Strasbourg : va-t-on réintroduire le délit de blasphème parce qu’un homme a uriné sur le Coran ?

Ce week end, un fait divers a eu lieu, comme il s’en déroule tant, sauf que celui-ci est un peu particulier :

http://www.lalsace.fr/fr/permalien/article/3911091/Interpelle-pour-avoir-brule-le-Coran-sur-internet.html

Je résume brièvement : un homme, pour une raison indéterminée, se décide à arracher des pages du coran, le gribouiller, pour finir par le brûler et uriner dessus. Un internaute, outré, connaissant la personne, va le dénoncer et donner son numéro de téléphone. Ce qui va permettre au délégué général de la grande mosquée de Strasbourg de contacter l’homme en question, et, évidemment, de porter plainte.

Analysons ce fait totalement banal. Banal parce que idiot : il existe des centaines de milliers, que dis-je, des millions de vidéos où des personnes effectuent des actes stupides, s’auto-brûler leur arrière train, vouloir casser un cd avec sa tête, frimer avec son vélo avant de tomber face devant, mixer un ipod, etc, etc.

Car, oui, j’estime que cet acte est idiot, je ne vois pas bien l’intérêt de brûler un livre, quel qu’il soit, cela ne fait avancer en rien le débat, autant expliquer pourquoi nous ne sommes pas d’accord avec le livre, en démontant, si il le faut, page après page, ses théories ; mais il est vrai que cela prend du temps et du travail. Ceci dit, au final, nous aurions quelque chose de bien plus constructif.

Mais dans ce cas précis, l’homme a été interpellé, ce qui est très grave, pour plusieurs raisons.

En premier lieu, revenons en arrière. Souvenez vous, en juin 2008. Un tollé médiatique s’était soulevé suite à une dénonciation d’un sans papier (http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/06/27/une-assistante-sociale-denonce-un-senegalais-sans-papiers-a-la-police_1063658_3224.html ), ou des questions de secret professionnels, de citoyennetés, puis, forcément, des « heures sombres de la France », de la gestapo, ont été mis en avant, parce que, pour les bien pensants de la première heure, la personne n’avait aucun devoir de dénoncer cette personne.

Dans le cas précis, nous revoici face à une dénonciation, découlant d’une personne simplement outrée. A cette personne, je lui conseille de fermer à jamais son navigateur internet, parce que des vidéos outrantes, et ce, dans tout les domaines, il en existe des millions.

Sauf que la, personne n’a dit un seul mot sur cette dénonciation grotesque, tout les esprits étant tournés vers l’acte en lui-même, et non son dénonciateur.

En second lieu, l’acte du délégué général de la grande mosquée : comment peut-il se permettre d’appeler cet homme ? Je crains que ce n’est que du vent pour tenter de nous faire croire l’ouverture d’esprit de la personne : s’il l’appelle, c’est qu’il veut régler cette histoire de manière cordiale ? Que nenni, il portera quand même plainte. Alors, quelle était l’utilité de se permettre de l’appeler ? Encore une fois, ils se permettent de prendre la place de la justice et donnent des leçons….

« J’étais surpris par sa réaction. Pour lui, cela semblait tout à fait normal. Il semble être dans la provocation sans se rendre compte de la gravité de ses actes. »

Mais, monsieur, cet acte est en effet tout à fait normal. Stupide, oui, certainement. Mais aucunement condamnable, et je vais vous expliquer pourquoi.

Contrairement à ce que prétend le procureur de la république Gilles Delorme, brûler un coran n’est pas une « incitation ou provocation à la haine raciale ».

En premier lieu, rappelons que l’islam n’est pas une race : il y’a des musulmans en France, en Russie, en Algérie, etc. Comment peut-on encore parler de haine raciale dans ce cas ? Cet argument est quasiment toujours utilisé, nous nous devons de le remettre à sa place : le mensonge.

De plus, comment, en brulant un livre, peut-on parler de haine raciale ? En brûlant un livre, cela démontre notre mépris pour sa thèse, sa prose, ses idées. En aucun cas, on ne brûle les personnes qui y adhèrent. Par contre, brûler le drapeau français ou américain, ou se torcher avec, c’est non seulement brûler toutes les valeurs du pays, mais aussi toutes les personnes qui ont adherés à ce pays. Et pourtant, à ma connaissance, à part l’affaire du concours fnac, jamais personne n’a été condamné pour cela, alors même qu’une loi existe en ce sens.

Seulement, pour les musulmans, le coran a un caractère sacré, et c’est pourquoi, au niveau de l’Onu mais aussi en France, ils tentent de remettre au goût du jour le délit de blasphème. Blasphème, qui, en passant, « comme le rappelle l’Encyclopédie catholique, le blasphème ne concerne que le domaine de la religion » (http://fr.wikipedia.org/wiki/Blasph%C3%A8me ), ce qui signifie, que le terme même de blasphème n’a aucune valeur dans une république laïque, parce que la religion est une affaire privée..

Pour les musulmans, porter atteinte au coran est plus grave qu’attenter à une vie non musulman. Il existe des milliers de preuves qui vont en ce sens : lors de chaque massacre perpétrés par des islamiques le revendiquant, pas une seule structure musulmane n’a jamais condamné quoi que ce soit, pas une seule, jamais..

Par contre, dès qu’on parle en mal du coran, pour quelque raison que ce soit, même si on ne fait que de le menacer sans en faire acte (cf l’histoire du pasteur qui voulait le brûler), là, nous retrouvons des millions de musulmans, de par le monde, qui débarquent dans les rues pour protester, le visage haineux, contre l’Occident en général, menaçant de mort toute entorse à leurs règles.

Cette histoire prouve, une fois de plus, que pour les musulmans, la vie d’un homme ne vaut strictement rien par rapport au coran. La loi des hommes, et ils le disent de plus en plus ouvertement, ne vaut rien face à celle du Dieu. Mais cela signifie, au final, que la vie des hommes ne vaut rien. Et leurs actions, protestations, leurs paroles, tout va en ce sens. Au sens contraire aux droits les plus fondamentaux qui ont été mis en place après des siècles d’Histoire, alors même que la leur s’est arrêté au VIIè siècle…

Le problème, c’est que, petit à petit, le poison de leur pensée s’insère dans notre propre mode de pensée, à force d’en parler partout, et déjà, nous voyons des procureurs de la république avoir des pensées et des paroles allant dans ce sens : « incitation ou provocation à la haine raciale ».

Seulement, ce discours sera rapidement remplacé par le délit de blasphème, alors même que ces notions n’ont rien en commun. C’est le nivellement par le bas de la pensée, le retour de la pensée des mœurs qui fait tant de mal dans les pays musulmans, qui osent porter le nom de « police », alors même que leur but, ce n’est pas le maintien de l’ordre public (la définition du mot), mais bien le maintien de l’ordre religieux…

Olivier Pfister

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