Mischaël Modrikamen, fondateur du Parti Populaire en Belgique

Mischaël Modrikamen (né en 1966) est un avocat belge spécialisé en contentieux complexe. Il s’est illustré en défendant les « petits » actionnaires dans l’affaire du rachat de Fortis par BNP Paribas à partir d’octobre 2008.

Le 11 septembre 2009, il annonce la création d’un nouveau parti politique de droite, le Parti populaire (inspiré du Partido Popular), en néerlandais Personenpartij pour le 26 novembre 2009.

Mischael Modrikamen est devenu un habitué des médias. Il a croisé le fer avec les avocats de l’Etat, ainsi qu’avec le couple Leterme-Reynders (1er Ministre et Ministre des finances), mais par presse interposée. Affirmer que le second ne porte pas dans son cœur le défenseur des 2.100 actionnaires de Fortis est un euphémisme. Me Modrikamen n’a jamais plié. Comme autrefois son père, qui a connu la Gestapo, avant d’être victime d’une tentative d’assassinat politique.

Le parti populaire dit « Assez!  » à la particratie, à la situation de la justice et de l’enseignement qui se dégrade, à « l’immigration qui échappe à tout contrôle », a scandé M. Modrikamen, disant vouloir s’engager « sans tabou » dans l’arène politique.

Vous venez de tenir le premier meeting du Parti Populaire. Pouvez-vous nous présenter ce nouveau parti, et quelles sont vos attentes ?

Mischael Modrikamen : Ce parti se veut un parti de rupture, fédéral, de droite décomplexée, moderne et défendant des idées qui ne trouvent aucun relais dans les partis politiques belges actuels. Notre modèle est l’UMP française ou le Partito Popular d’Aznar en Espagne. Dans la partie francophone de notre pays, il n’y a plus de parti de droite mais uniquement trois partis de gauche et un mouvement centriste. En Flandre, des partis de droite existent mais ils sont tous nationalistes. Le Parti Populaire (PP) souhaite rénover la vie politique belge et le pays en plaçant les attentes des citoyens à l’avant plan.

Nos valeurs fondatrices sont la justice, la solidarité mais aussi la responsabilité individuelle. Je vous renvoie à notre manifeste sur www.partipopulaire.be en vous précisant qu’il s’agit d’un véritable mouvement citoyen de type “bottom up”. C’est la société civile qui se mobilise pour changer les choses. Par ailleurs, notre mouvement se veut populaire, fédérateur, s’adressant à toutes les couches de la population, à commencer par les oubliés, les “sans grades”. Même si le système politique est construit en vue de décourager de nouvelles initiatives (seuil de 5 %, financement généreux des partis existants, …), nous pensons effectuer une percée dès les prochaines élections fédérales en 2011 et obtenir nos premiers élus. Le désarroi des électeurs n’a jamais été si palpable. Le PP est une véritable alternative démocratique.

Comment vous positionnez-vous, par rapport aux positions séparatistes wallonnes ou flamandes ?

Mischael Modrikamen : Nous pensons que la Belgique n’est nullement une création artificielle mais que l’espace politique belge trouve ses racines et sa légitimité dans notre histoire. Néanmoins, la Belgique fédérale actuelle fonctionne mal, est au bord de la paralysie et de l’implosion. Il faut réformer, simplifier notre fédéralisme tout en jetant des ponts, des passerelles entre communauté. Nous sommes favorables par exemple à une circonscription électorale unique pour tout le pays, comme dans la plupart des états fédéraux.

Entretenez-vous des liens avec d’autres partis européens ?

Mischael Modrikamen : Pas à ce stade, mais vous voyez ou sont nos “modèles”.

Quels rapports entretenez-vous en Belgique avec des personnes connues de Riposte Laïque, qui, de gauche, se réclament de la laïcité, comme Anne-Marie Lizin ou Nadia Geerts ?

Mischael Modrikamen : Le PP souhaite renforcer le “socle de belgitude”, la cohésion du pays. L’immigré sait qu’il rejoint un pays occidental avec ses valeurs, ses traditions, telles la neutralité de la sphère publique, l’égalité homme/femme, etc…. C’est à lui de s’adapter non l’inverse. Donc pas d’”accommodements raisonnables” pour le PP. Nous partageons certainement ces objectifs avec les personnalités proches de RL.

Comment les Belges ont-ils réagi à la votation suisse sur les minarets ? Comment réagissent-ils au débat français sur le voile intégral ?

Mischael Modrikamen : Comme dans tous les pays d’Europe, la population partage majoritairement la position des Suisses. La rupture est patente avec nos prétendues élites et le politiquement correct. Le non au minaret est une manière d’exprimer le rejet des politiques qui constituent autant d’abdications face à des revendications qui mettent en danger les valeurs exprimées plus haut. Le minaret n’est qu’un symbole. Quant à la Burqa, le PP est pour son bannissement. Il est un des rares partis à avoir pris position, au nom du respect de la femme. La plupart des autres partis belges ont à cet égard une guerre de retard et, comme souvent, le débat n’a pas encore été lancé.

Sur quels thèmes votre parti envisage-t-il de faire campagne ?

Mischael Modrikamen : Restituer la parole aux citoyens au travers du scrutin majoritaire et du referendum, simplifier l’Etat et le rendre plus efficace, restaurer la sécurité et rénover la justice, simplifier et réduire l’impôt, donner la priorité au travail sur l’assistanat.

Propos recueillis par Pierre Cassen et Aldo-Michel Mungo

Gros succès hier au premier meeting

bapteme-du-feu-des-forges-pour-modrikamen-750035.shtml


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