Qu’est-ce qui blesse Yazid Sabeg, monsieur « discrimination positive » ?

Ce dimanche 20 décembre, l’émission « Cpolitique »invitait le secrétaire d’état à la diversité. Yazid Sabeg s’y est déclaré, je le cite : « blessé et scandalisé » ?

Question : qu’est-ce qui a fait mal à ce brave homme si sensible et l’a révolté ?

La cause du traumatisme moral du secrétaire d’état serait à rechercher du côté de certains méchants députés, des malveillants sûrement, dominant la commission parlementaire chargée d’investiguer au sujet de la bourqua.
Sensible mais rancunier, le sous- ministre donne des noms : il s’agit d’André Gérin soi même, le Président de la Commission parlementaire (PCF) et de Jean Glavany (PS).

Leurs propos seraient la cause de la blessure, et ils auraient scandalisé notre brave bougre de secrétaire d’état…
Je voudrai revenir sur les propos tenus dimanche devant les caméras de « Cpolitique ».

Ils sont instructifs. Ils montrent sous quel faux nez s’avance l’exigence qui a mené le Soudan à subir un déchirement permanent de la société produisant une guerre civile entrant dans sa 36ème année.

Première affirmation du secrétaire d’état à la diversité : ces jeunes qui à l’automne 2005 ont dévasté des quartiers, incendié des bus et des entrepôts, calciné des centaines de voitures de voisins, mis le feu, ici une école, là un gymnase… Ces jeunes, « ils se sentent pleinement français »… mais, mais ils se sentent différents quand au traitement social »… cela expliquerait tout. Sauf que les fils de mineurs polonais, ou de chtimis depuis des générations, subissant dans le Nord et le Pas de Calais une pauvreté devenue RMI à vie, sans espoir de sortie visible, depuis un quart de siècle, pour eux et leurs enfants, ils ne s’en sont pas allés brûler les voitures des voisins, ni les écoles. Qu’est-ce qui explique la différence manifeste d’attitude en réaction aux difficultés sociales produites par la marche chaotique de l’économie dite de marché ?
Notre brave secrétaire d’état, ulcéré par les méchants propos de nos deux députés, ne nous expliquera pas ce qui peut bien produire ces différences évidentes de comportements entre français. Mystère, donc.

Deuxième affirmation de monsieur le secrétaire d’état à la diversité, évoquant le débat sur l’identité nationale : « 50% du sujet, c’est la laïcité. Je ne connais pas un musulman qui n’adhère pas !»
Encore un qui ne se promène pas dans le 18ème arrondissement, rue Myrha et rue Polonceau, le vendredi après-midi, notre bon secrétaire d’état à la diversité.

Question à monsieur Yazid Sabeg : même les salafistes qui sont intimement reliés à la prolifération de la bourqua, du Hijab et du niquab, ils adhèrent eux aussi à la laïcité ?

Et les musulmans membres du parti des chiites de France, reçus en grandes pompes par Ahmadinejad, dont le régime a été dénoncé comme une dictature et les élections de juin 2009 comme une imposture par le défunt grand ayatollah qui devait succéder à Khomeiny, ils « adhèrent » eux aussi à la Laïcité ?

Monsieur Sabeg nous dit ensuite dans quel cadre ils « adhèrent à la laïcité ». Je le cite : « ce sont également des égaux, qui ont droit à l’altérité ».
Quel beau mot, « l’altérité »
Mais qu’est-ce que cela recouvre, l’altérité ? Dîtes-moi, monsieur le secrétaire d’état, en quoi ça consiste, l’altérité ?

L’altérité, est-ce que ce sont, un peu partout des minarets, de plus en plus de mosquées débordant sur des rues qu’elles s’approprient, pour la prière purement « religieuse » et aussi pour celle plutôt politique exigeant la mise à mort d’Israël comme dans les rues et sur les parvis d’édifices religieux catholiques assiégés (comme dans plusieurs villes d’Italie)?

L’altérité, est-ce que ce sont des milices religieuses qui n’hésitent pas à menacer les mauvais sujets, des impies sûrement, s’ils persistent à vouloir librement circuler dans certaines rues du 18ème quand est venue l’heure de la prière du vendredi ?

Monsieur Sabeg ne nous dit rien de tout cela ; et nos terribles, honnêtes et indépendants journalistes de l’émission « Cpolitique » avaient probablement la tête ailleurs, ils n’ont pas posé la question au secrétaire d’état dans tous ses états.

Monsieur Sabeg a rivé son clou. En France, l’identité nationale du 21ème siècle se « fera avec l’islam, pas contre l’islam ».
Nous sommes prévenus : c’est ainsi !…

Question à monsieur le secrétaire d’état à la diversité et à ses bons élèves de l’altérité version UMP, du genre Juppé : « avec l’islam », est-ce que cela veut dire avec les bourquas et leurs variantes ? Est-ce que cela voudra dire que les muezzins vont disposer de minarets pour appeler à la prière, et à défaut de muezzins, est-ce que des flots de « Allah hou Akbar ! Seront lancés à la cantonade par des hauts parleurs cinq fois par jour?
Monsieur Sabeg est effrayé, nous a-t-il dit dimanche. Il est effrayé par « des bouffées de racisme et de xénophobie ».

Question à monsieur le secrétaire d’état : à quoi pensez-vous, à quels événements songez-vous quand vous dénoncez les bouffées de racisme et de xénophobie ? Pensez-vous à ce parisien roué de coups et traité de « sale français », le jour où il passait devant l’école militaire, au moment ou des bandes, -rendues furieuses parce qu’on ne leur avait pas distribué l’argent promis par une société de marketing-, se comportaient en émeutiers ?

Pensiez-vous à ces voyageurs agressés dans un TGV ?

Pensiez-vous aux violences à répétition dans les rues de Marseille ?

Pensiez-vous au drapeau français décroché du capitole à Toulouse, brûlé et remplacé par le drapeau de la république « arabo-musulmane » d’Algérie pour protester contre des agissements de supporters de foot ball égyptiens ?

Pensiez-vous à l’agresseur de la comédienne Rayahana ?

Vous nous avez dit, ce dimanche, à propos du débat sur l’identité nationale, je vous cite : «mélanger la bourqua, l’islam et l’identité nationale, c’est un mélange explosif ».
Explosif ? Vous pourriez préciser votre propos ?
Faut-il le prendre comme une menace ?

Je voudrai encore vous citer. Ecoutons vos paroles : « … il faut que la France se regarde telle qu’elle est, qu’elle voit que le peuplement a changé… la France change depuis un demi-siècle, parce que son peuplement a changé… il faut mieux enseigner le fait religieux ! ».

En d’autres termes, la France n’est plus la France, en dehors du fait qu’elle a encore sa forme d’hexagone, ses cinq grands fleuves, leurs affluents et leurs confluents, ses vignobles et son climat encore tempéré.
Son peuplement a changé…

Pour dire cela clairement, cela signifie pour vous que la minorité, -que vous appelez « les musulmans » parce que comme en pays de charia vous les enfermez dans une identité religieuse définitive, dont il leur est pour vous interdit qu’ils sortent mais dont beaucoup voudraient se débarrasser-, est la majorité politique.

La majorité actuelle ne serait qu’une survivance, une scorie, un vestige archéologique, un épiphénomène ; pour cette raison objective, elle devrait, la majorité actuelle, renoncer à ce qu’elle a bâti en presque deux millénaires et surtout en presque deux siècles et demi avec cette Grande révolution universelle que fut la révolution française.

Au fait, monsieur Sabeg, qu’est-ce qui vous a blessé et scandalisé dans les propos des deux députés que vous avez nommément accusés ? Quoi exactement ? Vous en avez trop dit et pas assez pour ne pas devoir vous expliquer à votre tour !

Nous attendons avec intérêt la suite de cette affaire pour connaître enfin la teneur des propos qui provoquent vos reproches.

Alain Rubin

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