Brasillach : Et si on parlait de la connivence de toute la gauche avec l’antisémite hitlérien Jean Genet ?

Il faut arrêter avec Brasillach à tout bout de champ, Céline et d’autres ; sortons les cadavres et pas seulement exquis des placards, de la gauche morale.

La gauche a son icône, écrivain, délinquant et homosexuel revendiqué, thuriféraire de toutes les figures du mal, encensé par Sartre, Foucault et Derrida : Jean Genet, le personnage fascine les intellectuels de gauche qui en ont fait un symbole de résistance contre l’injustice et l’oppression en escamotant totalement l’« autre Genet », un déclassé aigri et antisémite, fasciné par les crimes de la Milice, qui compare Auschwitz à une rose merveilleuse.

Jean Genet a été fasciné par les nazis, la figure de Hitler et les camps d’extermination depuis les années 1940 jusqu’à sa mort, il partage de nombreux thèmes avec les écrivains fascistes français comme Drieu La Rochelle.

Non seulement les accointances de Genet avec l’idéal hitlérien sont nombreuses, mais elles ont été systématiquement niées et euphémisées par les intellectuels de gauche après la Libération. Le soutien inconditionnel de Sartre a permis de dénazifier Genet aux yeux du monde, en 1966, la bataille de sa pièce « les Paravents » met aux prises Genet et les légionnaires français, mais les critiques marxistes rendent hommage au héraut des peuples en lutte. En vingt ans, Genet est passé de la révolution nazie à la révolution prolétarienne par la seule grâce des intellectuels de gauche et de André Malraux.

Fasciné par les cultes du corps et de la virilité développés par le Nazisme, Jean Genet fait l’apologie de la Milice :

(…). J’aimais ces gosses dont la dureté se foutait des déboires d’une nation (…). J’étais heureux de voir la France terrorisée par des enfants en armes, mais je l’étais bien plus quand ces enfants étaient des voleurs, des gouapes. Si j’eusse été plus jeune, je me faisais milicien. Je caressais les plus beaux, et secrètement je les reconnaissais comme mes envoyés, délégués parmi les bourgeois pour exécuter les crimes que la prudence m’interdisait de commettre moi-même.

Ainsi que celle de l’Allemagne nazie :

Il est naturel que cette piraterie, le banditisme le plus fou qu’était l’Allemagne hitlérienne provoque la haine des braves gens, mais en moi l’admiration profonde et la sympathie. Quand un jour, je vis derrière un parapet tirer sur les Français les soldats allemands, j’eus honte soudain de n’être pas avec eux, épaulant mon fusil et mourant à leurs côtés (…). Je note encore qu’au centre du tourbillon qui précède — et enveloppe presque — l’instant de la jouissance, tourbillon plus enivrant quelques fois que la jouissance elle-même, la plus belle image érotique, la plus grave, celle vers quoi tout tendait, préparée par une sorte de fête intérieure, m’était offerte par un beau soldat allemand en costume noir du tankiste.

Et du massacre d’Oradour sur Glane :

On me dit que l’officier allemand qui commanda le massacre d’Oradour avait un visage assez doux, plutôt sympathique. Il a fait ce qu’il a pu — beaucoup — pour la poésie. Il a bien mérité d’elle (…). J’aime et respecte cet officier.

Cocteau et Sartre encensent ce mauvais garçon de la scène littéraire française et le considèrent comme le génie de leur temps. Cocteau le sauve de la prison à perpétuité et Sartre se met à écrire une œuvre sur lui (Saint Genet, comédien et martyr), en faisant l’exemplum de sa philosophie existentialiste.

Genet, au faîte de sa gloire parisienne, fréquente Sartre, Simone de Beauvoir, Alberto Giacometti, Henri Matisse, Brassaï.

Et l’on reproche Brasillach à Jean-Marie Le Pen.

Il entame une carrière de dramaturge ; précédées par sa réputation et son odeur de scandale, ses pièces sont des succès, contrastant avec un accueil critique très ambivalent et une diffusion longtemps confidentielle. Les plus grands metteurs en scène montent ses premières pièces : Roger Blin monte Les Nègres puis Les Paravents, avec le soutien d’André Malraux.

Le propos de Genet se fait plus engagé, la politique le titille. Il élève la voix contre la tyrannie blanche, la domination occidentale, l’état déplorable dans lequel la France abandonne ses anciennes colonies.

Abandonnant quelque temps l’écriture, il se consacre à des combats marginaux, souvent d’extrêmes gauche : les Black Panthers qu’il rencontre et soutient dès 1970 aux États-Unis, puis évidemment les Palestiniens de l’OLP , il  rencontre Yasser Arafat et Leïla Chahid en septembre 1982, il est le premier Occidental à pénétrer dans Chatila, après les massacres perpétrés par les milices chrétiennes, alliées de l’armée israélienne du commandant Ariel Sharon). Il en tire son texte politique majeur « Quatre heures à Chatila » qui feront de lui l’idole des palestiniens puis de tous les peuples arabes, et désormais il se promène dans tous les camps d’entrainement palestiniens au Liban ou il peut croiser les membres de la bande à Baader, et dans tous les pays arabes où existent des camps d’entrainement tout azimut.

En 1974, Il soutient la candidature à l’élection présidentielle de François Mitterrand. Gilles Deleuze publie un livre sur lui  : Glas.

1977 dans un article, intitulé Violence et brutalité, Genet approuve la violence de la bande à Baader, de même qu’il a vu, dans l’attentat palestinien contre les athlètes, aux Jeux olympiques de Munich, en 1972, l’avènement d’un terrorisme qu’il appelait de ses vœux.

Par contre ses propos antisémites sont peu connus car transformés en « objet poétique » par ses amis de gauche.

« Le peuple juif, bien loin d’être le plus malheureux de la terre — les Indiens des Andes vont plus au fond dans la misère et l’abandon — comme il a fait croire au génocide alors qu’en Amérique, des Juifs, riches ou pauvres, étaient en réserve de sperme pour la procréation, pour la continuité du peuple élu. »

« Dans ce pouvoir exécrable, le peuple juif s’enfonce tellement loin qu’on peut se demander, une fois de plus dans son histoire, s’il ne veut pas, méritant l’unanime condamnation, retrouver son destin de peuple errant, humilié, au pouvoir souterrain. Il s’est, cette fois, trop exposé dans la lumière terrible des massacres qu’il a cessé de subir, mais qu’il inflige, et il veut retrouver l’ombre d’autrefois pour redevenir, supposant l’avoir été, le “sel de la terre”. Mais alors quelle démarche ! L’Union soviétique, les pays arabes, aussi veules soient-ils, en refusant d’intervenir dans cette guerre, auraient donc permis à Israël d’apparaître enfin aux yeux du monde et en plein soleil, comme un dément parmi les nations ? »

Ces propos n’ont suscité que des commentaires banals de Sartre, ou quelques rares critiques de la part d’intellectuels qui mettaient notamment en cause ses propos sur Hitler.

En quoi la gauche est-elle fondée à faire des leçons de morale à Marine Le Pen, d’autant que les anti-dreyfusards qui venaient de la gauche pour finir stipendiés à Vichy ont vu leur biographie époussetée et, sans le travail de Simon Epstein, leurs accointances avec les nazis seraient aujourd’hui oubliées ?

Michel Ciardi

Simon Epstein , Un paradoxe français : Antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance. Albin Michel. Paris 2008

Simon Epstein, Les Dreyfusards sous l’Occupation. Albin Michel. Paris 2001

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