Cabuzel

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