A Aubervilliers, la reconquista a commencé grâce aux femmes !

Publié le 13 décembre 2013 - par - 5 054 vues
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Cela se passe à Aubervilliers, territoire perdu de la République. Des mœurs d’un autre âge s’y sont implanté. Ainsi les cafés et leurs terrasses sont occupés exclusivement par les hommes. On se croirait transporté dans un bled quelconque d’Arabie, le soleil en moins. Ces gens là ne tolèrent pas la présence féminine hors les murs de la maison. Alors une petite dame retraitée de cette banlieue parisienne occupée, excédée de devoir franchir le périphérique, pour aller boire un café, a décidé de brandir le drapeau de la Reconquista. Elle a commencé la réoccupation des lieux dès 2011: avec une copine, elles se sont assises crânement à la terrasse d’un de ces cafés colonisés. Elles n’en menaient pas large sous les regards hostiles de ces hommes, indignés qu’on ose braver leur loi. Elles n’ont pas lâché, ont peu à peu battu le rappel de leurs copines. Aujourd’hui elles sont une soixantaine et ont reconquis une trentaine de cafés. Si vous voulez en savoir plus lisez l’article ci-joint.

http://www.dreuz.info/2013/12/la-lutte-contre-lislam-peut-quelquefois-prendre-une-tournure-bien-sympathique/

Ces petites dames ne sont pas que sympathiques, elles sont vaillantes. Sans faire de bruit, elles se sont unies contre l’apartheid le plus massif de la planète : celui qui frappe les femmes. Oui, pourquoi n’emploie t on jamais ce mot pour la catégorie la plus discriminée au monde ? L’apartheid le plus répandu ne touche pas la race mais le sexe. On ne va pas entrer dans une compétition de chiffres, mais la population la plus nombreuse – un humain sur deux – et la plus stigmatisée du monde, c’est celle des femmes. Particulièrement dans les pays dits émergents. Peut être émergents économiquement, mais pas humainement.
Alors nos petites dames d’Aubervilliers reprennent cette place qu’on leur a si longtemps déniée, ici aussi : celle d’êtres humains libres de circuler. Elles réoccupent le territoire perdu, non seulement pour elles, mais pour tous ceux qui en sont chassés de facto. On ne dira jamais assez l’humiliation et le désespoir de celui qu’on exile de chez lui, à qui on impose des mœurs d’un autre espace et d’un autre temps. Et à qui on interdit de s’en plaindre. Le lieu choisi par nos résistantes d’Aubervilliers est symbolique : le café. Dans les pays qui ont accédé à la démocratie, le café est un lieu ouvert à tous, sans distinction de sexe ou de race, un lieu de détente et de rencontre. Mais il est des contrées reculées où les cafés sont un lieu réservé. Réservé aux hommes. Et donc interdit aux femmes. D’ailleurs dans ces régions du globe, encore nombreuses, la rue est désertée. Désertée par les femmes. On aperçoit de temps en temps une silhouette emmaillotée qui rase les murs. C’est une femme qui a dû braver la rue, talonnée par l’urgence : elle n’avait plus assez de couscous. Tristes contrées privées de mixité, où on ne voit jamais un couple se promener en se tenant la main.
Alors saluons le courage de ces dames . Elles sont le signe encourageant d’une résistance qui s’organise à la base, d’une liberté qui se reconquiert.

Anne Zelensky

 

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