Sortir le drapeau français en Algérie coûte bien plus cher que sortir le drapeau algérien en France !

Publié le 26 juillet 2010 - par - 1 008 vues
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Drapeau français en Algérie dès 2010 !
Quand la réalité dépasse de très loin la fiction…

Dans l’édition du 24 février 2010, numéro 129 de Riposte Laïque, Laïca fait de la politique fiction et imagine qu’à la fin du mois d’avril 2012, en Algérie, à l’issue d’une rencontre internationale de football, gagnée par l’équipe de France, des expatriés français brûlent le drapeau algérien au fronton de l’hôtel de ville de Blida et le remplacent par le drapeau français.

Et le récit (de fiction bien entendu) d’imaginer la réaction évidemment très virulente des responsables politiques algériens en l’occurrence.
Une façon très humoristique de fustiger le laxisme incroyable des autorités françaises devant le déferlement de haine qui sévit en France métropolitaine à l’égard des symboles de la nation et en particulier du drapeau tricolore.

Or, il n’a pas fallu attendre 2012 pour qu’en Algérie, le drapeau algérien soit brûlé et remplacé par le drapeau français!

Le 19 juin 2010 au cours d’une manifestation dans la commune de Sidi Salem, près d’Annaba (ex-Bône) les manifestants ont sorti des drapeaux français, pour réclamer des logements sociaux.
Cette marche de protestation, réprimée par la brigade anti-émeute, s’est soldée par de nombreuses arrestations. Les émeutiers ont crié des slogans hostiles au Front de Libération nationale ( le FLN) au pouvoir, brûlé le drapeau algérien et incendié l’agence communale ainsi que l’agence postale.

La riposte ne s’est pas fait attendre. Le 6 juillet 2010, tard dans la nuit, dix-huit personnes interpellées le 22 juin, ont été condamnées à de lourdes peines de prison, de deux à huit ans fermes; six parmi elles à huit ans de prison.

Toutes les personnes condamnées sont astreintes à une amende d’un million de dinars (dix mille euros). L’on signalera que, pour faire bonne mesure (hasard du calendrier, sans doute?), quelques heures auparavant, à quelques kilomètres plus loin, le président de l’Assemblée Populaire Communale (APC) de la même commune d’El Bouni et le subdivisionnaire de la DLEP (Direction du logement et des équipements publics), convaincus de corruption ont été condamnés chacun à quatre ans de prison ferme et cinq cent mille DA d’amende par le tribunal correctionnel de Dréan (Tarf).

L’affaire fait grand bruit en Algérie (voir en particulier l’éditorial du quotidien Liberté du 8 juillet 2010).
En France, outre quelques sites pieds-noirs, seul les sites Bellaciao, François de Souche, Nations presse info et Novopress ont relayé l’information.
La presse est restée dans son ensemble plus que discrète, le quotidien Présent, excepté.

On devine aisément pourquoi:

-relever la sévérité de la « justice » algérienne quant aux atteintes aux symboles de la nation en Algérie, c’est reconnaître a contrario, que les autorités françaises sont très peu « chatouilleuses » dans ce domaine en France;

-il ne faut en aucun cas vexer BOUTEF et les « autorités » algériennes, les relations franco-algériennes sont déjà assez « délicates » par ailleurs ; message reçu cinq sur cinq par l’ensemble de la très médiocre classe politique française…

Ajouter à cela , que le « politiquement correct » exige que soit reconnu le droit aux nationalistes barbus algériens de tout se permettre.
Donc, il faut pratiquer la politique de l’autruche : ne pas voir l’appel à la France qui grandit outre-Méditerranée chez une population désespérée ( déjà en 1997, il ne fallait pas écouter la revendication rattachiste des « gueux » d’ANJOUAN).

La seule solution consiste, en l’occurrence, à laisser « matraquer » les jeunes émeutiers algériens en espérant qu’une répression impitoyable sera à même de calmer leurs ardeurs pro-françaises.

Ce n’est évidemment pas une attitude très digne, mais, après tout, une très grande veulerie en la circonstance n’est que la caricature de toutes les lâchetés que commettent par ailleurs les représentants de la classe politique française et nos ineffables « intellectuels  »  » bobos »….

L’enjeu est de taille: préservons l’Ordre de l’ultra-libéralisme, version dure ou version « sociale-démocrate », très hypocrite avec son vernis »antiraciste » et « droits de l’hommesque », en réalité formidablement injuste et même grandguignolesque plutôt que de perdre nos petits privilèges de nantis.

Jean-Michel WEISSGERBER

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