Boulevard Voltaire, c’est l’esprit de Marianne avant la normalisation Szafran-Domenach

Nous l’avouons, nous suivons avec sympathie Boulevard Voltaire, comme tout nouveau site qui permet de faire vivre un débat démocratique, sur des thèmes que les médias dominants entendent occulter. Dès la parution du premier numéro, nous avions donc interviewé Dominique Jamet.

Dans un article intitulé « Pauvre Voltaire », Aude Lancelin, présentée comme philosophe, passée par Le Nouvel Observateur et devenue rédactrice en chef adjointe à Marianne, responsable du service « Culture et Idées », essaie laborieusement de démontrer que le site Boulevard Voltaire serait indigne de celui à qui il se réfère. Forcément, selon la commissaire politique, la traque du métèque serait sa seule boussole, ce qui nous rappellerait les heures les plus sombre… Un article qui avait indigné un de nos contributeurs, Marcus Graven, qui avait tenu à y répondre dans nos colonnes, accusant Aude Lancelin d’être une sinistre caricature de c’est qu’est devenu le Marianne de Domenach-Szafran.

Il est vrai que ce texte illustre mieux que de longs discours la dérive du Marianne de Jean-François Kahn, créé en 1997, avec notamment Philippe Cohen, pour contester la dictature du politiquement correct qu’incarnait alors, aux yeux de son fondateur, Le Monde, Libération ou Le Nouvel Observateur.

Boulevard Voltaire, dans l’univers de la presse internet, apporte au débat démocratique la même bouffée d’oxygène qu’amenait Marianne, à sa création, en 1997. Aujourd’hui, on trouve, dans ce journal, une parole libre, une volonté d’approfondir les débats, et des plumes exceptionnelles comme celle de Gabrielle Cluzel. Il a été le seul à parler de la Marche contre le fascisme islamique de Résistance républicaine, le 10 novembre dernier, et de la vidéo de Guy Sauvage sur la RATP. Dans l’esprit qui animait Robert Ménard sur I-Télé, il donne la parole à tous ceux qui, comme un Bernard Lugan, ne sont jamais invités nulle part, et ont pourtant des choses intéressantes à dire. Il permet, depuis quelques jours, un véritable débat démocratique sur l’islam, où Nicolas Gauthier, qui paraît ne pas apprécier Riposte Laïque, doit faire face à des Christine Tasin, Pascal Hilout ou Hamid Zanaz. Le débat est certes vif – comme parfois sur Riposte Laïque – mais plutôt des excès de débats vifs que pas de débats du tout ! 

Quinze ans plus tôt, grâce à l’influence de Jean-François Kahn (même si son côté européiste était exaspérant, et son lynchage continu d’Ivan Rioufol indigne), on avait assisté à la naissance d’un nouvel hebdomadaire à grand tirage, qui  avait lui aussi mis un coup de pied dans la fourmilière. Cet hebdomadaire osait parler de la Nation, de la République, de l’immigration, de l’insécurité, de l’islamisme, thèmes qui, à l’époque, valaient immédiatement l’excommunication médiatique, avec la qualification de « lepénisation des esprits » à tous les inconscients qui osaient s’y aventurer.

Personne ne remerciera suffisamment Philippe Cohen, alors rédacteur en chef à Marianne, et Pierre Péan, d’avoir publier, dans cet esprit, « La face cachée du Monde » qui tailla en pièces le trio Colombani-Plenel-Minc, et écorna durablement l’image du quotidien de référence de la presse française.

Pourtant, quinze ans après, que reste-il du Marianne de Jean-François Kahn et Philippe Cohen ? Plus grand-chose, nous avons droit, à présent, au Marianne de Maurice Szafran et Nicolas Domenach, qui ont multiplié les recrues venues de Libération et du Nouvel Observateur, à l’image d’Aude Lancelin. Cela s’appelle une normalisation, comme celle opérée, avec d’autres moyens, par les chars soviétiques en 1968 à Prague. Marianne n’est plus Marianne, c’est tout, et on se demande comment Jean-François Kahn a-t-il pu laisser son journal évoluer ainsi.

Ainsi, au mépris de toute déontologie, Maurice Szafran s’est permis de salir Philippe Cohen, sur deux pleines pages, sans lui laisser la possibilité, dans un premier temps, de se défendre, l’accusant, suite à son nouveau livre écrit avec Pierre Péan, Le Pen, une histoire française, de participer à une réhabilitation du fondateur du FN et de sa fille. Il a fallu que Philippe Cohen bataille dur, juste avant de claquer la porte, pour avoir droit, seulement ensuite, à un droit de réponse. Du temps de Jean-François Kahn, dans l’esprit de Boulevard Voltaire de Robert Ménard, il y aurait eu le point de vue de Szafran sur la page de gauche, et celui de Cohen sur la page de droite. Et les lecteurs auraient choisi, en toute connaissance de cause.

Le même Maurice Szafran, qui, donne des leçons de déontologie au Nouvel Observateur, suite à son traitement racoleur de l’histoire de cul DSK-Iacub, est le même qui, au mépris de tout code d’honneur, s’était permis de publier, avec son compère Domenach, un livre sordide sur les off que leur avaient confié Nicolas Sarkozy, en pleine campagne présidentielle : « Off, ce que Nicolas Sarkozy n’aurait jamais dû nous dire ». Finalement, Iacub rend publiques les confidences de ses coucheries, Domenach et Szafran celles de leurs dîners en ville. N’y a-t-il pas, comme le faisait remarquer Paul Le Poulpe, un côté obscène assez semblable ?

Le même Szafran, et cela résume la dérive de Marianne, expliquait, sur un plateau de télévision, quelques jours avant la primaire de l’UMP, qu’il souhaitait la victoire de Fillon face à Copé, parce que ce dernier avait mené une campagne digne de Marine Le Pen, et devait être sanctionné. Bref, de la bouillie digne de Demorand ou de Joffrin.

Quant à Nicolas Domenach, il faut malgré tout le remercier. Avec son discours de bobo compassionnel, dans l’émission télévisée « Ca se dispute », sur I-Télé, il est tellement mauvais qu’il sert de faire-valoir à Eric Zemmour, qui le domine régulièrement de la tête et des épaules.

Marianne a amené un ballon d’oxygène à la presse écrite pendant 10 ans. Depuis 2007, Marianne est rentré au chenil, et raconte la même chose que ceux contre qui il s’est créé.

Jusqu’en 2007, j’achetais Marianne chaque semaine. Depuis, j’ai cessé de le lire. Je préfère m’informer sur Boulevard Voltaire, Riposte Laïque, bien sûr, Fdesouche, Nouvelles de France, Enquête et Débats, Le Gaulois, Islamisation, et tous ces sites où il demeure une parole libre.

Bernard Bayle

Print Friendly

Derniers articles du même auteur :



Ce contenu a été publié dans MEDIAS. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.