Les yeux grands fermés, l’immigration en France, de Michèle Tribalat

Publié le 26 mars 2010 - par - 1 066 vues
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Michèle Tribalat n’est pas une inconnue, pour les lecteurs de Riposte Laïque. Dans une interview accordée à notre journal, le 27 janvier 2009, cette démographe expliquait les risques, dans un milieu fortement marqué par le politiquement correct, de sortir des sentiers battus.

http://www.ripostelaique.com/Michele-Tribalat-demographe-auteur.html

Elle expliquait : « Les sciences sociales sont en France terriblement propices au politiquement correct. Mais la sphère politique est très largement touchée elle aussi, ce qui ne fait qu’encourager les sciences sociales à poursuivre dans cette voie. Sur la question de l’immigration, c’est encore plus marqué. Il faut prendre parti absolument. Si vos travaux n’entrent pas dans le champ de la polarisation idéologique, ils sont jugés sans intérêt. Aucun écho. S’ils y entrent et qu’ils ne donnent pas les gages suffisants à la défense de l’immigration, des immigrés, de la diversité etc., ils sont dénigrés, balayés ou tout simplement ignorés. C’est un fonctionnement soviétique où l’on ne risque, il est vrai, que sa réputation. Les dégâts en termes de connaissance sont terribles. Mais paradoxalement, c’est la connaissance qui, aujourd’hui, détient un véritable pouvoir subversif. »

Dans un ouvrage très technique, l’auteur se permet pourtant d’oser s’interroger sur quelques discours dominants, sur l’immigration. A-t-elle un effet positif sur l’économie ? Favorise-t-elle la croissance ? Est-il indispensable pour payer les retraites ? Se justifie-t-elle par le fait que les Français refusent d’occuper certains emplois, pourtant disponibles ? Quel impact sur les peuplements des territoires français ? Quels bouleversements amène-t-elle ?

Elle note les méthodes de calcul discutables de l’Insee, qui ont eu comme conséquences de minorer le phénomène migratoire et d’en cacher la réalité à l’opinion.

Elle remarque que ces débats, rendus impossibles en France, par la pression de certaines ONG et l’amalgame au racisme, ont lieu dans d’autres pays, notamment aux Etats-Unis, et que les réponses ne correspondent pas toujours à ce que nous disent nos journaux.

L’auteur remarque également, fait inquiétant, que les Etats ont de moins en moins de marges de manoeuvre, confrontés à la politique de l’Union européenne, sur cette question.

Elle s’en prend assez vivement à la Cimade et au Gisti, qui justifient une politique de libre immigration, en pensant combattre le libéralisme, alors que certains libéraux ne cachent pas leur intérêt pour une telle politique, par la pression sur les salaires qu’elle permet d’exercer.

Michèle Tribalat a cette phrase terrible, en conclusion de son ouvrage : « Elles (les ONG) doivent assumer que leur idéal passe avant le bien-être des Français, et plus largement avant celui des habitants de la France. Que la détresse qu’elles veulent secourir nécessite la mise de côté des intérêts de ces derniers, lesquels se trouveraient ainsi dessaisis de leur pourvoir d’influer et de décider de l’avenir de leur pays. Dans une telle utopie, l’Etat est supposé mettre à sur un pied d’égalité ses propres citoyens et les étrangers auxquels il a apporté sa protection d’une part et tout candidat à l’immigration, d’autre part En somme, devenir un gestionnaire, parmi d’autres, de la population de la planète entière ».

Tout n’est-il pas dit ? Le débat sur l’immigration ne peut se limiter à une affaire de bons sentiments, encore moins dans une période de chômage de masse.

Martine Chapouton

Les yeux grands fermés, l’immigration en France, éditions Denoël, 222 pages, 19 euros

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