Obama en Amérique… latine ! De l’oubli des droits de l’homme à l’écologie de la soumission…
Obama en Amérique…latine, c’était encore l’occasion pour le Président des Etats-Unis cette semaine, lors du sommet des Amériques, de faire la promotion façon marketing de ce leadership mondial qui lui tient tant à cœur. Après avoir saluer l’Iran qu’il veut voir rentrer dans le concert des grandes nations, il a donné des gages de bonne conduite à Chavez et indirectement, à Raoul Castro, le président cubain. Deux représentants de la résistance à l’Oncle Sam qui malheureusement participent d’un mouvement qui à l’ONU a pris le parti de soutenir ceux qui pour Durban II, la prochaine conférence mondiale contre le racisme, préparent l’enterrement des droits de l’homme à la faveur du droit des minorités et de l’interdiction de la critique des religions, sous couvert de respect des différences…
S’ils défendent une autre conception des peuples face à l’ultralibéralisme de l’Amérique, ils considèrent à tort la démocratie et les droits de l’homme comme ne pouvant relever que de la bonne conscience de la bourgeoisie s’en servant d’alibi, pour mieux pérenniser l’exploitation de l’homme par l’homme. Ils défendent mal la cause de la justice sociale qui ne saurait être dissociée des libertés individuelles et de la garantie de la citoyenneté comme manifestation d’une souveraineté qui n’appartient qu’au peuple.
Obama a déclaré que « Les Etats-Unis ont changé », mettant par là, selon certains journalistes, ses détracteurs devant leurs responsabilités… Il parle de « partenariat d’égal à égal » et avec son sens de la formule de rajouter « Je ne suis pas venu ici m’occuper du passé, mais de l’avenir ! » Beaucoup de bruit pourquoi ? Serait-on tenté de s’interroger, en regard de ce que certains de milieu bien informés croient y voir, alimentant les rêves de ceux qui voient en lui une nouvelle donne pour le monde.
La préoccupation essentielle de ce sommet, lors de cette première rencontre entre les Chefs d’Etat de la région dans l’ombre d’Obama, était de se pencher sur « le développement, la sécurité énergétique et l’environnement durable » avec en seconde main un « Partenariat des Amériques pour l’énergie et le climat » avec la prétention, en favorisant les énergies renouvelables, de « contrer le changement climatique »…
Un thème au dessus des partis, où personnes n’est responsable puisque tout le monde serait coupable, qui évite le vrai débat de fond sur les causes des grands déséquilibres qui marquent la situation des hommes entre eux qui ont réellement à voir avec les responsables d’un système de spoliation général, mis au service d’une minorité de nantis. Pour ces derniers, l’écologie est une sorte de joker pour se faire oublier dans le décor et continuer de sévir.
Encore plus fort, sous la plume de Jean-Louis Servan-Schreiber dans le mensuel Psychologie (Psychologie, n° 284 – avril 2009), qui se fait expert en idéologie écolo dominante, pour nous expliquer le pourquoi de tout cela, façon défense de ma classe… La question au centre de tout pour l’homme selon lui, remettre en cause ses comportements habituels, « mais pour cela il faut que nous ayons très peur (en référence aux changements climatiques promis). C’est cette frousse salutaire que provoque l’assaut simultané des deux crises. Nous sommes tous en cause parce que nous sommes tous responsables : nous avons gaspillés depuis que les progrès de la prospérité mondiale nous en donnaient les moyens. Pour décupler ces moyens, les financiers se sont livrés à des prestidigitations fondées sur la crédulité de leurs futures victimes. Sans être directement coupables, nous étions leurs complices, au moins passifs. » Et oui, tout ça est finalement la faute de ceux qui ont eu recours au crédit parce qu’ils ne gagnaient pas assez pour vivre…
Alors comment s’en sortir, selon ce nouveau prophète suppôt du Veau d’or? « Par un retour au réel à plus de frugalité » nous dit-il sans rire ! Cette invitation à se serrer la ceinture est à destination des autres, bien sûr, mais ne le concerne ni lui ni ses semblables.
Et voilà, le tour de passe-passe est opéré ! Non seulement on rend responsable le peuple d’avoir créé la crise écologique en raison de son excès de consommation, il fallait oser le dire, mais en plus, il est aussi responsable de ses propres problèmes d’endettement tout en l’étant aussi de la crise financière… Il fallait y penser ! Une analyse qui frôle l’immoralité intellectuelle et représente la toile de fond sur laquelle le thème de l’écologie sert les intérêts égoïstes qui continuent de dominer le monde et que garantit Obama. Ce dont il est question derrière cette mascarade idéologique, cette supercherie, c’est de rendre responsables les victimes du système de leur propre situation pour mieux par cette culpabilisation générale organiser leur soumission à un ordre toujours aussi injuste.
Après les beaux discours bien huilés d’Obama en Amérique…latine, il n’y a rien à attendre de plus pour les peuples. De l’esbroufe, rien que de l’esbroufe, toujours de l’esbroufe…
L’Iran fête son armée avec en prime la condamnation d’une journaliste à huit ans de prison
Le président Ahmadinejad a ouvert le traditionnel défilé militaire à Téhéran, samedi, avec un discours dont les journalistes ont voulu souligner le caractère modéré, surfant sur le contexte favorable des propos du président Obama qui veut jouer l’ouverture avec ce pays ennemi de tous les attributs de la liberté. Pour le concret, côté modéré, le président iranien a décrit la nation iranienne comme « idéaliste et soutenant la paix et la sécurité » pour tous les pays. Les médias pas plus que les politiques ne se sont pressés de reprendre ces propos pour les confronter à la réalité de ce que l’Iran porte comme modèle de tyrannie et à la politique de soutien que ce pays mène tous azimut du Hezbollah au Hamas ou aux Chiites en Irak, entre terrorisme et encouragement à la guerre sainte partout.
D’autant que, pendant que le président iranien fête sont armée et est traité en démocrate par Washington, une journaliste irano-américaine, Roxana Saberi, qui travaille pour les médias américains, était condamnée à huit ans de prison après avoir été accusée « d’espionnage » au profit des Etats-Unis. Refusant ce verdict vis-à-vis duquel elle a décidé de faire appel, elle a expliqué par l’entremise de son père qu’elle avait fait de faux aveux de culpabilité contre une promesse de libération, dans un contexte d’intimidation… Les autorités iraniennes usent et abusent du chef d’inculpation d’espionnage pour arrêter les journalistes et museler ainsi davantage la liberté d’expression, selon les témoignages de ceux qui tentent dans ce pays de construire une alternative à ce régime inique.
Détenue dans un premier temps pour achat d’alcool on lui reprochait en fait de continuer à exercer son métier de journaliste alors qu’on lui avait retiré sa carte de presse depuis 2006. Il a été ainsi facile de l’accuser de travailler illégalement en Iran puis d’en venir à l’accusation d’espionnage. Une méthode que connaissait bien Pinochet et consort. Voilà les nouveaux amis avec lesquels Monsieur Obama rêve de dialoguer. Il y a décidément du nouveau du côté de l’Amérique, pour le meilleur et pour le pire surtout, et tant pis pour Roxana Saberi. En plus c’est une femme, ce qui ne pardonne pas dans ce genre de pays où règne hijab et autre burqa dont l’Occident se voile la face.
Quand Ségolène nous demandera-t-elle pardon pour avoir fait perdre la gauche aux dernières présidentielles ?
Ségolène Royal n’a pas été plus émue que ça par le sort de cette journaliste, elle a préféré rejouer un truc qui marche, enfin médiatiquement parlant, la technique du « pardon ». Elle avait déjà demandé pardon au Sénégal, pensant pouvoir se prévaloir de représenter la France, pour les propos du président de la république qui avait déclaré plus ou moins adroitement : « Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire. »
Elle en avait profité au passage pour demander pardon pour la responsabilité de notre pays et de son peuple dans la colonisation, mélangeant la responsabilité des choix politiques de quelques-uns et ceux qui en tirèrent profit, avec la République et la généralité des citoyens qui n’ont jamais eu voix au chapitre en la matière, pas plus qu’ils n’en ont tiré le moindre bénéfice. La méthode avait eu un plein succès à travers le Tohu-Bohu d’ampleur international qui avait suivi la demande en pardon de la prude du Poitou : objectif atteint en terme de bruit à défaut de crédibilité.
Eh bien voilà qu’elle remet ça ! Reprenant des propos que le président de la République auraient tenu lors d’un déjeuner à l’Elysée avec des parlementaires, qu’a relaté le journal Libération, selon lesquels Monsieur Zapatero « n’était peut-être pas intelligent » mais avait « gagné deux fois les élections », elle s’est excusée au nom de la France auprès du président du gouvernement espagnol pour ce qu’elle désigne comme des propos « injurieux » qui n’engagent « ni la France, ni les Français ».
Madame Royal se voit là où elle n’est pas, au-dessus du président de la République lui-même, pour pouvoir ainsi distribuer les pardons en se mettant rien de moins qu’à une place où aucun homme politique n’ose se placer, celle de dieu, à moins qu’elle ne se rêve en nouvelle Jeanne d’Arc !
Attention tout de même, côté Jeanne d’Arc, à la chute, quoi qu’elle ait il est vrai en ce qui la concerne commencé par la fin de l’histoire si on y réfléchit bien, les Français ayant donné à ses prétentions politiques lors de sa confrontation avec Sarkozy, la valeur d’un fétu de paille…
Des invités de tous bords, y compris du PS, ont contesté cette version des propos de Nicolas Sarkozy relayés par certains participants, ayant servi de base à l’article paru dans Libération sur lequel s’appuie Ségolène Royal.
A ne pouvoir s’imaginer autrement que comme le nombril du monde, elle se croie à l’abri du ridicule, mais le pardon n’est pas un programme de gouvernement encore moins un projet de société. Il y a eu par le passé l’appel à voter pour elle contre l’autre, comme ça n’a pas marché, maintenant la voilà qui fait appel à l’onction divine : votez pour moi pour que nous soyons tous pardonnés… Amen !
Pour conclure sur cet épisode encore peu glorieux de la politique française d’aujourd’hui où le citoyen cherche désespérément un contenu, elle précisait dans son pardon à Zapatero « toute sa considération » pour ses « réformes courageuses » et son comportement éthique « modèle ». Formidable ! Que ce gouvernement là effectivement, libéral à souhait, où le chômage explose après avoir remplit les comptes en banque des spéculateurs, avec une Espagne qui s’appauvrit en étant à la limite de la faillite.
Un programme type Zapatero, qu’elle tient à notre disposition si elle est élue un jour à la présidence de la République, pour continuer sur le fond la même politique libérale que Sarkozy mais présentée sous les artifices d’un papier cadeau et bolduc qui ne servent qu’à mieux tromper le citoyen. Le peuple est toujours le dindon de cette farce de l’alternance politique qui ne signifie nullement le changement de cap, la notion de projet politique totalement tombé dans l’oubli, derrière l’agitation attrape-tout de la politique spectacle qu’on nous sert ici avec des médias qui s’en régalent côté alambic du consensus.
Il reste une question sans réponse dans tout ce fatras de la politique politicienne : Quand Ségolène nous demandera-t-elle pardon pour avoir fait perdre la gauche aux dernières présidentielles, à l’avoir prise en otage de ses creuses ambitions?
De l’esbroufe, toujours de l’esbroufe, encore de l’esbroufe !
Démocratie, un mot perdu en politique…
Les cinq critères de la démocratie selon le mensuel Sciences Humaines de ce mois (Sciences Humaines n° 204-mai 2009) sont : la souveraineté du peuple, la séparation des pouvoirs, l’égalité devant la loi, la garantie des libertés fondamentales, l’alternance du pouvoir… L’alternance du pouvoir ? Mais évidemment sans que rien ne change quant à la domination libérale ! Le principe de lecture de cette définition faisant prévaloir que, implicitement, la démocratie serait inséparable par nature du projet libéral, autrement dit, la démocratie serait interdite de remettre en cause, au niveau de l’infrastructure économique elle-même les choses sur le fond, d’où tous nos ennuis proviennent.
Il faut dire que l’ère Mitterrand en France n’est pas pour rien dans cette mise en perspective, ce fameux président de la République élu pour changer de société et qui a détourné les espoirs de ceux qui l’avaient élu pour rétablir le capitalisme sur ses bases et à la place du bonheur proposer la rigueur. De ces illusions perdues, de ce désenchantement, a dérivé une gauche de plus en plus compromise dans une alternance qui n’est plus porteuse d’aucun projet de changement dans l’ordre des choses, comme Lionel Jospin candidat à la présidentielle le revendiquait : de n’être porteur d’aucun projet de gauche. On sait comment ça s’est terminé : par la présence pour la première fois à un second tour des élections présidentielles en France d’un candidat d’extrême-droite ! Le Pen pouvait dire merci à la gauche dite plurielle dans cette affaire, de François à Lionel et encore jusqu’à nous à Ségolène. Tout cela ne fait que démoraliser la politique.
La démocratie à ne plus se réclamer que de la mascarade de l’alternance risque d’en périr. La défendre passe aujourd’hui par dénoncer tous ces faiseurs qui ne se servent de la politique que dans une logique de promotion personnelle avec son cortège d’intérêts partisans et de clientélismes qui sont les ennemis des libertés, du citoyen, du bien commun et de notre avenir que seul le peuple a entre les mains.
Le criminel fasciste Omar el-Béchir coule des jours heureux sous l’ère Obama
Et pendant ce temps, Omar el-Béchir, président de la république islamique du Soudan, poursuivi par la Cour pénale internationale pour crime contre l’humanité, qui chaque jour organise la suppression physique de milliers et de milliers d’êtres humains par l’arme terrible de la faim, qui ont le seul tord de ne pas être arabo-musulmans, continue de défier la communauté internationale, sans aucune réaction de notre classe politique.
Des milliers et des milliers, dit comme ça il est vrai, ça semble si abstrait… « Loin des médias, loin du cœur » comme qui dirait. Les choses ne semblent ne pouvoir prendre sens dans la réalité sans que l’image bien scénarisée, en ouverture du JT de 20 h, ne prépare les sensibilités à défaut des esprits que l’émotion met en vacances de la raison. On préfère crier au massacre ailleurs, là où on est sûr de faire pleurer dans les chaumières en jouant de l’effet de reflet, comme avec le conflit israélo-palestinien, où la culpabilité peut faire continuité entre les victimes d’une domination là-bas et celle d’une immigration « poste-coloniale » ici, dont politiques et responsables d’associations font leur fond de commerce. C’est plus porteur, à coup sûr !
Quand donc ceux qui se drapent dans les droits de l’homme iront, après être descendus au côté du Hamas dans la rue, manifester contre Omar el-Béchir et tous ceux qui lui ressemblent, et de façon plus général contre tout ce qui ressemble de près ou de loin à des théocraties religieuses totalitaires et fascistes ? « Faut pas rêver ! » Médias et Obama complices !
Guylain Chevrier
historien






