Dans un précédent article (http://www.ripostelaique.com/Marseille-les-elus-PS-des.html), nous avions évoqué quelques élus socialistes de Marseille, qui se font élire dans les quartiers nord islamisés et zones de non-droit, tout en fuyant comme la peste leurs circonscriptions pour perpétrer leurs dynasties familiales dans les zones les plus aristocratiques de la cité phocéenne.
Personne n’est responsable de ses parents, mais il est tout de même curieux que la députée PS Sylvie Andrieux, fille du sénateur SFIO puis PS Antoine Andrieux, prenne comme attaché parlementaire Roland Balalas, fils de Théo Balalas ex-FN et ex-OAS, et toujours responsable des adhésions à la « fédé » socialiste des Bouches-du-Rhône.
Il y a bien d’autres dynasties socialistes à Marseille. Jean-Noël Guérini, par exemple, qui ne savait pas parler français quand il a émigré de sa Corse natale, a hérité de son oncle Jean-Christophe Guérini le fief électoral du quartier du Panier. On peut aussi signaler la transmission héréditaire d’autres charges électorales.
Le canton de La Rose (ça ne s’invente pas !), par exemple. Pendant 29 ans, de 1973 à 2002, le conseiller général en fut Lucien Weygand, PS, fils de Félix Weygand, lui aussi cadre socialiste de Marseille. Depuis 2002, le conseiller général de la Rose est Félix Weygand (à ne pas confondre avec son grand-père !), PS, fils de Lucien Weygand.
Mais le record de longévité d’une dynastie élective socialiste marseillaise appartient sans doute à la famille Masse. L’ancêtre, Marius Masse, était un pilier de la SFIO locale. Son fils Jean Masse, SFIO puis PS, était député de la 8ème circonscription (quartier La Rose, Les Olives, Trois-Lucs, Saint-Marcel, etc.) de 1953 à 1978, soit… 25 ans ! Et puis ce fut son fils Marius Masse (là encore à ne pas confondre avec son grand-père) qui hérita du maroquin parlementaire, de 1978 à 2002, soit… 24 ans ! Et enfin, le dernier héritier de la dynastie, Christophe Masse, occupa le même fauteuil de 2002 jusqu’à 2007, où il fut battu par une élue UMP. Et je passe sur tous les autres multiples mandats électoraux des Masse (conseil régional, conseil général, conseil municipal…) Le cumul des mandats (et les émoluments qui vont avec), ça ne gêne guère au PS marseillais !
« Nono » Guérini, le rival de Jean-Claude Gaudin à la mairie de Marseille sait compter sur ces dynasties socialistes, comme le démontre cette photo de la campagne municipale 2008, réunissant les têtes de listes dans les différents secteurs marseillais (un secteur regroupant plusieurs arrondissements) :
Deuxième sur la gauche de la photo : Christophe Masse, fils de Marius Masse, petit-fils de Jean Masse, arrière-petit-fils de Marius Masse. A ses côté, Samia Ghali dont nous avons parlé dans notre précédent article. A droite de Guérini, Sylvie Andrieux, fille d’Antoine Andrieux. Et à ses côtés, Henri Jibrayel, père de Sébastien Jibrayel (cf. notre précédent article).
Le « système » Guérini-Mennucci-Vauzelle, malgré quelques accrochages familiaux pour amuser la galerie des lecteurs de La Provence (quotidien qui résulte de la fusion du Provençal et du Méridional, deux journaux qui appartenaient à… Defferre !), hérite donc totalement de son modèle, le « système » de tonton Gaston mis en place après la seconde guerre mondiale, parfois à l’aide d’armes automatiques.
Il faudrait plusieurs ouvrages pour décortiquer cette saga socialiste marseillaise. Nous n’aurons donc pas ici la place d’évoquer le pilier de la « French connexion » Dominique Venturi (alias « Nick »), ses entreprises, ses affaires de marchés truqués avec la mairie Defferre et ses fausses factures, ni le beau monde d’élus de gauche et de droite qui ont assisté à ses funérailles à la basilique du Sacré-Cœur du Prado… en 2008 ! Nous ne pourrons pas non plus relater la mort de René Lucet, directeur de la Sécu des Bouches-du-Rhône, « suicidé » de deux balles dans la tête. D’ailleurs l’enquête sur son décès fut classée « sans suite » sous la présidence de François Mitterrand.
Une lectrice nous signale des émissions « Rendez-vous avec Monsieur X » sur France-Inter, qui évoquaient ces eaux troubles du Vieux Port. Il y avait aussi un reportage de Canal + sur l’OAS qui pourrait surprendre les électeurs musulmans de Sylvie Andrieux et consorts, ou encore quelques déclarations dans des quotidiens locaux de Gaston Defferre lors des tensions raciales de 1973 à Marseille qui ont envoyé au moins sept Algériens au paradis d’Allah à coup d’armes à feu et d’explosifs. La gauche marseillaise qui s’était scandalisée quand Jean-Claude Gaudin s’en est pris aux « jeunes musulmans » qui ont défilé et saccagé sur la Canebière après un match de foot où jouaient l’Algérie, ferait mieux de fouiller dans ses archives journalistiques et audiovisuelles. On nous conseille aussi l’ouvrage « A la droite de Dieu », consacré aux relations entre Mitterrand et l’extrême-droite. Un chapitre entier y est consacré au parti socialiste marseillais.
Qu’on nous comprenne bien. Personne n’est responsable des exactions de ses aïeuls. Toutes les formations politiques, de droite ou de gauche, ont quelques cadavres dans leurs placards. Mais quand ces placards sont situés dans la maison familiale de tel ou tel élu de la République qui se refuse à tout droit d’inventaire, et qui reproduit les mêmes procédés que ses aînés, c’est de la complicité pure et simple.
Revenons à nos moutons d’« aujourd’hui et maintenant », comme l’on disait aux meetings de François Mitterrand. Qu’on revendiqué les héritiers et héritières marseillais des valeurs de gauche ? Quel est leur idéologie, leur programme, leurs idéaux ? Quelques vidéos montrent le vide sidéral de leur pensée politique :
Sylvie Andrieux : http://www.dailymotion.com/video/x3292j_sylvie-andrieux-240907_politics
Henri Jibrayel : http://www.dailymotion.com/video/x3s8ny_henri-jibrayel-municipales-2008_news
Samia Ghali : http://www.dailymotion.com/video/x47uxo_samia-ghali-sur-le-vieux-port-de-ma_news
Christophe Masse : http://www.dailymotion.com/video/x42onr_christophe-masse-homme-de-proximite_news
Ont-ils tous pris des cours de langue de bois chez Franck Lepage : http://www.dailymotion.com/video/x9wwg5_franck-lepage-langue-de-bois_fun ?
Pour Sylvie Andrieux, nous avons peut-être une indication sur son éducation politique dans cette photo qu’elle affiche amoureusement dans son bureau de sa villa de Malmousque :
J’avoue que j’ai été un peu sévère dans mon précédent article. Si Sylvie Andrieux habite à 10 km de son électorat et de sa mairie, c’est uniquement parce qu’elle a hérité de la maison paternelle, comme elle le déclare à La Provence le 10 novembre 2009 : « J’ai toujours habité Endoume, le quartier où je suis née. Je vis dans la maison de mon père. Je suis toujours « la petite Sylvie » qu’on a vu grandir. De ma maison à Malmousque, je vois la mer, ce qui répond à mon besoin d’infini. »
Et effectivement, la « petite Sylvie » n’était pas seulement béate lors des meetings de Gaston Defferre, mais également en observant les maçons (sans jeu de mot… enfin presque !), Compagnons du tour de France, qui ont construit à grands frais le « besoin d’infini » paternel sur une presqu’île rocheuse plein sud et répertoriée par Google Maps comme « villa Andrieux » dans le fief électoral de feu… Gaston Defferre :
Et Google Maps fourni plusieurs angles de vue sur le « besoin d’infini » hérité par l’élue socialiste :
Cela n’empêche nullement Sylvie Andrieux de prôner la « mixité sociale » à Marseille, et de dénoncer l’apartheid géographique entre le nord et le sud de la cité phocéenne. D’ailleurs, ne s’est-elle pas opposée vigoureusement au maire UMP Jean-Claude Gaudin qui voulait créer une grande structure dans les quartiers nord pour les Roms qui occupent une dizaine de squats dans la ville ? Selon Sylvie Andrieux, cela amènerait de la « dangerosité » (sic !) supplémentaire dans les ZUS du nord de Marseille. Ah bon ? Il est vrai aussi que les musulmans du fief électoral de la « petite Sylvie » votent aux élections, contrairement aux Roms.
Et puis franchement, on voit mal comment construire quelque chose pour les gens du voyage à Endoume. Entre les villas qui squattent jusqu’au moindre caillou qui a les pieds dans l’eau, les garages à bateaux et les accès privés à la plage (à droite sur cette photo), et la mer à cinq mètres du « besoin d’infini » (au fait, il n’y pas des « lois littoral » en France ?), c’est aussi techniquement impossible que de construire des logements sociaux à Neuilly !
Roger Heurtebise












