Lettre ouverte aux « révolutionnaires » qui n’ont rien compris à l’intégrisme islamique!

Publié le 9 novembre 2009 - par - 983 vues
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Je n’étais nullement surpris ni déçu par votre lecture mesquine de mon livre «l’impasse islamique, la religion contre la vie ». Au contraire cela me
réjouit car vos réactions confirment tout simplement ce que j’ai toujours pensé : l’islamisation est bien en marche, la culpabilité à son zénith.
En lisant vos commentaires sur le livre, j’ai compris l’utilité d’un certain livre paru dernièrement en France « Comment parler des livres que l’on n’a pas lu ?» Aux jeux olympiques de la repentance, de la courbette et de la mauvaise foi, vous serez, messieurs, médailles d’or.

L’un des vôtres, un certain plumitif qui ne mérite pas d’être cité ici, pousse le ridicule jusqu’au point mort de la réflexion. Guidé par son aveuglement volontaire, il a trouvé de l’islamophobie et du racisme dans mon texte et la préface de Michel Onfray. Pire encore, ni l’objectivité, ni le bon sens, ni le respect de l’intelligence de ses lecteurs virtuels, ne l’ont empêché d’essayer de comparer le philosophe à un triste personnage de l’extrême droite.

La honte est un sentiment révolutionnaire selon Marx. Si vous n’avez pas honte, faites ce que vous voulez ! dit un proverbe arabe. Sans la moindre
honte, vous osez accuser le philosophe, de gaulliste de gauche et de défenseur de l’Occident. Voilà l’Occident que défend Michel Onfray et tout
homme de bon sens, il écrivait dans la préface : « L’auteur nomme un chat un chat et dit clairement ce que toute intelligence bien faite devrait
affirmer haut et clair : l’islam est intrinsèquement incompatible avec les valeurs de l’Occident qui sont : l’égalité entre les hommes et les femmes ,
l’égalité entre les croyants et les non-croyants l’égalité entre les mode de vie sexuels , l’égalité entre les peuples …» En tout cas, je préfère avoir tout faux avec l’Athéologue, Michel Onfray que raison avec vous !

Vous êtes trop gâtés pour être révolutionnaires, comme ne cesse de répéter un vrai vieux trotskiste algérien. Dialoguer oui, mais les leçons, il faut avoir une vraie vie pour pouvoir prétendre les donner. Militer en Occident que vous détestez ne vous coûte presque rien. La lutte, dites-vous ! Si vous jetez un coup d’œil ailleurs où « ça se passe » vraiment, loin de vos paradis révolutionnaires, vous changeriez peut être, votre regard trompé dans une culpabilité cultivée malicieusement par les islamistes de France et de Navarre.

Ce porte-plume va plus loin dans sa lecture tordue du livre, il a même trouvé sous ma plume un hommage rendu à Bourguiba ! Sans aucun
commentaire voici les deux évocations du feu président tunisien dans le livre : «Séparer le religieux du profane, élire librement ses représentants, la liberté de conscience, en un mot être libre, ne sont plus une culture d’un pays ou d’un autre. Ils sont aujourd’hui des principes universels. Des valeurs transnationales. Illogique cette attitude qui veut s’adapter progressivement avec la logique. Quel serait, aujourd’hui, le destin de la Tunisie si le président Bourguiba n’avait pas pris l’initiative de faire bouger les choses dès l’Indépendance ? Il a eu le courage d’affronter la réalité. Il n’a pas attendu l’évolution des mentalités pour abolir les tribunaux religieux et transférer leurs compétences aux tribunaux modernes. Le 13 juillet 1956, juste après l’Indépendance, il a promulgué le code du statut personnel. Ce dernier a supprimé la polygamie, interdit la répudiation, instauré le divorce judiciaire. » p. 56

Ainsi que:

« La sclérose du monde musulman est due à l’absence flagrante d’hommes comme Bourguiba et Mustapha Kemal. Du XIIe jusqu’au XX siècle, l’islam n’a donné aucun « despote éclairé ». Les autres pays de l’islam perdront beaucoup de temps par rapport à la Tunisie et à la Turquie : les transformations radicales ne s’opèrent que rarement dans des régimes politiques démocratiques. Les masses exigent l’application de la charia ! Le parlement koweïtien n’avait-il pas repoussé pendant sept ans une loi permettant aux femmes de participer aux élections, proposée par le gouvernement ! Paradoxalement, les avancées radicales ont été menées en Occident par des Napoléon, Bismarck, etc. Est-il nécessaire de rappeler que le Japon n’a réussi que grâce à une technocratie étatique hautement compétente ?» p.156

Je n’y suis pour rien si le Robin des bois de Politis ne distingue pas entre un constat explicatif et un hommage. L’un des deux passages vous a
fortement inspiré à un point où je suis devenu un supporter fanatique d’hommes providentiels tels Bourguiba et Atatürk ! Avez-vous lu le livre ou avez-vous succombé à vos préjugés, selon lesquels les arabes rêvent toujours d’un calife, d’un messie ?

Quant à vous, les masturbateurs révolutionnaires, le titre de votre commentaire « l’impasse islamophobe », résume à lui seul votre errance mentale et conceptuelle. Vous devrez trouver une alternative à votre infantilisme chronique et à votre mauvaise foi. Vous avancez que je fais l’éloge de l’Occident ! Non seulement cela, mais je vous vous fais une confidence : celui qui n’aime pas l’Occident est un cas psychiatrique. L’Occident dont il s’agit messieurs, ce n’est pas une aire géographique comme vous croyez, mais une aire socioculturelle. Voilà ce que vous n’avez pas voulu lire dans le texte. Vous avez trouvé dans le livre un Occident fantasmé ! Non on ne fantasme pas de l’autre côté de la méditerranée, comme certains de vous fantasment sur L’Orient et ses harems, sur un Islam qui pourrait détruire le capitalisme ! Nous, nous construisons notre liberté contre vents et marées.

Voilà un extrait, le lecteur jugera : « Nul relativisme culturel ne peut justifier l’idée selon laquelle la démocratie, les droits de l’homme, l’humanité de la femme, le droit de disposer de son corps, se masturber, croire ou ne pas croire au bon dieu, changer de religion, ne pas en avoir, seraient des valeurs exclusivement occidentales. Simples évidences « bien connues », des notions qui devraient être acceptées sans justifications, pour utiliser les mots de Hegel. Il n’y a pas de droits de l’homme sénégalais ou anglais. Il n’y a que de droits de l’Homme. Ces droits ne sont ni créés par le législateur, ni octroyés par lui au citoyen, mais existent de plein droit, doivent de tout temps être respectés par le législateur et lui préexistent en tant que valeurs suprêmes. » pp. 24/ 25

Vous ne pourrez pas comprendre l’essence du fait religieux, pour une simple raison, c’est que l’Europe est sortie du religieux depuis trois siècles ! Savez vous que la religion est le plus important « désamorceur » de la force révolutionnaire des individus, messieurs les révolutionnaires !
Dans le livre, j’ai essayé de remettre en cause la problématique chronique qui freine la pensée arabe contemporaine: comment concilier le patrimoine islamique et la modernité ? J’ai utilisé, peut être, un langage direct dont vous n’avez pas l’habitude. Que voulez-vous ? Je viens de du Bled, un blédard. J’ai constaté de mes propres yeux les ruines de la modernité encore bébé que la religion devenue folle a laissé fumante après son passage.

Je ne sais où vous avez déniché dans le livre, ce que vous avez élégamment appelé un ‘racisme anti-immigré’ ? L’objet du livre n’a rien à voir avec l’islam de France ou l’islam en France. Mais ça ne m’étonne pas, pour vous, tout part de votre quartier et à lui, tout revient. Vous êtes le centre du monde !

Vous évoquez le racisme quand vous ne savez plus expliquer, quand le réel vous échappe. Rangez votre antiracisme à deux sous! Est-il raciste un
arabe qui refuse l’obscurantisme religieux et politique, qui défend la liberté de conscience, l’humanité de la femme, l’Etat de Droit…? Des questions qu’on pratiquait librement en Algérie depuis le lycée. Désolé, vous avez 40 ans de retard à rattraper. Mais excusez-moi, selon vous un arabe normalement constitué est automatiquement un musulman pratiquant, un type qui doit fermer sa gueule, qui ne devrait ni philosopher ni traiter des sujets brûlants. Quand les islamistes eux-mêmes revendiquaient les massacres qu’ils commettaient en Algérie dans les années 90. Et au moment où les victimes confirmaient leurs dires. Vous chantiez indécemment votre hymne scandaleux « Qui tue qui ? »
Mais, l’erreur est presque humaine ! Le dieu, Michel Foucault lui-même n’avait-il pas été bluffé par la «révolution islamique» en Iran ? N’espérait-il pas trouver chez l’imam Khomeiny ce qu’il ne trouvait pas en Europe : la spiritualisation de la politique ! Tout cela au moment où des étudiants de
première année à Alger, n’avait aucun doute sur la nature fasciste de cette prétendue révolution. Je crains que vous soyez dans la même position vis-à-vis de l’islam et son intégrisme.

Vous croyez que nous ne sommes mûrs ni pour la laïcité ni pour la démocratie et encore moins pour l’athéisme ! Des colonisés à perpétuité quoi ! Vous êtes heureux que le christianisme soit évacué hors de la sphère publique. Vous criez sur tous les toits qu’il est archaïque, incompatible avec la vie d’aujourd’hui et vous avez raison. Mais vous n’avez aucun droit paternaliste de nous conseiller à réinterpréter l’islam pour qu’il s’adapte à la vie moderne. Deux poids, deux mesures ! La religion est mauvaise pour vous, elle est bonne pour nous ! Si on critique le christianisme, c’est tout à fait normal pour vous, on critique l’irrationnel, l’infâme même. La liberté d’expression quoi ! Mais, si on
touche à l’islam, tout change. Enfin tout tremble ! Dans ce cas, on ne critiquerait pas l’irrationnel, mais la culture islamique et les musulmans ! Et ainsi on n’est plus rationaliste à vos yeux mais raciste. Manger du curé : oui. Manger de l’imam : non. Dans un pays gastronomique comme la France, on devrait varier les plats. Pour la bonne santé de la république.
Dans un pays où on a le droit de critiquer toutes les religions. Ne pas critiquer l’islam, c’est ne pas respecter les musulmans. Les mettre à part. Les considérer comme voisins et non comme citoyens à part entière !
Voulez-vous messieurs les antiracistes nous voir assouvir éternellement vos appétits exotiques. Non, mes amis les femmes d’Alger ne sont plus
dans leur appartement comme peignât Delacroix en 1834 ! ‘Le Bon Sens’ d’Holbach, ‘La servitude volontaire’ de la Béotie, ‘La psychologie de masses du fascisme’ de Wilhelm Reich, …existent en Arabe depuis belle lurette. Et même ‘Ecoute, petit homme !’ Ecoutez, entre nous et ne le dites à personne : « L’esprit de Voltaire a soufflé sur nous aussi ! » Ah Voltaire, si vous voyiez cette léthargie complaisante ! Les temps sont mauvais, il y a de quoi vous faire retourner dans votre tombe !

Tout le monde sait que vos intérêts se rencontrent avec les tenants d’une victimisation rampante. Vous avez un fonds de commerce commun, et
quand deux fonds de commerces se rencontrent, il n’y a de place ni à l’objectivité ni à la laïcité. Polémiquer, aller contre les thèses des uns et des autres. Critiquer la lecture de Malek Chebel de l’islam, d’Abdelwahab Meddeb, Leila Babes, Mohamed Arkoun, Gilles kepel ou Olivier le Roy…Souligner l’idéologie intégriste des associations islamiques en France … Est-ce cela me rapprocherait du front national? Suis-je raciste si je refuse d’être soigné par un médecin musulman qui ne croit pas à la médecine ? Qui croit que c’est Allah tout seul qui guérit et l’exprime ouvertement. (Voir p. 64)

Vous confondez délibérément la liberté culturelle et le conservatisme culturel. Ecrire ce qui suit, est-ce cela insulter les pauvres musulmans de France? « Dans la mosquée, les textes religieux sont « sacrés ». Mais quelle que soit leur sacralité, ils deviennent des idées quand ils s’aventurent hors de leur terrain légitime. Et la critique radicale doit s’appliquer évidemment à toutes les idées. En tant qu’individu, le croyant mérite tout le respect dans une démocratie. Mais, la liberté d’opinion implique que les appareils idéologiques qui servent de référence à la croyance soient soumis à la raison critique. » p.40
Vous cherchez des poux là où il n’y en a pas. Ne creusez pas trop, vous risquez de ne plus remonter ! Vos lâches et hallucinantes interprétations
trouvent dans les vraies pages du livre les démentis les plus cinglants.
De quel droit, regardez-vous les arabes comme des êtres à essence religieuse, musulmans et rien d’autre.

Pour des raisons évidentes, je suis heureux de ne pas avoir écrit le livre que vous aurez aimé lire. Beaucoup parmi vous ont insisté sur le timing du livre. Ce n’est pas le moment dites-vous ! Le livre pourrait donner des arguments supplémentaires au Front National et à Sarkozy contre les immigrés musulmans !

A chacun sa philosophie dans la vie. Réglez votre vie au rythme de Le Pen ou autre. Pas moi. Ecrire est parfois être irresponsable, c’est-à-dire dire
être franc et sincère, voire naïf. Penser, ce n’est rien messieurs ; c’est juste essayer de faire échec à la peur. Ne faites pas attention à l’intégrisme islamique ! Vous verrez : on s’y habitue très vite ! Et surtout, faites attention à ce que vous exigez ailleurs, vous pourriez l’obtenir chez vous. Sartre disait en 1948, que le nazisme était quotidien pendant l’occupation. Un jour l’intégrisme sera battu car l’histoire dément toujours les illusions. Et vous diriez comme Sartre que l’intégrisme était quotidien. Et quand vos enfants vous demanderont : que faisiez-vous pendant l’intégrisme ? Vous répondrez comme lui : nous avions vécu ! Plus grave encore certains chuchotaient après la libération : « Après tout, les ‘Allemands’ étaient corrects. » Ils étaient comme prêts à accepter l’inacceptable. Je crains que certains soient prêts à accepter le
fascisme vert, abdiquer leur liberté pour avoir la paix. Mais attention, vous perdez et la liberté et la paix !

En pleine révolution algérienne, le grand Kateb Yacine déclarait qu’il écrivait en français pour dire aux français qu’il n’était pas français. J’ai envie de vous dire que j’ai écrit en français, une fois n’est pas coutume, pour vous dire en français que nous ne sommes pas ce que vous croyez : des religieux chroniques, des êtres théologiques à plein temps.
Ce qui apparaît naturel, ne le prenez pas comme naturel (Brecht) ! L’islamisme n’est pas ce que vous croyez ! Ne mélangez surtout pas l’espoir et le savoir. Vous avez le droit de croire à ce que vous voulez, mais la croyance forte, comme nous dit Nietzsche, ne prouve que sa force, non la vérité de ce qu’on croit. Un islam sans prosélytisme, sans charia, sans Etat islamique, ce n’est plus l’islam… Ouvrez le Coran, vous serez bien servis !

Puisque vous vous autoproclamez porte-paroles de l’islam en France. Ouvrons le débat sereinement. Pour vous éviter l’appareillage théorique tissé par les islamologues, qui vous ont rendu aveugles, je vous prête quelques questions pratiques. Veuillez demander à vos frères de lutte islamistes des réponses claires pour lever tout malentendu :
Quels sont les droits de la femme dans la future société communautarisée qu’ils prônent ? Comment règlent-ils le problème de l’apostasie imposée
par l’islam? Que feront-ils dans le cas où la constitution se contredit avec la charia? Permettraient-ils à une musulmane d’épouser un non musulman
même si l’islam l’interdit formellement ? Une directive européenne ordonne d’insensibiliser l’animal avant de le tuer, l’islam ordonne que la bête soit égorgée en plein possession de ses moyens. Que feront-ils pour que leurs pratiques d’abattage ne se heurtent pas aux règles juridiques européennes ? Seront-ils d’accord pour que d’autres humains non musulmans puissent visiter ou vivre dans la région de la Mecque, chose formellement interdite aux non musulmans ? Ce qui est légal peut être illicite (charia), et ce qui est licite peut être illégal. Que suivent-ils alors ! La loi ou la foi? …

Dans son ‘Pour en finir avec le jugement de dieu’, Antonin Artaud, écrivait : « Je chie sur la croix» et « Je renie mon baptême.»
Personne ne l’avait menacé de mort. Pour moins que ça, le réalisateur Théo Van Gogh a été assassiné par un islamiste à Amsterdam !

Un jour le pourquoi s’élève, disait Albert camus.

Messieurs les islamo-gauchistes, jusqu’à quand pouvez-vous retarder l’échéance ? N’est-il pas temps de reconnaître que la modernité est la seule force qui puisse arracher l’être humain à son destin préconçu ?!


Hamid zanaz

L’impasse islamique

La religion cotre la vie

Préface de Michel Onfray

Editions libertaire ,2009, 13 euros

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