Première réaction à mon jugement, et réponse à Madame Fourest

Je suis donc condamnée à 4 mois de prison avec sursis et 1.000 € d’amende.
Je dois, en outre, payer :
A Horia Demiati : 1.000 € de dommages et intérêts.
A El Mostapha NHARI : 1.000 € de dommages et intérêts.
A Abdelali NHARI : 1.000 € de dommages et intérêts.
Je dois en outre verser à la famille 500 euros supplémentaires, au titre de l’article 475.
A la LDH : 800 € de dommages et intérêts et 500 € au titre de l’article 475.
Au MRAP : 800 € de dommages et intérêts et 500 € au titre de l’article 475.
A la LICRA : 800 € de dommages et intérêts et 500 € au titre de l’article 475.

Fais de procédure 90 €.

Total : 4 mois de prison avec sursis (avec la clémence du tribunal, parce que, je cite : « le casier judiciaire est vierge de toute condamnation ») et 8.490 €.

Cette somme est bien entendu est suspendue puisque j’ai fait appel de la décision. Mais je remercie toutes celles et ceux qui m’ont déjà aidée financièrement, ainsi que celles et ceux qui veulent le faire. Je sais qu’au niveau financier, je n’aurai pas trop ou pas du tout à souffrir de cette condamnation. J’ai déjà engagé 2.300 € dans les assignations qui s’ajoute bien sût à la somme ci-dessus.

Non seulement, je suis scandalisée comme beaucoup par ce verdict, mais je suis encore plus inquiète pour toutes celles et ceux qui vont se retrouver dans ma situation demain.

Il vient de se franchir un pas qui dépasse la ligne jaune que les hommes et les femmes de ce pays peuvent comprendre et accepter. Les réactions le montrent. Arrêtez de nous traiter de tous les mots écrits et maux ci-dessous, nous ne sommes rien de tout cela, nous sommes attachés à nos valeurs et nos traditions, qu’y a-t-il de répréhensible à cela ?
Depuis au moins 20 ans sur le plan général et plus précisément depuis plusieurs mois en ce qui me concerne, les mots que je vois défiler en boucle sont (par ordre alphabétique) : anti-musulmans, intégrisme, intolérance, islamophobie, obscurantisme, racisme et pire encore racisme populaire…… (soi-disant le mien).

Moi qui m’intéresse à autre chose, comme le dit mon titre, à l’être humain, car l’analphabète que je suis a, entre autre, un diplôme de praticien en PNL, je vous invite à lire ci-dessous ce que Freud dit des libertés individuelles, les mots ci-dessus n’apparaissent pas dans ce texte, mais, non d’une pipe, nous sommes en plein dedans.

La liberté individuelle renvoie au droit qu’a chacun de décider, de choisir ce qui le concerne en propre. Nul par exemple n’a à décider à ma place de mes choix de vie. C’est à moi de décider de mon métier (dans les mesures de mes capacités), de ma situation familiale (vais-je ou non me marier, avoir ou non des enfants, etc. ?).

La liberté individuelle renvoie donc à la sphère privée. Elle renvoie à ce dont j’ai envie, à ce qui me plaît.
Les exigences culturelles de la collectivité : « culturel » a ici le sens philosophique de « social ». La vie en société a ses exigences, c’est-à-dire ses règles dont on ne peut se passer. Elles sont nécessaires pour rendre la vie sociale possible. Par exemple, nous ne pouvons vivre en société dans le conflit permanent. Il y faut la concorde, la paix. Il faut organiser le travail, la distribution des biens de façon à ce que chacun trouve son intérêt. Or ceci n’est possible qu’à condition d’imposer des limites à l’égoïsme individuel qui nous incline à toujours nous préférer aux autres. Ces limites constituent les lois.

Les deux peuvent s’opposer, la liberté m’incline à l’égoïsme. Je me préfère aux autres, je veux faire ce qui me plaît. Mais en faisant ce qui me plaît, je peux être conduit à nuire aux autres et donc contredire les exigences sociales pourtant nécessaires car l’homme ne peut vivre humainement qu’en société.
La société m’oblige à tenir compte des autres, à respecter ce qui constitue leur droit et qui peut s’opposer au mien. Mon intérêt peut ne pas être conforme à l’intérêt général. Ainsi l’intérêt d’un patron est de payer le moins possible ses ouvriers mais l’intérêt général implique que chacun ait de quoi vivre décemment. De même, je peux avoir envie d’écouter de la musique à plein volume, mais les autres ont le droit de dormir la nuit.

La vie sociale suppose de régler ce conflit permanent entre ce qui me plaît et le droit des autres, droit des autres qui est du reste condition du mien puisque, bien sûr, les autres aussi se préfèrent. Au fond, chacun voudrait n’avoir que des droits quand la vie sociale m’impose des devoirs qui sont d’ailleurs condition de mon droit. Où serait par exemple mon droit à la vie ou à la propriété si la loi n’imposait pas le devoir de ne pas tuer ni voler, quels que soient par ailleurs mes désirs personnels ?
Le bonheur de l’homme suppose de concilier les droits de chacun à la liberté individuelle et les limites de ces droits qu’impose la vie sociale.
Or il n’est pas sûr que ce compromis soit possible et donc que le bonheur soit accessible à l’homme.
No comment.

Ce qui suit s’adresse à une personne qui m’attaque, j’ai décidé de répondre. (Le texte se trouve sur le site Prochoix dont cette personne est rédactrice en chef, l’article est paru le 6 octobre 2007).

Ah, ils étaient bien tranquilles à gauche, tant qu’il n’y avait que la droite, enfin la dite extrême droite pour me soutenir. Mais voilà un grain de sable dans leur machine pas si parfaitement huilée que cela, et les loups sortent de leurs tanières.

La première louve sortie du bois s’appelle Caroline Fourest, que je n’avais pas l’honneur connaître avant qu’elle prononce mon nom. Depuis, je suis allée voir qui elle est. Belle carte de visite. Félicitations. Mais une belle carte de visite suffit-elle pour être « bien sous tous rapports » ?

Le titre de son article : – la clarification est un combat – montre bien l’état d’esprit de cette personne. Combat (dit la définition) désigne une lutte, un violent conflit entre deux ou plusieurs personnes ou organisations. L’objectif étant généralement d’établir une dominance par rapport à la partie opposée. No comment.

Elle disserte donc, je laisse certains passages pour une autre fois si nécessaire, je m’attacherai à répondre uniquement sur ce qui me concerne. Elle dit :

1/ « ces gens là »

Avant cette affaire, je n’aurais pas pris la peine de relever cette phrase, j’aurais, comme on dit, laissé couler. Mais dans le contexte actuel, chaque mot, chaque phrase à son importance.
Je n’ai jamais prononcé ces mots, le journaliste de l’Est Républicain a sorti de son contexte cette phrase « je ne veux pas de ça ici » seule maternité que je revendique.
Le « je ne veux pas de ça ici « ne s’adressait pas aux personnes mais au voile. Cela fait une légère différence. Et je vous remercie avant d’écrire de vérifier vos dires auprès de moi lorsque cela me concerne, c’est le minimum si l’on veut une clarification sans combat, ce que je souhaite, car je suis une grande pacifiste.

2/ « l’une des femmes voilées est une militante »

Est-il besoin que j’argumente derrière cette phrase…. la question, elle est là, vous avez mis le doigt pile dessus.
Horia Demiati est une militante. Le retour qu’elle fait à ma demande est complètement différent de celui que ferait une femme non militante. Ce qui est mon cas. Ma demande et ma réaction sont donc celles d’une femme vers une autre femme.
Entre vous et moi, si j’avais été une militante anti-voile, c’est-à-dire l’égale d’Horia Demiati dans un discours bien formaté, comme dit Cyrano, croyez-vous que je serais au tribunal aujourd’hui ?

Vous parlez par deux fois dans votre texte, des libertés individuelles, je dois avouer que je suis un peu exaspérée de cette notion là, exprimée comme vous le faites.

Prenons les deux qui nous intéressent dans l’instant avec les définitions de Wikipédia :

1/ la liberté civile :

Elle s’inscrit dans le cadre d’un homme citoyen, étant libre de ses actes, tant que ceux-ci ne sont pas contraires à la loi, ou ne nuisent pas à autrui. On y associe souvent la maxime suivante : « la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres ».

2/ la liberté de culte ou de conscience :

La liberté de culte permet à chaque individu de pratiquer la religion de son choix, la liberté de conscience permet de ne pas avoir de croyance religieuse. La déclaration des droits de l’homme et du citoyen fixe pour limite l’absence de trouble à l’ordre public.
No comment.

Samedi après midi, j’étais seule. Petite image dans la prairie.
Je décide d’aller aux champignons. Je prends mon petit panier, mes deux chiens et mes deux biquettes qui adorent les randonnées.
Je n’avais pas fait 200 mètres dans la forêt que mes chiens se mettent à aboyer et je tombe nez à nez avec …un chasseur. J’avais oublié que la chasse ouvrait ce week-end.
Je n’aime pas les chasseurs, ils tuent les chevreuils que je vois autour de ma maison et cela me rend triste. Je ne les aime pas, mais je les respecte, j’ai évacué les lieux, adieu ma fricassée de girolles.

Ai-je été frustrée, que non. Je sais maintenant que si je veux aller aux champignons, je vais dans une forêt où il n’y a pas de chasse le week-end ou j’y vais en semaine, si je peux, quand les chasseurs n’y sont pas.

Mais au fait, en voilà une de mes liberté bafouée, celle d’aller et venir, comment dites-vous Caroline : « comme ça me plaît ».

J’aurais pu, au nom de cette liberté, continuer mon chemin, cela aurait provoqué la colère des chasseurs, ils auraient même pu m’agresser, j’étais seule. Plainte, tout le monde au tribunal, qui a tort ou raison.

Tout est dans la nuance. Alors brandir les libertés individuelles comme des étendards me paraît être une erreur fondamentale. Que serait notre vie au quotidien sans se respecter les uns les autres tout simplement, savoir de temps en temps lâcher une concession sans se sentir atteinte dans sa personne?

Allez retournez lire ce que dit Freud. Vous en sortirez grandie.

Fanny Truchelut


Derniers articles du même auteur :



Ce contenu a été publié dans GITE DES VOSGES. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.