Cachez cette Bougrab que je ne saurais voir !

Publié le 7 décembre 2011 - par - 1 804 vues
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Déjà recadrée par François Fillon et Nathalie Kosciusko-Morizet en janvier dernier pour avoir réclamé le départ d’ Hosni Moubarak, la Bougrab remet ça en niant la modération de l’islamisme. Le premier ministre avait à l’époque déclaré que c’était au seul peuple égyptien de décider de son sort et qu’aucun pays ne pouvait décider à sa place.

Celle qui s’était laissé aller à son émotion il y a quelques jours en évoquant son père harki devant un officier recevant ses insignes honorifiques a donc récidivé suscitant une nouvelle fois la fâcherie de Matignon car elle a osé, l’affreuse, contester cet« islamisme modéré » évoqué par Alain Juppé qui  s’était hâtivement et imprudemment réjoui il y a quelques jours de l’élection d’un parti islamiste au Maroc estimant qu’il ne dépassait pas les lignes rouges des droits de l’homme et de la femme, un « islamisme modéré » que dans un pathétique et funeste élan chacun tente de promouvoir.

C’est une évidence que le concept d’islamisme modéré, pas plus que celui de « charia light », ne peut exister. On se demande bien quelle forme pourrait prendre cette charia light d’ailleurs : ne lapidera-t-on plus que d’un seul côté ? Les femmes ne porteront-elles qu’un demi-voile ou un niqab arrivant à mi-cuisses ? Couperons-nous seulement deux doigts au voleur au lieu de la main entière ? N’autorisera-t-on qu’une demi-heure de mariage temporaire au lieu d’une heure complète ? Les homosexuels seront-ils à moitié pendus ? Les Coptes seront-ils à moitié massacrés ?

Prudent, le Nouvel Obs balaie les craintes de Mme Bougrab en arguant du fait que les électeurs musulmans ont simplement voulu sanctionner les partis habituels et donner leur chance à des petits nouveaux, tout simplement. Pas de quoi fouetter un chat. Le journal espère d’ailleurs que ses allégations « qui s’inscrivent dans une dynamique regrettable » (pour qui ?) tombent rapidement aux oubliettes médiatiques tout en soulignant tout de même que l’islam n’est pas adapté « aux évolutions de notre temps ».

Cachez cette Bougrab que nous ne saurions voir !

Jeannette Bougrab explique que « le droit fondé sur la charia est nécessairement une restriction des droits et libertés, notamment de la liberté de conscience, car l’apostasie est interdite. Il n’est pas possible de se convertir. Les mariages mixtes ne sont pas reconnus. Une femme musulmane ne peut pas se marier avec un non-musulman ». L’actualité lui donne d’ailleurs raison puisque ces jours-ci encore deux étudiantes en Droit algériennes de Béjaïa ont été agressées au seul prétexte qu’elles ne portaient pas le voile et elles ne sont pas les seules, ces faits insupportables vont malheureusement en croissant, si l’on peut dire…

Il parait que les déclarations de Mme Bougrab ont été du plus mauvais effet dans les pays arabes qui craignent une stigmatisation nauséabonde. Il était donc urgent d’effectuer une remontée de bretelles à cette femelle non voilée pour ne pas risquer une épine dans le pied de la diplomatie avec les risques de représailles économiques qui pourraient en découler. Les bonnes relations politiciennes sont plus importantes que les droits humains, rien de nouveau sous le soleil. Et ce n’est quand même pas cette représentante du sexe faible qui va leur donner des leçons de démocratie et de respect, il s’agirait de rester à sa place tout de même.

Jean-Paul Faugère, le directeur de cabinet du ministre s’est donc fâché tout rouge, qualifiant les déclarations de Jeannette Bougrab de « haute trahison ». A ce point-là ?

C’est ce même Jean-Paul Faugère qui aurait donné des consignes autorisant de mystérieuses écoutes téléphoniques en 2010, qui fréquente le désormais incontournable dîner du Siècle, le même Faugère qui en janvier 2006 avait interdit la distribution d’une soupe populaire aux nécessiteux d’Alsace souffrant du froid hivernal au prétexte qu’elle contenait des saucisses de porc ! Cet ancien élève du lycée Louis Le Grand, probablement assis bien au chaud dans son confortable bureau lorsqu’il a signé cet arrêté, n’a manifestement pas la moindre idée de ce que sont la faim et le froid quand on n’a qu’un carton sous la neige pour toute maison.

Quant à François Fillon, publiquement désavouée par la Jeannette, on se souvient de son sourire radieux lorsqu’en 2010 il a inauguré en grandes pompes la méga mosquée d’Argenteuil avec sa coupole et son minaret, posant fièrement aux côtés d’une pauvre petite fille déguisée en poupée de Foire du Trône et portant un voile intégral destiné à protéger ses appâts sexuels des regards masculins. On se souvient de son sourire épanoui lorsqu’il s’est réjouit que le nombre de mosquées en France soit passé à quelques milliers en seulement une poignée d’années. On se souvient de son refus du débat sur l’islam et de son souhait assumé d’adapter la laïcité à « une situation nouvelle », cette situation nouvelle qu’est l’islamisation de l’ensemble du territoire français.

Les plus de 2 000 mosquées auxquelles Fillon faisait allusion dans son discours d’Argenteuil ne sont qu’un début, bientôt c’est à chaque coin de rue que nous verrons coupoles et minarets…

En réalité les vrais traîtres dans cette histoire, ce sont eux.

Caroline Alamachère

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