Pourquoi Cécile Duflot n’a-t-elle pas le droit de dire qu’elle aime le confit de porc ?

Publié le 31 mars 2010 - par - 2 358 vues

Invitée le matin du 29 mars 2010 sur RMC par Jean-Jacques Bourdin, Céile Duflot, secrétaire nationale des Verts, a avoué sur l’antenne qu’elle n’avait pas le droit de dire qu’elle aimait le confit de porc. Quelle pourrait être la raison qui ferait que la secrétaire nationale des « Verts », dont la plupart des commentateurs s’accordent pour estimer qu’elle sera sans doute la candidate du parti des Verts à la présidentielle de 2012, se voit imposer une pareille limitation à la liberté d’expression de ses goûts culinaires ? Examinons les faits :

Lors de l’entretien qu’elle avait avec Jean-Jacques Bourdin (1), s’est installée une digression culinaire très étrange,et néanmoins révélatrice (2), que j’ai essayé de retranscrire fidèlement.

L’animateur lui demande « Quel est votre plat préféré? « , question apparemment simple et anodine à laquelle elle apporte cependant, l’air aussi gêné qu’une petite fille qu’on aurait surpris la main dans un pot de confiture, la réponse embrouillée suivante : « J’ai déjà répondu une fois et j’me suis fait disputer… « 

L’animateur s’étonne légitimement et lui demande pourquoi . Et Cecile Duflot de s’enfoncer dans les sables mouvants d’une explication plus que vaseuse : « Parce que, parce que, enfin bref ! » Et Bourdin d’insister , « Mais vous vous êtes fait disputer par qui ??? » « Parce que, voilà », répond-elle, « J’ai une affection toute particulière pour les Landes et j’aime le confit de porc avec des pommes de terre, mais c’est une expression que je n’ai pas le droit de dire et heureusement que mon assistant préféré dort ce matin, parce que sinon… »

A cette affirmation incongrue, le journaliste s’étonne légitimement : « Mais pourquoi ?? C’est bon, un confit de porc avec des pommes de terre Cécile Duflot !! » Cécile Duflot perd à ce moment-là complètement les pédales : « Voilà , bref, finir… Vous avez une question plus sérieuse ? » « Non mais pourquoi, pourquoi ? », s’étonne derechef Bourdin. « Je sais pas » répond Duflot (pratiquant ainsi l’abolition grammaticalement fautive du « ne », tic regrettable de langage dont est également coutumier le Président de la République) « Pourquoi n’a t-on pas le droit de dire qu’on aime le confit de porc avec des pommes de terre ? » insiste Bourdin. Et Duflot de répliquer « Je sais pas, Eh ben voilà, je l’ai dit, tant pis ! » Et Bourdin, stupéfié, dit « C’est pas vrai!! On vous a disputé pour ça ? » « Oui, un peu, mais pas trop grave » , dit-elle. Elle essaie alors laborieusement de parler d’autre chose : « Eh ! vous savez qu’il y a des sujets plus importants ?… «  . « Mais pourquoi ? » insiste Bourdin . « Je ne sais pas, vous en parlerez, vous l’inviterez,vous lui poserez la question ! » répond-elle, agacée (interruption de l’interview par le jingle de fin).

Quelles conclusions peut on tirer de cette ahurissante conversation, mises à part ses multiples incorrections syntaxiques ?
On voit mal, de premier abord, ce qui pourrait empêcher Cécile Duflot, future candidate des Verts à la présidence de la République, et en tout cas politicienne chouchoutée par les médias bobos, d’affirmer haut et fort son goût pour le confit de porc avec des pommes de terre. Après tout, chacun savait que Jacques Chirac affectionnait la tête de veau sauce gribiche et la bière.

Cela se saurait si la République française avait voté une loi interdisant de dire qu’on aime le confit de porc avec des pommes de terre. Une telle loi serait d’ailleurs anticonstitutionnelle, puisque l’article X de la déclaration des droits de l’homme, préambule à la Constitution qu’est censé connaître tout politicien qui aime la République, stipule ceci : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi. » .

Or, les seules opinions en matière de cuisine qui pourraient troubler l’ordre public seraient par exemple d’affirmer pratiquer le cannibalisme , ou encore de déclarer apprécier la dégustation d’espèces protégées ou en voie de disparition (telles que les ortolans (3), par exemple… ).

Pourquoi donc inquiéter cette pauvre Cécile Duflot pour ses opinions gastronomiques ? Aimer le confit de porc serait-il, pour le parti des Verts , constitutif d’un trouble à l’ordre public ? A ma connaissance, le porc n’est pourtant pas un animal en voie de disparition.

En règle général, trois circonstances peuvent empêcher un responsable de parti politique ne faisant pas parti du gouvernement de dire ce qu’il pense :

1°) Ce qu’il a envie de dire n’est pas conforme à ce que des  » conseillers en communication  » ou autres  » spin-doctors  » (4) estiment être des paroles pouvant être prononcées.

2°) Ce qu’il a envie de dire est contraire à la ligne politique du parti, telle qu’elle a été définie par le bureau politique (ou autre organisme décisionnel équivalent).

3°) Ce qu’il a envie de dire va coûter des voix à son parti.
Manifestement, la première hypothèse semble vérifiée, puisque Cécile Duflot parle des consignes que lui aurait données un certain « assistant préféré ». Reste à savoir en quoi le fait d’aimer le confit de porc serait une opinion si peccamineuse aux yeux de son directeur de conscience, ou de son commissaire politique (à ce stade de contrôle de la pensée, on ne peut plus parler de simple conseiller en communication ou d’assistant préféré !).

Autrement dit, en quoi la consommation de confit de porc serait contraire aux objectifs politiques du parti écologiste des « Verts » tels qu’ils sont définis par son politburo (ou l’équivalent), motivant de ce fait la singulière affirmation » c’est une expression que je n’ai pas le droit de dire » ?

En effet, le confit de porc est le type même de plat évoquant les conserves artisanales campagnardes qu’affectionnent en général l’électorat bobo, qui est l’une des clientèles préférées des  » Verts « . Ça donne au repas un petit côté « gîte rural » que ne saurait désapprouver l’électorat  » écolo  » de base.

Evidemment, on pourrait rétorquer que l’élevage industriel du porc, en particiulier en Bretagne, est lourdement suspecté par les scientifiques, de par l’accumulation considérable de nitrates dans les rivières en provenance du lisier de porc, d’être responsable des peu ragoûtantes  » marées vertes  » d’algues nauséabondes dont les émanations toxiques semblent avoir entraîné la mort d’animaux, voire d’hommes. Cécile Duflot, en avouant manger du confit de porc, pourrait se voir accuser par certains esprits facétieux et non dénués de mauvaise foi, de contribuer à la survenue desdites marées vertes. Cela ne serait pas la première fois que ce genre d’accusations seraient formulées à son encontre. Elle avait en effet déjà été accusée, par certains médias, de l’émission d’une grande quantité de gaz à effets de serre à l’occasion de sa dernière villégiature aux Maldives (5).

Néanmoins , le problème des marées vertes et leur lien éventuel avec la filière porcine ne semble pas figurer dans le programme politique des Verts dans sa version de 2007, la dernière en date semble t-il (6), ni dans le programme d’Europe-écologie 2010. Il y a donc peu de chance que ceci soit la cause de l’autocensure ratée de Cécile Duflot dans cet interview.

Il est néanmoins peu probable que le fait d’affirmer qu’elle aime le confit de porc ramènera vers les Verts l’électorat des agriculteurs en général et des éleveurs porcins en particulier, qui, en règle général, n’ont guère de sympathie pour le parti de Cécile Duflot ( 7 ).

Il y a une raison à mon sens plus profonde qui explique cette censure de la pensée culinaire de la secrétaire nationale des Verts : manger du confit de porc est contraire au nouveau conformisme que l’on pourrait appeler bigoterie multiculturaliste politiquement correcte, qui est un des fondamentaux de la pensée politique des Verts.

Cette nouvelle bigoterie quasi-religieuse forme une sorte de credo, dans lequel il y a des quasi-divinités : « le respect » , « les minorités » , « le relativisme culturel » (toutes les cultures se valent et doivent être mises sur un pied d’égalité), un prétendu « droit à une identité culturelle » (autrement dit, le droit de vivre en France en gardant l’intégralité des coutumes de son pays d’origine, même si elles sont totalement inadaptées à la vie en France, ou choquantes pour les français), et il y a aussi le mal absolu appelé « racisme » .

Attention, il ne s’agit pas du racisme dans sa définition classique, opinion détestable qui consiste à croire que l’humanité est divisées en races (ce qui est dépourvu de tout fondement scientifique) et que certaines d’entre elles sont supérieures à d’autres . Il s’agit dans cette nouvelle bigoterie d’un concept de racisme très étendu, qui stipule que toute critique d’une coutume ou d’une croyance d’importation, ou toute tentative de limiter son développement sur le territoire français est déjà du racisme (quel que soit le degré de ridicule de la coutume en question ). Cette nouvelle bigoterie multiculturaliste, comme toutes les religions, comporte des péchés mortels , tels que  » la stigmatisation  » ou  » l’offense  » faite aux minorités.

Mais, force est de constater que pour ces nouveaux bigots multiculturalistes, certaines cultures sont plus égales que d’autres, et qu’une stigmatisation ou une offense à l’encontre de l’islam sont bien plus  » racistes  » qu’une stigmatisation d’une autre minorité telle que celle des adeptes de la religion raëlienne, la minorité animiste ou les adeptes de feu le Messie cosmo-planétaire Gilbert Bourdin du Mandarom, par exemple. Or , quelle culture minoritaire en France s’offusque à l’idée de consommer du porc ? La culture musulmane, bien sûr.

Force est de constater que les Verts se sont toujours opposé à toutes limitations législatives de l’importation de coutumes musulmanes indésirables, et paraissent souvent les meilleurs alliés politiques de l’islam.

– Les Verts ont refusé de voter en 2004 la loi interdisant les signes religieux à l’école, sous prétexte de ne pas stigmatiser l’islam (8). A noter qu’à l’époque, le point de vue des Verts était défendu bec et ongles dans tous les médias par Siham Andalouci, musulmane intégriste voilée, proche des idées de Tariq Ramadan, qui était à cette époque au bureau politique des Verts.

– Les Verts, dans un communiqué signé par Djamila Sonzogni, s’apprêtent à refuser de voter une indispensable loi anti burqa (9 ) (alors que 100% des députés belges viennent d’en voter une sans état d’âme).

– Les Verts à Roubaix flirtent dangereusement avec l’islamisme (10)

– Par ailleurs, dans des documents officiels de leur parti (11 ), les Verts se disent partisans d’une  » laïcité d’aujourd’hui » , qui est dangereusement proche de la tristement célèbre « laïcité ouverte » prônée par Nicolas Sarkozy. Ils ont en effet déclaré ceci en 2003 : « Partisans d’une laïcité d’aujourd’hui, Les Verts se félicitent de la reconnaissance par la République de la deuxième religion de France, avec la mise en place du Conseil du culte musulman. » (La République laïque ne reconnaît pourtant aucun culte , selon l’article 2 de la loi de 1905, mais les Verts ne semblent guère se soucier de ces  » points de détail  » législatifs).

Partout ou la bigoterie multiculturaliste est au pouvoir ( Royaume Uni, Canada ), les citoyens se voient dans la quasi-obligation, non seulement de ne pas critiquer d’autres cultures, mais d’adhérer à certaines de leurs coutumes, comme le démontrent, parmi de nombreux autres, les exemples suivants de multiculturalisme liberticide:

– se moquer de la burqa est jugé comme  » crime de haine raciste  » en Grande Bretagne (12)

– des élèves anglais non musulmans sont punis pour avoir refusé d’apprendre à prier Allah en classe. (13)

– Un rapport officiel anglais demande aux directrices de crèches de signaler aux autorités comme étant  » à risque de racisme  » les enfants qui n’aiment pas manger épicé (14)

On peut donc penser que Cécile Duflot et les Verts en sont arrivés au stade ou, pour éviter tout risque d’être soupçonnés de racisme, ils en viennent à intérioriser pour eux-mëmes certains interdits alimentaires de l’islam, probablement pour « ne pas offenser la communauté musulmane », péché suprême aux yeux de la nouvelle bigoterie, et aussi peut-être par crainte de perdre des voix d’un hypothétique  » électorat musulman « , (dont rien ne permet pourtant d’affirmer qu’il vote différemment du reste des français) électorat en direction duquel le parti Vert semble pratiquer un clientélisme assidu comme nous l’avons vu plus haut … Autrement dit, les membres du parti Vert peuvent manger du confit de porc en cachette, mais il ne faut surtout pas qu’ils avouent publiquement ce  » dérapage  » gastronomique …

Mais paradoxalement, cette crainte implicite de perte d’électorat pourrait être considérée, en elle même, comme une forme de racisme : imaginons par exemple qu’une célèbre personnalité médiatique considérée comme de droite affirme publiquement la chose suivante :  » les musulmans ne voteront jamais pour quelqu’un qui mange du porc  » . Immédiatement , cette personne serait traînée devant les tribunaux par le MRAP et ses alliés pour racisme : son affirmation équivaudrait à considérer que les électeurs musulmans seraient bornés au point de refuser de voter pour quelqu’un d’une autre religion, généralisation abusive qui ne manquerait pas d’être qualifiée de dérapage raciste ! On a pourtant l’impression, en analysant ce cafouillage médiatique de Cécile Duflot, que ce dérapage hypothétique ressemble fortement à l’arrière-pensée bassement politicienne du  » censeur gastronomique  » du parti Vert ….

Evidemment , ce « coming out » médiatique involontaire de Cécile Duflot concernant sa consommation de porc laisse songeur. Qui est le vrai secrétaire national des Verts, Cécile Duflot elle-même ou bien son  » assistant préféré  » qui semble avoir une vocation prononcée de censeur des goûts?

Cécile Duflot a de fortes chances de se retrouver, en 2012, ministre d’un gouvernement présidé par Martine Aubry, celle qui avait organisé l’apartheid religieux musulman dans les piscines lilloises. On ose à peine imaginer les mesures liberticides que pourrait imposer un tel tandem Aubry-Duflot se retrouvant au pouvoir : interdiction de la publicité pour la charcuterie,  » pour ne pas offenser la communauté musulmane  » , par exemple ? Ou alors interdiction du proverbe « tout est bon dans le cochon » dénoncé comme slogan « franchouillard raciste » ?

Docdory

(1) http://www.rmc.fr/blogs/bourdinandco.php?post/2010/03/29/Ce-matin-sur-RMC

(2) http://www.youtube.com/watch?v=H2jHtZl6EvA

(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Bruant_ortolan

(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Spin_doctor

(5) http://www.lepost.fr/article/2009/12/30/1863891_cecile-duflot-a-t-elle-bien-fait-d-aller-aux-maldives.html

(6) http://lesverts.fr/IMG/pdf/pr2007_a.pdf

(7) http://fr.wikipedia.org/wiki/Cécile_Duflot

(8) http://vigilance-laique.over-blog.com/article-3560717.html

(9 ) http://lesverts.fr/article.php3?id_article=4974

(10) http://vigilance-laique.over-blog.com/article-3561068.html

(11) http://lesverts.fr/article.php3?id_article=646

(12) http://www.bivouac-id.com/2010/03/24/grande-bretagne-critiquer-la-burqa-est-un-crime-de-haine-raciste/

(13 ) http://www.ripostelaique.com/Des-eleves-anglais-punis-pour.html

(14) http://www.telegraph.co.uk/education/2261307/Toddlers-who-dislike-spicy-food-racist-say-report.html

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