Radars, le grand mensonge, de Jean-Luc Nobleaux

Publié le 2 novembre 2009 - par - 319 vues
Share

Nous connaissons tous le discours qui nous est servi sur la sécurité routière. Les automobilistes, outre qu’ils sont responsables du réchauffement de la planète, sont des assassins qu’il convient de surveiller comme le lait sur le feu. C’est pour cela que Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, a installé un nombre toujours croissant de radars, faisant baisser de manière spectaculaire le nombre de tués sur la route. Malheur à celui qui osera remettre en cause ce discours, repris à longueur d’années dans les médias ou sur les plateaux de télévision. Il sera au mieux traité de populiste, au pire de complice des assassins de la route.

C’est pourtant ce qu’ose faire, avec un des arguments solides, au service d’une plume féroce, drôle et incisive, Jean-Luc Nobleaux, journaliste en presse auto-moto. Il a fallu le courage et la volonté de défendre la liberté d’expression d’un homme comme Jean Robin, pour que ce livre, par les éditions Tatamis, puisse voir le jour, personne ne voulant le publier. On se délecte, à la lecture de cet ouvrage, de voir les mécanismes de ceux que l’auteur appelle les autophobes et les motophobes mis à nu.

Quelques chiffres montrent l’ampleur d’une répression grandissante : en 2003, 50 radars, 1,6 million de contredanses, en 2004, 240 radars, 3,1 millions de contredanses, en 2005, 870 radars, 4,3 millions de contredanses, en 2006, 1100 radars, 9 millions de contredanses, en 2008, près de 2000 radars, plus de 10 millions de contredanses ! L’auteur, qui réclame une répression sévère contre les véritables assassins de la route, s’étonne et s’indigne de cet acharnement contre les automobilistes, traités comme des vaches à lait et comme des délinquants. Il dresse un portrait sans concession d’une classe politique, ministres et députés, qui n’a pas un mot, isolés dans leur tour d’ivoire, pour défendre les citoyens de ce pays, victimes d’un véritable système totalitaire où l’accusé n’a même pas les moyens de se défendre devant un juge ! Il enrage que Ségolène Royal ou François Bayrou, lors des dernières élections présidentielles, aient été incapables d’attaquer Nicolas Sarkozy, sur un sujet qui lui aurait fait très mal, et constate, avec regret, que seul le Front national défend les automobilistes, ce qui n’aide pas cette cause, vu le discrédit de ce parti.

L’auteur, avec des élans parfois très républicains, s’inquiète de la coupure croissante entre la police et les citoyens. Il constate que celle-ci, impitoyable avec des automobilistes, se montre souvent bien plus laxiste avec les voyous, ce qui écoeure les victimes de cet acharnement policier. Les quelques portraits qu’il dresse de quelques autophobes connus, comme le Vert Denis Baupin ou le célèbre professeur Got, sont particulièrement croustillants. Il est rassurant, 50 ans après la création d’Astérix, de constater, face aux nouveaux Inquisiteurs de la Sécurité routière, qu’il demeure des esprits libres, au langage souvent gaulois, comme Jean-Luc Nobleaux, pour nous faire rire des Torquemada du 21e siècle qui, au service d’un discours de culpabilité, pourrissent la vie de la majorité de nos concitoyens en refusant de les prendre pour des adultes…

A lire, et à faire lire absolument.

Jeanne Bourdillon

Radars, le grand mensonge, de Jean-Luc Nobleaux, éditions Tatamis, 18 euros

Les commentaires sont fermés.