Voiles, burqas et prêches intégristes sont le visage polymorphe de l’islam intégral

Samedi 9 janvier 2010, dans l’émission «Salut les Terriens !», une jeune femme en burqa nous a fait part du cheminement qui l’a conduite à devenir musulmane, puis à porter la burqa.

Evidemment, son discours fut celui d’un être «libre» qui «apprend une religion» et s’éprend d’elle. Et comme «la vérité est qu’il y a des règles, on les suit et on ne se pose même pas de question». Les écoles juridiques islamiques préconisent-elles que «l’on ne doit rien voir» du corps féminin, «même pas les yeux» ? Oui ! Dans ce cas, portons la burqa !

C’est simple, non ?

C’est tellement simple que c’en est simpliste et, par suite, indéfendable. On peut apprendre la théorie génétique de Lyssenko, l’aimer et passer à l’acte en l’enseignant – comme l’exigeait Staline – , mais cela n’en fait pas pour autant une théorie vraie ! On peut apprendre à tuer, aimer cela et passer à l’acte sur ordre politique ou religieux, mais cela ne fait pas du meurtre ou de l’assassinat un acte nécessairement louable… Ce n’est donc pas parce qu’on apprend, et qu’on aime ce qu’on apprend, que ce qu’on apprend mérite d’être aimé. Pour penser comme cette jeune personne, il ne faut surtout pas se poser de question, et c’est ce qu’elle fait en se cloîtrant dans son habit religieux !

Disons-le tout de go : la burqa est à la fois l’image de notre totale faiblesse face à l’islam militant, et de la force de ce dernier – qu’il exprime, en l’occurrence, intégralement !

Voilà pourquoi nous n’avons pas à nous demander si la burqa se porte librement ou si elle relève d’une prescription religieuse : nous avons à nous demander si elle correspond aux lois laïques et républicaines. Si la réponse est affirmative, où est le problème, puisque des Françaises la portent ? Si la réponse est négative, où est le problème, puisque elle tombe de facto sous le coup de la loi ?

Et s’il prend à certains de voir dans cette confrontation de l’individu à la loi une attitude digne des «législateurs de Vichy», qu’ils relisent l’Histoire, ou qu’ils écoutent ce qu’a rétorqué sur ce point, ce même samedi et dans la même émission, Jean-François Copé à Roland Dumas ! Car, s’il existe en ce domaine un parallèle, il n’est pas dans une politique qui stigmatiserait la communauté musulmane en la discriminant : il est dans la collaboration de la plupart de nos élites avec l’islam militant !

Alors que nous répétons inlassablement que nous sommes un pays laïque, les contribuables bordelais – pour ne prendre que cet exemple – sont invités à aider le projet de grande mosquée de Tareq Oubrou, projet qui bénéficie déjà de 8 hectares de foncier attribués gratuitement ! Outre ici le non-respect de la loi du 9 décembre 1905 – qui stipule, en son article 2, que «La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte» – , voilà qu’on nous inflige de surcroît l’éréthisme des bâtisseurs d’empires ! Certes, chaque religion doit avoir son lieu de culte. L’inquiétant n’est donc pas cette nouvelle mosquée, mais cette idée de Tareq Oubrou selon laquelle «la politique est une donnée (…) une partie (…) un élément de l’islam (…). L’islam, comme le veut le Coran, touche à tous les domaines de la vie. C’est un Etat, c’est un pays (…). Il regroupe toute la communauté dans une géographie. Il n’y a pas de frontières (…). La frontière entre deux pays est une hérésie méprisable en islam. Les Frères musulmans ne reconnaissent pas les frontières entre les peuples musulmans» !

Ainsi s’éclairent en un parfait ensemble la construction de mosquées en terre infidèle et l’entrée de la burqa sur notre sol. Comme le déclare encore Tareq Oubrou : «La politique des musulmans, ce n’est pas la politique des autres ; la politique des autres est construite sur le mensonge» (sic) ! Traduisez : mosquées et burqas sont les balises d’une vérité qui a vocation à se répandre partout, car la vérité n’a pas de frontières !

On comprend désormais pourquoi il est gravissime de ne plus soustraire le politique du religieux, autrement dit d’installer la croyance au cœur de l’arbitrage politique. Considérer la burqa, le voile et les prêches intégristes comme des possibles de la République, c’est plus que régresser : c’est ne rien comprendre à la burqa, au voile, aux prêches intégristes et à la République !

Oui, la burqa est un signe religieux monstrueusement ostentatoire, et l’application de la loi de 1905 implique à elle seule son interdiction !

Oui, la burqa est un signe politique fondamentaliste – qui nie l’article 1 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, en plaçant la femme à un rang inférieur, c’est-à-dire en lui faisant perdre son humanité et sa liberté !

Oui, le voile, si petit ou si coloré soit-il, est un signe sexiste et discriminant !

Oui, les mosquées qui retentissent de discours salafistes sont des lieux de déconstruction de la République !

Oui, la communauté nationale ne pourra rester intégratrice et nationale que si nous n’adossons plus telle ou telle communauté à ses valeurs d’origine !

Si nous ne sommes capables ni de dire cela ni d’agir en conséquence, alors affirmons sans hésiter que voiles et burqas sont l’expression la plus achevée de l’ouverture à l’autre, de la mixité, de la féminité et du droit des femmes, que les prêches intégristes sont les florilèges de la dignité humaine, et que le communautarisme est le nouveau visage d’une République désormais divisible à l’infini !

Maurice Vidal

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