« Main basse sur l’école publique », livre d’Eddy Khaldi et Michèle Fitoussi

Publié le 2 septembre 2008 - par
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Les attaques contre l’école publique ont été nombreuses et depuis l’élection de Nicolas Sarkozy le rythme et le nombre des mesures destructrices ont augmenté… Tous ces coups, qu’il s’agisse de la suppression de la carte scolaire, de la fin du principe de mixité scolaire ou de la suppression de milliers de postes d’enseignants ne sont qu’un galop d’essai…C’est tout l’édifice que ce gouvernement veut détruire afin d’en arriver à un libéralisme tromphant avec des écoles concurrentes disposant de financements de plus en plus privés.

Les auteurs sont allés piocher dans les archives et ont mené une véritable enquête qui nous montre que toutes les réformes sont des éléments d’une stratégie élaborée par la droite avec le soutien d’associations catholiques ultra-réactionnaires comme SOS Education…. Les liens avec l’extrême droite via le club de l’horloge sont démontrés.
En 1992, des hauts fonctionnaires du service public fondent une association : Créateurs d’écoles…

Les membres fondateurs de cette association poursuivront leur réflexion et leur action au service de leur orientation.
15 ans plus tard: l’un, Maurice Quinet est recteur de Paris, un autre, Dominique Antoine, conseiller Education du président et un troisième ,Xavier Darcos, préside aux destinées de l’éducation encore nationale!

Comme le précise un article du Monde, cité par les auteurs : « Pour les enseignants, les créateurs d’écoles plébiscitent le recrutement sur profil, les rémunérations différenciées, le recrutement sur contrat à durée déterminée et la pratique du tutorat. »

Voici là tout un programme qui se met en place…quant au chèque Education dont disposerait chaque famille pour financer l’école de son choix, ce n’est plus seulement un rêve dans la tête d’horlogers ou de « créateurs d’école » mais une menance qui pèse sur l’avenir de l’école publique laïque!

Les auteurs, en nous invitant à revisiter quarante ans de guerre scolaire reviennent sur les différents reculs de la gauche et l’offensive de la droite…

Ils lèvent aussi le voile contre certaines idées fausses véhiculées par la droite cléricale comme celle qui consiste à affirmer que de nombreuses demandes d’inscriptions d’élèves ne sont pas satisfaites… Ce serait à la fois le signe irréfutable de la réussite de l’enseignement privé et la conséquence d’un cadre législatif bloquant le développement du privé!?
C’est une imposture! « Plus de 15% des classes de lycées privés comportent moins de 15 élèves. Quant aux collèges, plus de 11% de classes accueillent moins de 18 élèves. »

Aujourd’hui l’école privée continue à travailler dans de meilleures conditions matérielles que l’école publique en disposant de crédits toujours en hausse, quant à la réussite : les élèves sont trIés à l’entrée et très peu d’évaluation sont publiées!

Si des divergences s’expriment entre les tenants de la stratégie catholique voulant faire de l’école privée un lieu d’évangélisation et ceux qui adoptent une logique libérale, les deux « courants » sont d’accord pour valoriser les performances affichées de l’école privée et pour que le plus vite possible toutes les écoles publiques ou privées fonctionnent sur le modèle des établissements privés !

La stratégie de la droite est claire, il s’agit, avec l’aide des ses alliés de remettre en question le service public d’éducation, de détricoter l’édifice afin de préparer une privatisation qui ne soit plus rampante mais galopante…

Ce livre nous invite au débat sur les enjeux du combat à mener.
Il faut aujourd’hui que les laïques se rassemblent et défendent cette école publique menacée dans son existence même.

Jean-François CHALOT

« Main basse sur l’école publique »
livre d’Eddy Khaldi et de Muriel Fitousi
Editions Demopolis
198 pages
août 2008
20 €

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