A l’intention du musulman pieux des recommandations pour « Faire ses besoins »

Publié le 3 octobre 2011 - par - 5 205 vues
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Le « Manuel du pèlerin [sur la voie d’Allah] et outils de l’ascète » peut être considéré comme le manuel du bon et pieux musulman. C’est un livre d’environ 250 pages, réédité en 2007 dans sa version originale arabe (1). Il a été traduit en anglais en 1991 par Nuh Ha Mim Keller sous le titre « Reliance of the Traveller and Tools of the Worshipper ». Il parcourt toutes les obligations et tous les interdits du musulman. Ce livre est agréé par l’Université al-Azhar, institution-phare de l’islam sunnite. Son auteur est Shahâb al-Dîn Abi al-‘Abbas Ahmad Ibn al-Naqib  al-Masri (1302-1367) de l’école juridique chafi’ite.  

A travers les chapitres de cet ouvrage, on voit à quel point la religion musulmane s’immisce dans tous les détails, y compris les plus triviaux, de la vie quotidienne du musulman qui n’a pas à se poser de questions sur sa propre vie dans sa quotidienneté  puisque la religion lui a tout prévu (2). Et cela dure depuis 14 siècles …  

Nous avons choisi aujourd’hui le chapitre « Faire ses besoins » que la version anglaise a pudiquement traduit par « Going to the lavatory ». Il va de soi que sélectionner un tel  sujet ne passe pas sans le recours à une lexicologie inhabituelle  aux articles sérieux que le lecteur a l’habitude de trouver sur Riposte Laïque. Nous lui demandons sa compréhension. Mais le sujet est digne d’intérêt : c’est un exemple d’aliénation de l’individu, du berceau au tombeau, par une religion qui en fait un homme privé de tout sens critique et le programme pour qu’il le reste à jamais. 

Imprimatur (sic) de la version anglaise (1991)

par l’Institut Al-Azhar

Il est exigé de celui qui veut s’isoler pour faire ses besoins de se chausser, sauf s’il a une excuse.

Il doit se couvrir la tête et écarter tout ce qui mentionne Allah, son Envoyé et tout nom majestueux.

S’il entre avec un anneau, il fermera son poing et préparera les pierres.

Il entre en disant : « J’entre au nom d’Allah ; ô mon Allah, je me réfugie vers vous pour me protéger des diables et des diablesses »  et sort en disant « Votre pardon, grâce à vous, Allah, a éloigné de moi le mal et m’a laissé sauf ». 

Quand il entre, il avance le pied gauche ; quand il sort, il avance le pied droit. Lors de l’entrée dans les toilettes, ces gestes d’avancer le pied gauche à l’entrée et le pied droit à la sortie ne concernent pas uniquement les toilettes d’un [endroit] bâti mais s’applique aussi dans le désert. Il ne retrousse sa tunique que lorsqu’il s’accroupit du sol et la relâche avant de se redresser. 

Pour s’asseoir, il s’aide surtout du pied gauche. Il ne traîne pas et ne parle pas. Quand l’urine cesse de couler, il s’essuie de la main gauche en allant de l’anus jusqu’à la tête de sa verge puis il  secoue sa verge gentiment trois fois. (3) Il n’urine pas debout sans raison. Il ne se lavera pas à l’eau s’il a peur d’être éclaboussé. Il ne se déplace pas dans les  latrines. 

Dans le désert, il s’éloigne et se protège. Il n’urine pas dans un trou, sur un sol dur, lorsque le vent souffle, lorsqu’il y a du passage, sur un chemin, sous un arbre fruitier, près d’une tombe, dans l’eau stagnante ou dans l’eau courante à faible débit. Il n’urine pas face au soleil ou à la lune, en direction de la Maison Sainte [de Jérusalem], même le dos tourné. Il lui est interdit d’uriner sur des produits comestibles, sur des os, sur un objet vénéré, sur une tombe, à la mosquée, même dans un récipient. 

Il lui est interdit d’uriner ou de déféquer dans le désert face à la Qibla [direction de la Mecque], même en lui tournant le derrière, sans qu’il y ait un obstacle. Cela est permis à l’intérieur d’une construction si cet obstacle est à trois longueurs de bras. Il suffit d’une élévation de mur de deux tiers de bras, qu’il soit lui-même à une distance de deux tiers de bras d’un creux, de sa monture et que l’arrière de sa tunique soit abaissée pour pouvoir faire [ses besoins] face à la Qibla. Il faut considérer que dans le désert ou dans le bâti, il faut une protection. S’il s’en rapproche de trois bras et qu’elle est de deux tiers de bras, cela est possible sinon ce n’est pas possible, sauf dans des latrines. Dans ce cas on peut l’accepter mais c’est détestable, même si le mur est plus loin ou plus bas. 

Il faut nettoyer tous les orifices sales qui sont les issues des deux voies [naturelles], sauf s’il s’agit d’un pet, d’un ver, d’un caillou, d’une crotte sèche ; dans ce cas, les pierres sont suffisantes, sauf dans le cas rare de présence de sang. Faire suivre ce nettoyage par de l’eau est plus souhaitable. Les pierres peuvent être remplacées par tout ce qui est solide, dépourvu de souillure, non respectable et non comestible, comme la peau de cheval non tannée. Si on utilise un liquide autre que l’eau ou un liquide impur ou qui a été au contact d’une matière étrangère impure ou quand ce qui est sorti de son corps s’est étalé ou a séché ou s’est répandu en sortant au contact des bourses ou du prépuce, alors le nettoyage à l’eau s’impose. Si bourses et prépuce sont épargnés,  alors les pierres suffisent. 

Il faut essuyer l’orifice trois fois, soit par trois pierres différentes, soit par une pierre à trois côtés, même si le nettoyage est suffisant sans les pierres. Si les pierres n’arrivent pas tout nettoyer, il faut recommencer. Il est exigé de commencer à s’essuyer de l’avant vers l’arrière, du côté droit avec la première pierre, puis du côté gauche avec la seconde, ensuite sur les deux côtés, et l’orifice même avec la troisième. Avant utilisation, la pierre doit être posée sur un emplacement pur. Il est détestable de se nettoyer avec la main droite. Il faut prendre la pierre de la main droite, la verge de la main gauche puis actionner la pierre. 

Il est souhaitable de faire précéder les ablutions par un lavage. Si le lavage est retardé, cela est acceptable. Par contre, s’il s’agit d’une ablution sèche (4), cela n’est pas acceptable.     

Traduit de l’arabe

par   Bernard Dick 

(1) Al-Maktaba al-‘Asryya (La Librairie Contemporaine), Saida, Liban, édition 2007 p 19-21

(2) Ce chapitre nous rappelle un article d’Abdallah Abou Sharkh traduit dans Riposte Laïque du 15/06/2011 : « Dans les pays développés, les gens s’occupent de la recherche pour lutter contre le cancer  et les maladies mortelles alors que nous, nous sommes affligés par ceux qui inondent les gens de leur discours vide et de leur  polémique stérile. Le monde développé concentre son action sur une station spatiale internationale  alors que nous, nous sommes préoccupés par la manière d’entrer dans les toilettes, par le droit relatif à la période menstruelle, aux suites de couches, à la façon d’allaiter un adulte et à la question de savoir si chevaucher le corps de son épouse morte est licite ou illicite ! »

http://ripostelaique.com/felicitations-aux-islamistes.html

(3) Sous peine de nullité de l’ablution, les gouttes d’urine ne doivent pas éclabousser le musulman.

Quant à la musulmane, il lui est imposé de pincer, entre le pouce et l’index de la main gauche, le méat de l’urètre (d’après la version anglaise). Le texte arabe dont nous disposons ne fait pas état du cas de la femme.

(4) Dans l’ablution sèche ou al-tayammum, l’eau est remplacée par le sable ou la terre

 

 

 

 

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