BHL, les morts français au Mali, c’est ta faute !

Il n’est pas question ici de revenir sur la nécessité d’une intervention urgente au Mali, Aqmi ou pas, Touaregs ou pas, Bamako ou pas. Tout juste regrettera-t-on qu’après le vote d’une résolution claire à l’ONU et face à une situation géo-politique à la fois claire et complexe, la réaction occidentale soit à ce point mièvre. Là où il fallait un mouvement d’emblée solidaire contre le pire danger qui nous menace tous, on ne voit à ce jour que quelques timides propositions d’une coopération mesurée à l’avion près par les petits comptables de la lâcheté continentale. On va en parler, dit-on. Après dîner.

S’il fallait une raison de plus de vomir cette Europe que l’on nous impose, elle est là, dans cet accord concédé du bout des lèvres. Il semble que le discours soit pour l’instant « la France se démerde et on attend la suite ». Bravo Bruxelles! On est fier de savoir que tu présides à nos destinées communes avec les attributs d’un taureau de combat!

En attendant le sursaut de cette guimauve cuite dans l’oubli de ce qu’elle fut, nos soldats pénétrent un peu plus chaque jour dans la guerre. Et cette guerre, manifestement sous-estimée par les civils qui la mènent, répond aux questions que je posais sur ce site il y a quelque temps déjà : comment annihiler le croissant islamiste qui va se renfonçant du nord-Nigeria à la Somalie? Comment sortir de ce conflit sans engager, à un moment ou à un autre, nos hommes, descendants directs des Français qui eurent à combattre maintes fois entre dunes et palmeraies, sur le terrain même et bien plus massivement qu’aujourd’hui ? Quelle sera l’attitude à moyen terme de l’Algérie, dont je pressentais que François Hollande avait discuté la neutralité (sans forcément l’obtenir à l’époque) lors de son récent voyage? Et d’autres questions, tout aussi brûlantes.

Et puis, encore, que va-t-on faire de la cinquième colonne islamiste parfaitement installée chez nous depuis plus de trente ans par des apprentis-sorciers qui continuent à lui caresser le ventre? Comment, dès lors que tant de régions du pays se scindent à grande vitesse entre « terres de la trève » et « terres du djihad », régler désormais le problème de cette armée silencieuse que des gouvernements successifs, de droite comme de gauche, ont laissée se structurer, s’organiser? Les médias, volaille frissonnante des peurs qu’ils s’ingénient à créer, audimat oblige, peuvent se taire un peu plus là-dessus, comme ils se taisent sur les Maliens brandissant des drapeaux tricolores (horreur post-coloniale) quant tant de jeunes Français crachent dessus et se torchent le cul avec à la moindre occasion. Ils jouent sur du velours, nos fringants analystes, personne aujourd’hui en France n’étant en mesure de donner de ce péril une évaluation crédible, personne sauf, sans doute, les gens du renseignement, anonymes courageux et patriotes dont le pouvoir utilise à sa convenance les précieuses informations. Quand ça l’arrange. Quand il a lui-même la trouille. Quand il faut bien se résoudre à donner au peuple sa pâture.

Comment traiter maintenant la haine ouverte que l’Islam déverse sur nous par ses propres médias, haine en tous points semblable à celle claironnée par les tueurs de Gao, de Tombouctou et de Somalie? Combien de temps faudra-t-il encore supporter l’insolence de ceux qui se revendiquent ennemis de la France à l’intérieur même de ses frontières? Il n’est pas un jour, pas une heure, sans que ces tenants de la solution finale du problème français ne s’expriment. Mais que sommes-nous donc devenus pour considérer que ces discours de mort encouragés par des Qaradawi, des Ramadan, des religieux stupides, des complices maquillés pour le studio et des politiciens aux ordres (ils jettent le masque, l’un après l’autre), sont un élément parmi d’autres de notre vie en démocratie? Combien les Aqmi, les Shebab, les dingues du Nigeria devront-ils tuer de gens avant qu’on se décide à mettre une fois pour toutes leur base arrière en Europe, faite de ceux qui les soutiennent chez nous, hors d’état de nuire? Ils sont des centaines, voire des milliers, à attendre l’ordre d’agir, à Paris, à Marseille, à Grenoble, partout ailleurs! Courage Président! Il se pourrait bien que votre ouvrage pour l’Histoire ne soit qu’à peine commencé. On peut rêver, même quand le CFCM, dans une de ces contorsions dont il a décidément le secret, vous félicite pour avoir simplement qualifié de terroristes les islamistes de nord-Mali.

bhl-entarteNous sommes en vérité dans la tragédie, au chevet du lieutenant Boîteux peut-être bien tué par une de ces armes dont Monsieur Bernard-Henri Lévy a si généreusement doté les charia-boys de Libye. Ah, les jolis compagnons de route que voilà! Tu es fier de toi, BHL? Tu ne ressens rien à la vue d’un cadavre d’officier français troué par l’un de ces flingues offerts à des gens dont tu as eu vite fait de t’éloigner, histoire de ne pas froisser davantage le lin de ton joli costume? Moi, je prétends que tu es responsable de cette mort. Oh, certes, il ne s’agit que d’un homme allongé sur du sable, loin de Saint-Paul de Vence et de Paris. Mais cet homme-là est mon frère, vois-tu, et je t’en veux d’avoir donné à son ennemi la kalachnikov qui l’a abattu.

Là, je te vois, disert, te pencher vers quelque ami mieux informé que toi et lui demander : »C’est quoi, au juste, un lieutenant de l’armée française? » Et je trouve ce mépris pour ton pays parfaitement dégueulasse.

Alain Dubos


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