M. Attali, comment osez-vous nier la montée de l’antisémitisme en France ?

Publié le 26 octobre 2009 - par - 441 vues
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Parmi les sujets qui me préoccupent, je suis particulièrement attentive à celui de la montée en puissance d’une conception fanatique de l’islam, à l’origine de la propagation à l’échelle planétaire de pratiques barbares que chaque humaniste souhaiterait voir éradiquées à jamais (rapts, tortures, décapitations filmées et diffusées dans le monde entier, lapidations….) d’une part, d’attentats terroristes les plus meurtriers que l’Histoire de l’Humanité ait jamais connus. Je pense notamment ici aux attentats du 11 septembre 2001 qui ont provoqué l’effondrement des deux tours du World Trade Center à New York. Attentats qui causent, comme chacun le sait, la mort de civils innocents partout dans le monde, quelles que soient leurs convictions philosophiques, leur couleur de peau, leur appartenance ethnique, leur origine sociale, leur religion ; qu’ils soient du reste croyants ou pas.

Conception fanatique de l’islam à l’origine, par voie de conséquence, également d’une propagande antisémite et antisioniste véhiculée également à l’échelle mondiale, d’actes antisémites visant principalement les personnes physiques, les biens matériels, les édifices religieux.

Alors, me direz-vous, Monsieur Attali : quel est le lien entre le thème d’emblée abordé en introduction de mon article et la France ? Le lien est celui de l’interview que vous avez accordée au quotidien israélien Haaretz, le 16.10.09.

En effet, la montée d’un islam radical inquiète, parfois angoisse à juste titre nombre de républicains et démocrates convaincus en France, croyants ou pas. Elle inquiète de fait nombre de Juifs de France et dans le monde. Qu’ils soient croyants ou pas, de religion juive ou pas.
La France n’étant pas une île perdue au milieu de l’Océan Pacifique, à l’abri des effets pervers et des pratiques criminelles de l’idéologie djihadiste qui se développe au sein même de nombreux quartiers situés en France, j’imagine que vous comprendrez aisément, Monsieur Attali, que les Juifs de France se soient sentis agressés, voire humiliés par vos récentes déclarations.

Les tortures et le meurtre d’Ilan Halimi sont, hélas, la preuve irréfutable des manifestations criminelles de l’idéologie djihadiste qui se développe sur le sol français. J’ajoute que dans l’Affaire Halimi, le Procureur de la République Jean Claude Marin avait lui-même eu le courage de préciser que les ravisseurs d’Ilan Halimi s’étaient en fait inspirés de « scènes connues par ailleurs », faisant allusion aux rapts d’Occidentaux par les terroristes d’Al-Qaïda en Irak, confirmant ainsi de fait clairement qu’Ilan Halimi avait été kidnappé puis torturé et tué non par une bande de petits caïds de banlieue mais hélas par un  » gang de barbares  » adepte de l’idéologie du Djihad.

Devant le rappel de faits de cette extrême gravité survenus en France, précédés par ailleurs trois ans auparavant, ne l’oublions pas, du crime antisémite de Sébastien Selam dans la nuit du 19.11.03 au 20.11.03, je veux vous dire, Monsieur Attali, que votre appréciation du dossier Halimi est pour le moins choquante, voire déplacée :

« La mère d’Ilan Halimi m’a dit que la raison pour laquelle son fils avait été tué, c’était parce que personne ne croit qu’il y a de l’antisémitisme dans les banlieues. Je la respecte, je ne veux pas faire de commentaire sur ce qu’elle a dit alors qu’elle a de la peine. »

Sur ce dossier, vous vous êtes réfugié derrière la souffrance d’une mère de famille alors qu’il y a en réalité la souffrance d’une mère de famille à laquelle s’ajoute celle de toute une famille en deuil d’une part mais également celle de nombreux amis et anonymes. D’autre part, vous avez soigneusement éludé la question de la montée de l’antisémitisme en France ainsi que la réalité de ce que vit nombre de concitoyens dans nos banlieues, Juifs ou pas du reste.

J’eus préféré vous entendre alors avoir le courage, Monsieur Attali, d’oser dire ce que Jean-Claude Marin a su révéler en son temps mais que la presse française a, semble-t-il, pris soin de ne pas ébruiter. Hélas, vous n’avez pas eu le courage d’un Jean-Claude Marin sur le dossier Halimi. Je le déplore.

Et comment ensuite ne pas être révolté en vous lisant, Monsieur Attali, lorsque vous affirmez sans éprouver le moindre malaise, ce 16.10.09 : « L’antisémitisme n’est pas un problème au niveau national. C’est un mensonge. Je pense qu’il s’agit de propagande, de propagande israélienne. » ?

A titre personnel, je doute que les autorités israéliennes aient beaucoup apprécié tant la nature que la portée de vos propos.
Plus grave encore : en parlant de « propagande israélienne », vous laissez délibérément s’installer dans l’esprit des opinions publiques que l’antisémitisme et l’antisionisme éhontés qui se répandent dans certain quartiers de France depuis maintenant un certain nombre d’années seraient en quelque sorte uniquement le fruit d’une politique de communication habilement menée par les autorités israéliennes.

Ce que vous avez déclaré là est gravissime, lourd de conséquences, Monsieur Attali, et ne contribuera en fin de compte qu’à encourager davantage encore la diffusion d’une propagande antisémite et antisioniste, notamment sur le Web. Tant en France que dans le monde.

Pour ma part, je préfère vous contredire en procédant à l’analyse objective de faits et non en me basant sur des déclarations dépourvues de preuves et donc dénuées de tout fondement sérieux.

1. Le discours du Premier ministre de l’Etat d’Israël, Monsieur Netanyahu, le 24.09.09 à la tribune de l’O.N.U :

« L’Histoire nous a montré, à maintes reprises, que ce qui commence par des attaques contre les Juifs se termine finalement par l’engloutissement de beaucoup d’autres. »

Certes, Benyamin Netanyahu se référait alors à la menace que représente l’Hitler musulman qui sévit actuellement à la tête de l’Iran, non seulement pour Israël mais également pour toutes les démocraties de ce monde.

Pour autant, j’ai l’intime conviction que la phrase de Monsieur Netanyahu, a une portée plus générale. Historiquement parlant en effet, l’examen des faits démontre que l’on commence par s’attaquer aux Juifs pour ensuite s’attaquer aux artistes, aux femmes et aux enfants, aux opposants politiques, aux homosexuels, aux francs-maçons, et puis finalement à tous les esprits libres qui n’abdiquent pas dès qu’apparaît la première difficulté dans la recherche inlassable de la vérité. D’une vérité fondée sur des preuves indiscutables, rationnelle et rigoureuse.

Dans le cadre de la recherche de la vérité, prenons l’exemple du combat mené depuis plusieurs années par Monsieur Karsenty, fondateur de Media Ratings, dans l’Affaire Al-Doura.

2. L’Affaire Al-Doura :

Le 15.09.09, l’Association France Israël recevait Monsieur Philippe Karsenty venu donner une conférence sur l’Affaire Al-Doura.
Concernant l’Affaire Al-Doura, je ne vais pas ici répéter des faits que vous connaissez par ailleurs parfaitement bien, Monsieur Attali. Simplement, je me permets en toute humilité, de vous interpeller sur l’Affaire Al-Doura et ce au regard de ce que vous avez déclaré dans l’interview donnée au quotidien Haaretz :

 Dans l’interview du 05.10.09 publiée sur le site de Riposte Laïque, Monsieur Karsenty rappelle à juste titre quelles furent les conséquences directes en France et dans le monde de la diffusion, le 30.09.00, du reportage de France 2 sur l’Affaire Al-Doura :

« Dès le lendemain de la diffusion de ces images, les remarques et les actes antisémites ont explosé en France comme partout dans le monde : le mythe médiéval du Juif tueur d’enfants est soudainement réapparu.
Une semaine après la diffusion des images de France 2, des gens criaient  » Mort aux Juifs  » dans les rues de Paris. Le monde arabe a exploité cette image au point d’en faire l’icône antisémite planétaire, même dans les pays qui apparaissent modérés. Vous avez des timbres, des rues, des écoles ou des monuments dédiés à Mohamed Al-Doura dans des pays comme la Tunisie, la Jordanie, l’Egypte mais aussi le Mali !
Daniel Pearl, le journaliste du Wall Street journal, a été égorgé pour venger Mohamed Al-Doura. Cela est très explicite dans la vidéo de propagande diffusée par les terroristes pakistanais qui l’ont assassiné. »

A partir de là, affirmeriez-vous encore, Monsieur Attali, que :

 L’antisémitisme en France est  » un mensonge, un pur mensonge … un problème non existant  » ?

 L’atmosphère antisémite qui règne en France est le fruit d’une  » propagande israélienne  » ?

Par ailleurs, je rappelle que l’explosion de manifestations antisémites constatées dans le monde depuis la diffusion du reportage de France 2 sur l’Affaire Al-Doura, se poursuit en 2009, soit neuf ans après les faits, et se constate encore chaque jour de nos vies.

A titre d’exemple, je ne vous cite ici que l’exemple des caricatures publiées sur le site du Collectif Urgence Palestine et signées par le dessinateur Latuff, révélées par la CICAD le 08.07.09, une association qui a pour missions de :

– lutter contre toutes les formes d’antisémitisme.

– veiller à l’application de la législation suisse contre le racisme.

– préserver la mémoire de la Shoah.

– défendre l’image d’Israël lorsqu’elle est diffamée.

Je vous laisse, Monsieur Attali, constater les faits par vous-même :

Qui parviendra à me prouver qu’il n’existe aucun lien entre la diffusion du reportage de France 2 de septembre 2000 et la diffusion de ces caricatures antisémites ?

De mémoire du reste, je n’ai pas souvenir, avoir entendu un seul journal télévisé en France dénoncer l’affaire des caricatures antisémites publiées sur le site Collectif Urgence Palestine depuis le mois de juillet 2009 ….. là où l’affaire des caricatures de Mahomet avaient, à l’inverse, provoqué un tsunami à l’échelle planétaire. Faut-il donc en conclure, pire faudrait-il en vérité accepter l’idée selon laquelle il serait interdit de caricaturer Mahomet mais en revanche  » légitime  » de diffuser des caricatures à caractère antisémite dans le monde entier et donc en France y compris, le Web étant accessible à tous ? Le silence de nombre d’autorités et de gouvernements sur cette affaire laisse pour le moins perplexe !

Poursuivons plus avant désormais l’étude de l’interview que vous avez donnée le 16.10.09 au quotidien israélien Haaretz, Monsieur Attali :

a) La négation de l’existence de l’antisémitisme en France :

« N’y a-t-il pas de problème d’antisémitisme en France ?

 » Zéro : Absolument aucun. C’est un mensonge. Il y a quelques antisémites bien connus. Mais cela ne constitue pas un problème au niveau national.  » »

Zéro, absolument aucun problème d’antisémitisme en France ?

Confrontons donc vos déclarations, Monsieur Attali, à la rigoureuse réalité des chiffres. Le site de l’Union des Patrons et des Professionnels Juifs de France s’est permis de faire récemment, à juste titre, une piqûre de rappel à ce sujet :

« – L’évolution des violences et menaces antisémites en France depuis 1998.

Années Total des actes (actions et menaces antisémites)

1998 : 81
1999 : 82
2000 : 744
2001 : 219
2002 : 936
2003 : 601
2004 : 974
2005 : 508
2006 : 571
2007 : 402
2008 : 397

– Répartition par type d’action en 2008 :

. Violences et voies de fait : 61%
. Incendies : 1%
. Dégradations : 38%

– Répartition par type de menaces en 2008 :

. Propos antisémites : 35%
. Tracts et courriers : 6%
. Inscriptions : 49%

[Source : Rapport de la Commission nationale consultative des Droits de l’Homme, année 1998, ED- La Documentation française, p.40.]

– Actions antisémites répertoriées sur le territoire Français du 1er janvier 2009 au 31 mai 2009 :

. Homicide ou tentative : 0
. Violence : 50
. Attentat ou tentative : 0
. Incendie ou Tentative : 11
. Dégradation/ Vandalisme : 40

Total : 101

– Menaces :

. Propos, geste menaçant et démonstration injurieuse : 144
. Tracts et courrier : 46
. Inscription : 282

Total : 472

Total général : 573

[Sources : Service de Protection de la Communauté Juive et Ministère de l’Intérieur.]

Marc Knobel

CRIF

Mis en ligne le 22.10.09 par M. Macina sur le site upjf.org »

Monsieur Attali, après avoir procédé à une lecture attentive de ces chiffres dont les sources ne sont pas contestables, je souhaiterais savoir à combien vous estimez désormais le nombre des  » quelques  » antisémites en France ? Dix ? Cinquante ? Cent ? Mille ? Quelques milliers ?

Seriez-vous prêt, Monsieur Attali, à réviser vos déclarations du 16.10.09 sur ce point ?

b) L’offensive militaire de l’armée israélienne « Plomb durci » menée dans la Bande de Gaza, du 27.12.08 au 18.01.09 :

« Pendant l’Opération Cast Lead dans Gaza, des coktails Molotov ont été jetés sur des synagogues et des institutions juives en France et des graffitis antisémites ont été inscrits sur les murs. Le nombre d’incidents antisémites ont été multipliés par 3 selon les statistiques du Congrès Juif Européen.

 » Attendez, je ne suis pas ici pour défendre la France. Ce n’est pas ce dont nous devrions parler vous et moi, je suis déçu. Nous devrions parler de problèmes plus importants. Il y a des choses plus importantes à discuter que mes points de vue sur un problème non existant. Vous êtes journaliste et toutes vos questions portent là-dessus.  »

Ce ne sont que quelques unes des questions.

 » Mais c’est un problème qui n’existe pas. Je le dis franchement, je suis déçu de discuter sur une caricature de la France. Et je ne suis pas ici pour défendre la France.  » »

Mes commentaires sur ce point :

 Concernant l’Opération Plomb durci :

Pourquoi ne souhaitez – vous pas, de toute évidence, parler de l’intervention militaire israélienne menée dans la Bande de Gaza en janvier dernier ?

Votre refus de vous prononcer sur les conséquences, pire, de nier les comportements antisémites constatés en France à la suite de l’Opération Plomb durci est d’autant plus incompréhensible qu’à partir du moment où vous acceptiez de donner une interview en Israël, il était tout de même légitime et logique que le journaliste israélien vous sollicite à la fois sur un épisode de la vie politique israélienne d’une part, a fortiori sur un épisode qui a engendré des actes antisémites en France.
Au lieu de cela, vous adoptez, Monsieur Attali, une posture négationniste. En effet, les chiffres avancés par le Service de Protection de la Communauté Juive et le Ministère de l’Intérieur sur l’augmentation des actions antisémites au cours du premier trimestre de l’année 2009 en France, prouvent que ce que vous qualifiez de  » problème non existant  » est tout au contraire une réalité basée sur des faits constatés et non sur des allégations fallacieuses et/ou imaginaires :  » Il y a des choses plus importantes à discuter que mes points de vue sur un problème non existant.  »

A moins, Monsieur Attali, que vous ne contestiez officiellement les chiffres du Ministère de l’Intérieur ….

 Le refus de débattre de la réalité de l’augmentation des actes antisémites en France :

Pensez-vous sérieusement qu’il serait finalement tout à fait secondaire de débattre en France des actes antisémites commis par ceux qui sur le sol français diffusent en réalité une propagande aussi antisémite qu’antisioniste, notamment celle du Hamas. Le Hamas dont la Charte prône ni plus ni moins que la disparition de l’Etat d’Israël ?

Pourquoi occultez-vous complètement, par exemple, de rappeler la réalité des défilés organisés en janvier dernier à Paris et dans plusieurs grandes villes de province, en réaction à l’intervention militaire israélienne dans la Bande de Gaza ? Manifestations à l’occasion desquelles certains élus de gauche et d’extrême gauche, notamment mais pas exclusivement le gentil Besancenot, ainsi que les autorités représentatives du MRAP ou de la Ligue des Droits de l’Homme ont défilé en laissant brandir des slogans et banderoles ouvertement antisémites du genre : « Etat d’Israël, Etat criminel. Israël = crimes contre l’Humanité. » ? Sans oublier les drapeaux d’Israël sur lesquels avait été gravée une croix gammée ! Pourquoi donc taisez-vous tout ceci, Monsieur Attali ?

Je rappelle par ailleurs que les appels haineux aux défilés de janvier dernier ont été amplement relayés dans certaines mosquées et sur les sites musulmans radicaux français comme celui de l’U.O.I.F. Or, là encore, personne ne peut contester le caractère ouvertement antisémite et antisioniste du discours de l’U.O.I.F, au demeurant parfaitement mis en lumière dans un Rapport du Centre Simon Wiesenthal Europe, rendu en novembre 2004 : « Le vrai visage de l’U.O.I.F : antisémitisme, apologie et financement du terrorisme, et appel au Djihad ». Rapport dans lequel le Centre Simon Wiesenthal décrypte par exemple précisément le contenu du site Internet de l’U.O.I.F et démontre qu’il contient de nombreux messages antisémites, fait l’apologie du terrorisme et encourage les appels au Djihad.

Qualifieriez-vous le Rapport du Centre Simon Wiesenthal de  » propagande « , Monsieur Attali, comme vous avez osé parler de  » propagande israélienne  » au sujet de la réalité des actes antisémites en France dans l’interview du 16.10.09 ? Pensez-vous donc que ce que dénonçait en 2004 le Centre Simon Wiesenthal aurait été une  » caricature de la France  » ?

c) La question de la survie d’Israël :

« Un point stratégique sur la survie d’Israël – qui est pour moi une évidence, mais que personne ne veut discuter – c’est qu’Israël doit avoir des Juifs partout dans le monde pour survivre, non seulement pour des raisons démographiques, mais aussi pour des raisons économiques en lien avec la mondialisation. Mais Israël a une compréhension stratégique très médiocre de ce qui est Juif. Tant que vous dites qu’être Juif c’est seulement selon la Halacha (loi religieuse juive) l’actuelle tendance – mariages mixtes, melting pot – va finir par tuer le peuple juif. »

Mes observations et/ou commentaires :

 Vous parlez de la survie d’Israël uniquement sous l’angle de  » la compréhension stratégique de ce qui est Juif « . Mais comment voulez-vous que les israéliens acceptent massivement de réfléchir à ces questions certes majeures mais néanmoins sensibles en ce qu’elles remettent indirectement en cause les fondamentaux d’une culture multi – millénaire quand eux-mêmes assistent, parfois impuissants, à l’escalade antisémite mondiale dont ils sont la cible ? Croyez-vous que l’on encourage aisément un peuple à se remettre en question en lui assénant constamment qu’une part non négligeable de l’Humanité le déteste, voire le pourfend ?

 Enfin, voyez-vous, ce que vous écrivez, Monsieur Attali, est profondément mensonger car il se trouve que les autorités politiques israéliennes ont récemment progressé sur  » la compréhension stratégique de ce qui est Juif « . A titre de preuve, je vous invite à prendre connaissance des récents débats qui ont eu lieu à la Knesset sur la question du mariage civil. Et pour moi qui partage depuis si longtemps l’idée selon laquelle les Juifs auraient toujours dû avoir le choix entre le mariage religieux et le mariage civil en Israël, je suis la première à me féliciter de cette avancée. Ne laissez donc pas croire à l’opinion publique, Monsieur Attali, que les autorités israéliennes seraient incapables de réfléchir aux nouveaux défis que doit affronter le Peuple du Livre dans un monde si complexe et ouvert à d’incessantes mutations.

Ma conclusion ?

Je crois que Monsieur Karsenty a tout dit, tout résumé dans l’interview publiée par Riposte Laïque le 5.10.09 et a répondu finalement on ne peut mieux à votre propre interview, Monsieur Attali, de manière en quelque sorte prémonitoire puisque par définition personne ne pouvait connaître le fond du discours que vous teindriez dans le quotidien Haaretz le 16.10.09 :

« Un jour, l’Histoire jugera ceux qui ont propagé de tels mensonges, mais aussi ceux qui les ont couverts par leur lâcheté et leur négligence. Elle sera aussi sévère pour ceux qui sont restés au bord de la route et qui n’ont rien dit alors qu’ils avaient les moyens de faire dérailler le train du mensonge qui a conduit et conduit encore à tant de désolations. J’entends jour après jour, semaine après semaine, année après année, des appels à la repentance et au devoir de mémoire. Mémoire de la Shoah bien sûr ! Mais à quoi cela sert-il de défendre la mémoire d’une extermination si ce n’est pour rester silencieux face à la propagande qui prépare la prochaine ? Le devoir de mémoire est important mais la Mémoire ne peut se baser que sur la Vérité. A ce titre, nous avons aujourd’hui un devoir de vérité. Pour aujourd’hui, pour demain, pour les générations futures. »

Bonapartine

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