Algérie : le Général a eu tout faux

De Gaulle n’a pas vu plus loin que le bout de son nez.  En donnant à l’Algérie son indépendance, il a bien fait.  Mais il s’est lourdement trompé en croyant dur comme fer se libérer d’un poids, celui d’une colonie.

Ne disait-il pas :

« C’est beau l’égalité, mais ce n’est pas à notre portée. Vouloir que toutes les populations d’outre-mer jouissent des mêmes droits sociaux que les métropolitains, d’un niveau de vie égal, cela voudrait dire que le nôtre serait abaissé de moitié.  Qui y est prêt ? Alors puisque nous ne pouvons pas leur offrir l’égalité, il vaut mieux leur donner la liberté ! Bye Bye, vous nous coûtez trop cher ! »

Pour nous coûter cher, ils nous coûtent cher, mon général, mais pas comme vous le pensiez.

Certes, l’Algérie est indépendante mais , depuis votre disparition, elle nous a envoyé des milliers de ressortissants venus goûter en métropole aux délices du progrès social que leur pays,  malgré cinquante ans d’indépendance, n’est toujours pas en mesure de donner à son peuple.  C’est à l’un de vos successeurs que nous devons cet afflux de personnes venues s’établir en France au titre du regroupement familial.

Cette diaspora est, dans une moindre mesure,  marocaine et tunisienne, sans parler de l’Afrique sahélienne qui nous apporte généreusement sa contribution.

Mais revenons à nos moutons : nous sommes en 2013.  A voir le flot d’immigrés d’Afrique du Nord, je crains, mon général, que votre « Bye Bye, vous nous coûtez trop cher ! »  soit devenu un sujet de rigolade généralisée de part et d’autre de la Méditerranée.  Là-bas, ils rient à s’en tenir les côtes.  Ici, nous rions jaune.

Comment aurait-on pu prévoir qu’une immigration de travail allait se  métamorphoser en une immigration de peuplement ?

Mon général, vous avez tout faux : nous avons quitté l’Algérie, mais les Algériens ne nous ont pas lâchés !  Leurs voisins africains non plus.

Dans vos entretiens avec Alain Peyrefitte, vous avez déclaré  :

« L’Algérie française, ce serait le tonneau des Danaïdes ».

Aujourd’hui, le tonneau des Danaïdes, c’est la France algérienne et, plus largement maghrébine et sub-sahélienne.

Avouez-le, vous n’avez rien vu venir !  Vous vouliez qu’ils restent chez eux, à savourer leur indépendance : c’est le contraire qui s’est produit. Ils sont venus et ils perçoivent des aides à n’en plus finir. Depuis des années, au nom de l’intégration, on les gâte, on les gave. Et le petit Français de souche en bave, lui qui passe derrière tout ce beau  monde pour le logement social et l’assistanat.

Que de générosité déployée pour ces populations dont vous disiez à juste titre, mon général :

« Qu’on ne se raconte pas d’histoires ! Les musulmans, vous êtes allés les voir ? Vous les avez regardés avec leurs turbans et leurs djellabas ? Vous voyez bien que ce ne sont pas des Français !  Ceux qui prônent l’intégration ont une cervelle de colibri même s’ils sont très savants… ».

Depuis votre départ, nous sommes gouvernés par des colibris.

Vous évoquiez l’impossibilité d’une histoire : celle de l’Algérie française.

C’était sans compter sur l’impossibilité d’une autre histoire :  la France maghrébine.

En abandonnant  l’Algérie à son destin de nation souveraine, vous avez voulu, comme vous l’avez confié à Alain Peyrefitte « sortir de cette boîte à scorpions » :

« De toute façon, l’Algérie française, c’est une fichaise et ceux qui préconisent l’intégration sont des jean-foutre ».

Vous aviez raison.  Nous n’avions rien à faire là-bas. Mais eux n’ont rien à faire chez nous. Et je vous plagierai en disant que la France maghrébine, c’est une foutaise et que ceux qui préconisent l’intégration sont des jean-foutre.

J’y ajouterai une autre de vos déclarations :

« … On ne peut sortir de cette boîte à scorpions qu’en faisant évoluer l’Algérie du tout au tout.  Il faut essayer de lutter contre la clochardisation des Algériens… »

La clochardisation des Algériens ?  Et des Maghrébins d’une manière générale ? Venez en parler à ceux qui les voient bénéficier de multiples droits – priorité au logement lorsqu’on a quatre enfants, allocations familiales, APL,  mais aussi téléviseur écran plat, ordinateur, réfrigérateur-congélateur, canapé et j’en passe,  tout cela financé à 70 pour cent par la CAF !

Vous en avez dites, des choses bien tournées et frappées au coin du bon sens, ce bon sens qui fait tant défaut à ceux qui nous gouvernent depuis des décennies ! Ainsi :

« C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns.  Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle.  Mais à condition qu’ils restent UNE PETITE MINORITE. Sinon, la France ne serait plus la France.  Nous sommes quand même et avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. »

Je ne vous le fais pas dire.  Mais pour la religion chrétienne, je crains que, de  là où vous êtes, vous ne puissiez  voir les milliers de  mosquées qui se sont construites et qui continuent de surgir de notre sol de France.

Je crains que vous ne puissiez voir  la nouvelle foule bigarrée  qui peuple nos villes, et ces jeunes et moins jeunes femmes de plus en plus nombreuses à porter le voile, et parfois le niqab en dépit d’une loi votée pour rassurer le petit peuple de France mais pas pour être appliquée.  Oui, le voile,  et des tenues vestimentaires  dont vous-même laissiez entendre qu’elles n’avait pas vocation à devenir celles des Français… Le droit du sol et les naturalisations qui s’en sont suivies ont fait leur oeuvre.

Vous aviez encore raison lorsque vous avez déclaré, en parlant de l’inéluctable divorce France-Algérie :

« Quant à l’Algérie, on est arrivé là où l’on est parce qu’il n’y avait pas d’Etat ; parce que l’Etat n’a pas fait à temps l’effort qui s’imposait pour faire évoluer l’Algérie, parce que la féodalité des colons a dominé l’Etat et bloqué toute réforme ».

Aujourd’hui, j’écrirais :

« Quant aux Maghrébins de France, on est arrivé là où l’on est parce qu’il n’y a pas d’Etat ; parce que l’Etat n’a pas fait à temps l’effort qui s’imposait pour faire évoluer les Maghrébins de France… ».

Si vous pouviez voir où en est la France de 2013, vous ressusciteriez pour la sauver d’une islamisation galopante.   Vous n’avez rien vu venir, vous qui disiez :

« Si nous faisions l’intégration, si tous les Arabes et Berbères d’Algérie étaient considérés comme Français, comment les empêcherait-on de venir s’installer en métropole, alors que le niveau de vie y est tellement plus élevé ? Mon village ne s’appellerait plus Colombey-les-Deux-Eglises mais Colombey-les-Deux-Mosquées ! ».

Et d’ajouter :

« J’ai dit aux électeurs qu’il faudrait trouver une solution généreuse ».

Généreuse ?  La France s’est montrée très généreuse envers les Maghrébins qu’elle accueille.  Trop généreuse, sans doute, en leur donnant tout ce que leur propre pays leur refuse, occupés que sont leurs dirigeants à s’enrichir sur le dos du petit peuple.

Ces mêmes Maghrébins qui distillent dans l’esprit de leurs enfants nés français un rejet, voire une haine de la France, de ses institutions démocratiques, de sa liberté de culte, de sa liberté tout court.  Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Malika Sorel.  Une authentique française issue de l’immigration maghrébine.  Une amoureuse de la nation française, de ses valeurs, de ses libertés.  Elle l’a martelé dans un ouvrage remarquable : « Immigration-Intégration : le langage de vérité ».

Mon général, vous auriez beaucoup apprécié Malika Sorel.

Elle évoque les incessantes revendications identitaires des Maghrébins de France, le soin que les mères prennent à piétiner l’image de notre beau pays dans l’esprit de leurs enfants,  leur refus de voir leur progéniture assimiler les éléments de la culture française.

Une entreprise de démolition de notre cohésion nationale en armant des mains innocentes.  Des mains qui,  dans nos banlieues dont certaines sont devenues des zones de non-droit, s’affairent à dealer des barrettes de shit et des drogues moins douces, plutôt que d’aller apprendre à lire et à écrire.  Compter suffit pour l’avenir qui leur est tracé.

Car le chien finit par mordre la main qui le nourrit trop bien .

L’assistanat, parce qu’il ne valorise pas l’individu,  engendre la frustration, et la revendication identitaire qui devient alors le seul moyen d’exister.

Les Français « de souche » en ont assez de ces jérémiades.  Ils demandent aux nouveaux venus de s’adapter.  Et en cas de refus, voici  l’appel au sursaut lancé par Max Gallo à la foule de plus en plus dense des exaspérés :

« Il faut bien que quelqu’un monte sur le ring et dise «Je suis fier d’être français ».  Qu’il réponde à ceux qui condament la France pour ce qu’elle fut, ce qu’elle est, ce qu’elle sera : une criminelle devenue vieillerie décadente (…) Ils exigent que la France reconnaisse qu’elle les opprime, qu’elle les torture, qu’elle les massacre.  Seule coupable ! Pas de héros dans ce pays !  Renversons les statues, déchirons les légendes. Célébrons Trafalgar et Waterloo, et renions Austerlitz !  Ils veulent que la France s’agenouille, baisse la tête, avoue, fasse repentance, reconnaisse ses crimes et, tondue, en robe de bure, se laisse couvrir d’insultes, de crachats, heureuse qu’on ne la « nique » qu’en chanson et qu’on ne la brûle que symboliquement chaque nuit !  Il est temps de redresser la tête, de hausser la voix, de monter sur le ring… et de boxer à la française ! ».

Je suis sûre, mon général, que vous approuverez.

Et pour les erreurs d’appréciation que vous avez commises,  sachez que je vous pardonne:   ce n’est pas parce qu’on a des étoiles qu’on est Madame Soleil.

Eve Sauvagère


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