Boycott-Désinvestissements-Sanctions contre les méchants sionistes

Montpellier, le Samedi 24 Novembre. Je traverse la place de la Comédie. Sur ma droite, une sorte de marché de Noël témoigne (disons à demi-mot) d’une tradition pas très laïque, mais ma foi bien française. C’est moche, kitch de surcroît, kitch surtout à bien y regarder… Des barraques en bois hébergent quelques commerçants. On a foutu à la porte « l’esprit de Noël » manu militari, sans gants, sans regrets, ça ne fait pas un pli. Dans le Languedoc le vin chaud dans le verre tire la gueule : c’est assurément contre nature que le Sud se plie aux fêtes d’hiver. Je passe mon chemin…

Un peu à l’écart, quelques mètres à peine, comme camouflé (sous protectorat de Noël ?), un stand a été monté à la va-vite… Quelque chose d’inhabituel : je m’approche. Je lis : BDS. Qu’est-ce donc ? On me tend une brochure. Boycott, désinvestissements, SANCTIONS. Ah !… « Notre réponse à l’occupation, à la colonisation et à l’apartheid israélien ». Oh ! Je dois avoir l’air suffisamment intéressé : on me tend une fiche, un tract pour ainsi dire, un appel au boycott. J’y découvre une liste très précise et bigrement documentée de produits proscrits : « Ahava exploite les vertus supposées des boues de la Mer Morte sous la forme de crèmes et d’autres produits cosmétiques. Son usine située dans la colonie illégale de Miszpe Shalem est détenue à 44% par Mitzpe Shalem et par une autre colonie, Kalia ; ces produits profitent directement à la colonisation […] » Hum… Soit. Des lingettes (défendues !) seraient « conditionnées à partir de matériau importés d’Israel » ! Pas mal de fruits et légumes aussi. Des fruits sionistes ! M’offusqué-je. Je m’en doutais : On peut donc chopper le virus par ingestion… On me donne encore un petit fascicule d’une quarantaine de pages intitulé « Stoppons le KKL-FNJ » et sous-titré on ne peut plus clairement « Le Fonds National Juif : une institution au service de l’apartheid israélien et du nettoyage ethnique du peuple palestinien ». Sur la table, comme à l’étalage, il y a des T-shirts encore, en libre service, ce qui constitue une réelle opportunité pour le premier punk à chien venu de se vêtir à l’œil – remarqué-je –, si tant est qu’il soit prêt à travestir son anarchisme en appelant à la « Justice en Palestine ». Perdu dans cette vision extravangante, mon regard se porte sur trois jeunes filles (d’environ 16 ans) debout aux abords du stand, accoutrées en anti-sioniste de la dernière heure, et dont j’aimerais connaître les vues sur la situation géo-politique au Moyen-Orient, mais cela commence à faire beaucoup : il est grand temps de se débiner.

Je passais par là pour aller au café. La place de la Comédie m’a offert un fameux spectacle. Le soir, chez moi, au bas de la brochure, j’ai lu la liste des signataires de cette association. Association des travailleurs maghrébins de France… association des tunisiens en France… collectif des musulmans de France… mouvement immigrations banlieues ( ???)… parti des indigènes de la République… union des travailleurs immigrés tunisiens… Et quelques autres, des féministes, de la décroissance, du NPA…

Ainsi lorsque l’espace publique devient malgré-lui la tribune d’une guerre de religion…

A côté, le marché de Noël, finalement… J’achète un saucisson aux herbes. Ce soir c’est moi qui régale.

Joseph-Antoine Barnois


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