Changement de pape, une opportunité contre la violence religieuse ?

Il ne faut surtout pas, dans Riposte Laïque, mettre fin à la controverse sur les valeurs comparées du christianisme et des autres religions. Depuis bien des numéros déjà cette controverse est vive, et c’est sans ménagement que Guillaume Plas répond récemment à Huineng.

Celui-ci avait titré son article du 13 février (n°290) : « Les journaleux ne pardonnent pas à Benoît XVI d’avoir osé amalgamer islam et violence« . Le 18, dans le n°291, Guillaume Plas répond durement : « Riposte Laïque est devenu trop conciliant avec le catholicisme« .

Je suis loin de partager le point de vue de Guillaume Plas mais j’ai pourtant réagi, moi aussi, à la trop légère affirmation de Huineng. Je l’ai fait ainsi dans un commentaire à mon propre article publié le 14 par le site Agoravox, « Le nouveau pape devra supprimer la pire des croyances » (1) :

«  » Dans Riposte Laïque, que je lis quotidiennement, il y avait ce matin un article de Huineng, qui dit ceci :

« Je ne crois pas que cela soit l’âge qui ait rendu Benoit XVI aussi affaibli et malade, mais plutôt la tristesse et le chagrin de voir autant de chrétiens massacrés ( Nigeria, Irak, Pakistan, Somalie, Egypte, Soudan etc…) par des hordes de sauvages fous d’Allah et de ne pas pouvoir trouver de solution pour arrêter leur extermination génocidaire. »

Je crois que Huineng a seulement « presque » raison : le plus moralement épuisant, pour Benoît XVI, est peut-être qu’il a fini par prendre conscience que ce fut une grave erreur d’avoir consacré sa vie à la défense obstinée du dogmatisme le plus indéfendable de son Eglise, celui qui maintient, contre le simple bon sens, que les pires appels à maltraiter, tuer, massacrer massivement… qui sont attribués à Dieu depuis trois millénaires dans les textes sacralisés étaient bien de Dieu.

On ne peut pas, sous prétexte que l’on croit « les voies de Dieu impénétrables », lui attribuer une volonté, fut-elle lointaine, de « bon génocide », puis déplorer que des croyants, fussent-t-ils d’une autre religion, croient que l’appel est toujours valable et le mettent en application.

Mais, pour l’heure, l’important n’est pas de deviner les vraies raisons de l’épuisement de Benoît XVI. Ce n’est pas non plus de l’accabler sous les reproches. L’important c’est que les catholiques exigent enfin le ferme et officiel rejet de la théologie criminogène par leur église. Rien, hormis l’entêtement dans un dogmatisme insensé, n’oblige celle-ci à croire cette théologie éternellement valable. «  »

Bien sûr, ce sont aujourd’hui des islamistes qui mettent en application la théologie criminogène, puisque leur prophète l’a réaffirmée valable jusqu’à la totale soumission du monde à leur Dieu. Bien sûr, elle n’est plus directement dangereuse dans le judaïsme et le christianisme puisque ceux-ci l’ont limitée depuis longtemps à l’époque lointaine de l’Ancien Testament. Mais il reste insupportable que l’un et l’autre continuent de la justifier en ce début de XXIème siècle. N’oublions pas que ce sont eux qui l’ont transmise au prophète Mohamed, qui en a fait le socle de sa nouvelle religion.

La théologie est une matière aux conséquences trop importantes, trop graves, pour la laisser aux seuls spécialistes ou aux seuls croyants.

Certes, ce sont d’abord les croyants catholiques qui devront exiger de leur nouveau pape le ferme rejet de la théologie criminogène. Mais ils ne le feront pas sans pression extérieure. Celle-ci ne viendra évidemment pas de la « grande » presse qui tient à rester « religieusement correcte ». Elle ne viendra pas du pouvoir politique qui tient à rester dans le déni et la lâcheté en ce domaine.

C’est bien à nous, défenseurs de la laïcité républicaine de manifester cette exigence : limiter cette laïcité à la seule « séparation » des religions et de l’Etat c’est lui donner un sens trop restrictif. Elle suppose aussi que l’Etat veille à ce que ne soient pas enseignées des croyances criminogènes au sein des religions qu’il autorise à pratiquer leur culte. Exactement comme il veille à ce que ne soient pas enseignées des croyances criminogènes profanes.

Pierre Régnier

(1) http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-nouveau-pape-devra-supprimer-la-130677

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