Philippe Landeux, contributeur occasionnel à Riposte Laïque, dans une lettre ouverte, a passé au crible les positions du très controversé Alain Soral, président de l’association Egalité & Réconciliation. Il ne s’est pas contenté de rejeter ses propositions. Il explique comment ce dernier en arrive à les faire, et pourquoi elles sont « foireuses » selon lui. Alors qu’ils sont tous les deux d’accord sur l’analyse générale et se veulent tous deux des opposants au système (Philippe Landeux est connu pour sa critique de Largent et sa théorie du Civisme), alors même que Philippe Landeux ne fait pas mystère de son admiration pour Alain Soral, leurs solutions sont radicalement opposées.
Alain Soral prône la communautarisation des Arabo-musulmans en vue d’un rééquilibrage communautaire. Philippe Landeux démontre que cette politique est non seulement « contraire » au but recherché (la « réconciliation »), mais encore « désastreuse » sous tous rapports. Il défend, lui, le modèle assimilationniste, pendant d’un modèle « différencialiste ». Il fait plus : il énonce clairement les règles de l’assimilation et de la différenciation. Il a cependant conscience des limites de cette méthode dans le contexte actuel.
Cette lettre est la meilleure analyse jamais produite sur ces deux modèles. Philippe Landeux va au fond des choses. Il ne ménage rien ni personne. Il ne se soucie que de la vérité et du salut de la France.
Cette lettre est trop longue pour être rapportée ici. En voici néanmoins quelques extraits, suivis du lien pour la trouver dans son intégralité.
« Il faut garder à l’esprit que le but est la réconciliation entre les Français « de souche » (patriotes) — hostiles à une immigration non désirée qu’ils considèrent à juste titre comme une invasion — et les Arabo-musulmans, issus de l’immigration, se considérant toujours comme des immigrés (imprégnés qu’ils sont par l’idéologie antiraciste) et étant regardés comme des étrangers (ils sont d’ailleurs souvent bi-nationaux), des intrus et un danger pour la France. Si une réconciliation est nécessaire, c’est bien qu’une séparation perdure entre les Français « de souche » qui sont chez eux et dont les exigences sont seules légitimes, et des immigrés qui, au bout de plusieurs générations, ne sont toujours pas perçus comme des Français à part entière. Or en quoi le fait que les musulmans se renforcent en tant que communauté favoriserait-il leur acceptation par les Français et donc la réconciliation ? Ils sont déjà perçus comme une communauté étrangère, et le communautarisme que vous préconisez comme solution (même si cela n’est, dans votre esprit, que la première étape d’un long processus) ne peut que renforcer la défiance et susciter une haine inextinguible à leur endroit. En outre, s’ils renouent avec la culture de leurs parents et se ré-islamisent, comme vous le leur conseillez, comment pourront-ils prétendre être français, comment les Français pourront-ils les regarder jamais autrement que comme des étrangers ? D’autant plus que le communautarisme a pour but de d’être fort et de se faire craindre. Mais être forts contre qui, pour faire quoi, pour demander quoi, pour obtenir quoi les concernant ? Pour persécuter un peu plus les Français « de souche » ? Pour arracher des dérogations aux lois de la « République », au nom de coutumes étrangères ? Non ! décidément, faire bande à part, se signaler en tant qu’étranger, emmerder le monde et se faire craindre est la pire recette pour une réconciliation.
[...]
Commençons par les immigrés, français ou non, qui se sentent étrangers et désirent rester en France avec honneur ou envisagent de retourner un jour dans leur pays d’origine avec fierté. La ligne de conduite à adopter est la même dans les deux cas. Ils doivent :
1. Renoncer à toute nationalité autre que celle qui leur tient à cœur,
2. S’interdire d’exercer en France aucune influence politique,
3. Se comporter en dignes invités de la France et des Français,
4. Garder à l’esprit que leur comportement rejaillit sur tous leurs compatriotes.
[...]
Nous en arrivons enfin au véritable objet de ce texte : l’assimilation, méthode que vous rejetez, M. Soral, mais sans jamais indiquer en quoi elle consiste. Je soutiens, moi, que les Français « de souche » ne peuvent se « réconcilier » avec les immigrés qui ont acquis la nationalité française sur demande et les descendants d’immigrés qui l’ont obtenue à la naissance que si ces derniers dissipent eux-mêmes les doutes que leur attitude suscite à bon droit chez les premiers quant à savoir s’ils sont Français à part entière, et que, s’ils font ce qu’il faut, on ne parlera pas de « réconciliation » (qui suppose deux camps) mais d’« indifférenciation » et de « fusion ». Les immigrés qui aspirent sincèrement à ce résultat doivent :
1. Porter et donner à leurs enfants des prénoms français ou francisés,
2. S’interdire le port d’attributs vestimentaires typiquement étrangers,
3. Parler systématiquement français,
4. Renoncer à toute nationalité autre que française,
5. Etre discrets en matière religieuse et franciser leur votre culte,
6. Militer contre l’immigration et les aides sociales aux étrangers. (règle contextuelle)
[...]
Chacun de ces points porte sur un objet essentiel, hautement symbolique. Toute attitude dans chacun de ces domaines envoie, plus ou moins consciemment, un signal clair et net que l’autre reçoit haut et fort. Les immigrés n’ont donc droit à aucune erreur, encore moins ceux qui auront lu ce texte. La moindre fausse note de leur part est un trait lumineux ; elle dit tout. Et même s’ils protestent — surtout s’ils protestent — qu’ils ne font rien de mal, qu’ils ont de bonnes raisons, tous les Français, même les gauchistes, savent, consciemment ou non, à quoi s’en tenir, et le charme est rompu. »
Martine Chapouton
Lien :
http://philippelandeux.hautetfort.com/archive/2012/06/11/lettre-ouverte-a-alain-soral.html








