Les dérives du Mrap National dénoncées par des militants de base

Après avoir demandé la démission de M Mouloud Anouit président du Mrap, le groupe dissident minoritaire affirme de plus en plus souvent ses désaccords avec le bureau national. Comme l’indique le Mrap des Landes : « Nous sommes souvent interpellés au sujet de déclaration de représentants nationaux du Mrap qui remettent en cause la laïcité. »
Il faut savoir que le MRAP fédère plus d’une centaine de comités en France, chacun à son autonomie propre. La fédération des Landes ne veut pas, dans son action renoncer, et c’est tout à son honneur, : « à la laïcité et aux droits des femmes menacés par les pressions obscurantistes ».
Elle a donc condamné, il y a quelque temps, la position du président M Aounit qui approuvait les horaires communautaristes de piscine.

Au sein du Mrap il y a des temps forts comme, la semaine de l’éducation contre le racisme qui permet de diffuser un message pédagogique humaniste et universel. A propos de cette semaine d’action, le Mrap de Montpellier et d’autres fédérations dont celles des Landes et des Bouches du Rhône, dénoncent gravement des décisions du bureau. Le Communiqué de ces groupes minoritaires est précis et accuse: « Les quatre personnes à qui la direction nationale confie le soin « d’aider à produire un outil pour les militant(e)s qui vont sur le terrain dans le cadre de l’éducation à la citoyenneté, notamment auprès des jeunes !», sont quatre militants liés à la mouvance « Indigènes de la République » et aux secteurs de l’islam politique. On notera que si ces intervenants répondent au critère de parité, il s’agit dans le cas présent d’une parité exclusivement voilée. Alors qu’il s’agit d’une journée de formation à vocation éducative contre le racisme, le MRAP national, avec ce type d’intervenants, se soumet au communautarisme religieux le plus caricatural ».

On ne peut qu’approuver les militants de base qui reconnaissent et dénoncent la prise en mains par les communautaristes religieux du bureau national du Mrap. La militante voilée, les dérange comme elle a dérangé aussi Fanny, qui, elle, lui a demandé d’ôter son voile. On connaît la suite.

Dans son livre : Grandeur et misère de l’antiracisme. Le MRAP est-il dépassé* ? M. Maurice Winnykamen fait une remarquable analyse de ce mouvement.
Jeune juif caché dans la montagne pendant la guerre, conscient de la valeur du M N C R (mouvement national contre le racisme), crée pour venir en aide aux familles juives, il rejoindra avec enthousiasme le mouvement du MRAP crée par les anciens du MNCR.

Au départ le Mrap signifiait Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et pour la Paix. M Winnykamen regrette que l’appellation se soit transformée en 1977 en Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples, et que le mot « antisémitisme » ait disparu.
Il regrette que : « le MRAP ait évolué dans le mauvais sens et se préoccupe, aujourd’hui, davantage de l’Islam que des Maghrébins, des Africains et des juifs en qualité de personne. »

Il pose la question : « Comment un président du Mrap peut-il s’afficher dans les forums sociaux au côté de Tariq Ramadan ?». Rappelons que sur la lapidation des femmes M Ramadan n’a envisagé qu’un moratoire !
Il trouve juste la défense de la laïcité face aux fondamentalismes religieux et ne confond pas cette action là avec le racisme. Ce bon livre dont l’écriture s’est terminée en février 2006 interpelle les militants sincères. En dénonçant les agissements du bureau national et la collusion avec l’Islam politique, les comités locaux, rejoignent les critiques que fait M. Winnykamen et ouvrent la voie pour une vraie discussion.

Il faut continuer à lutter contre le racisme. Les fédérations locales ne pourront pas toujours se contenter de « rattraper » les propos de leur président qui discréditent souvent leur mouvement. Il sera, sans doute nécessaire que le Président, laisse la place à quelqu’un d’autre.

*A lire aux Editions Tribord.

Chantal Crabère

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