Christian Vanneste : le parcours d’un député gaulliste

Publié le 14 juillet 2017 - par - 13 commentaires - 1 142 vues
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Christian Vanneste vient de souffler ses soixante-dix bougies ce 14 juillet. L’ex prof de philo a développé une vision de la vie qui tend à la fois de l’épicurisme et du stoïcisme, un pessimisme actif qui lui permet de regarder de l’avant tout en gardant du recul et un certain humour attique. Infatigable, l’ancien député du Nord est sur tous les fronts : journalisme, politique, think-tank… Plus d’un demi-siècle au service du gaullisme ! Revenons sur le parcours et les idées de cet élu qui a marqué la droite.

Né le 14 juillet 1947 dans le Nord, Christian Vanneste est fils d’un ancien prisonnier de guerre et petit-fils d’un vétéran du premier conflit mondial. Une famille patriote et chrétienne dans laquelle le jeune Christian trouve une source d’inspiration. Il décrira plus tard la défaite de Dien-Bien-Phu comme « un drame » qui l’aurait conduit à une « hostilité envers le communisme et la gauche en général ». Il a onze ans quand le général de Gaulle revient au pouvoir. L’adolescent éprouve « une profonde admiration » pour l’ancien chef de la France libre et croit qu’il sauvera la France. L’abandon de l’Algérie le fera déchanter.

Étudiant à la faculté de Lettres de Lille, il voit dans les évènements de mai 68 une « décadence » qu’il refuse, ce qui l’amène à rejoindre le mouvement gaulliste. Il participe entre autres à la grande manifestation organisée par les Comités de Défense de la République, avant d’adhérer à l’Union des Jeunes pour le Progrès, sans toutefois militer activement.

Plusieurs années ont passé. L’ancien étudiant gaulliste est professeur agrégé de philosophie, en ce début des années 70, au sein d’un lycée catholique. Néanmoins, il ne milite pas. Il expliquera plus tard qu’il préférait « privilégier la famille et le métier ». Le travail et les valeurs familiales : deux constantes chez Christian Vanneste.

La victoire socialiste de 1977 à Tourcoing décide Christian Vanneste à s’engager activement. Inacceptable pour ce gaulliste que sa ville tombe aux mains du parti à la rose. Son activisme remarqué lui attire la sympathie de ses camarades et le respect de ses supérieurs, qui le nomment vite secrétaire de la 9ème circonscription du Nord. En 1983, il fait partie de la liste UDF-RPR menée par le centriste Stéphane Dermaux qui remporte la victoire à Tourcoing. Christian Vanneste devient dès lors maire-adjoint chargé de la culture. Il s’impose alors comme « l’homme fort du RPR à Tourcoing » selon les mots de la politologue Anne-Sophie Petitfils. Il y siègera sans discontinuer jusqu’en 2008.

Il devient conseiller régional du Nord-Pas-de-Calais en 1986 (jusqu’en 2002) et directeur du Centre Régional de Ressources Audiovisuelles en 1992. Sa carrière politique prend un nouvel envol en 1993, lorsqu’il est élu député, siège qu’il perd en 1997 avant de le reprendre de 2002 à 2012, législatures lors desquelles il siège à la Commission des Lois. Balladurien convaincu, il a su trouver un large socle électoral dans les classes moyennes et l’industrie textile fortement implantée à Tourcoing. Il développe des liens étroits avec Nicolas Sarkozy qui tient deux meetings dans sa commune.

Son activité parlementaire, très dense, touche à différents domaines. Libéral et conservateur, le député Christian Vanneste ne néglige pas pour autant l’aspect social. On peut dire sans exagérer qu’il s’est toujours montré soucieux de défendre les valeurs familiales, la liberté économique tout en ayant à cœur la défense des plus faibles.

On notera notamment sa proposition pour la création d’une TVA sociale ou celle, déposée en novembre 2007, visant à faciliter la création de logements étudiants. Il s’oppose également au travail dominical.

Parmi ses nombreuses fonctions parlementaires, Christian Vanneste a aussi été membre du groupe d’études sur le Tibet.

Ses prises de positions sont celles d’une droite qui n’est hélas plus. Partisan de la peine de mort pour les terroristes, le député Vanneste est fier de l’histoire de France qu’il qualifie de « positive », y compris dans les colonies. Il s’est en outre prononcé contre la création de la HALDE qui crée selon lui « un délit d’opinion ». Son coup d’éclat demeure néanmoins la proposition de loi visant à reconnaître le génocide ukrainien, une action qui lui a valu le Prix Ukraine-Europe en 2006. Enfin, il s’est toujours dit favorable à une alliance entre la droite et le Front National.

C’est pourtant la défense de la famille traditionnelle qui est le cheval de bataille du député nordiste. Ses idées tranchées et assumées sur la question de l’homosexualité lui ont souvent valu des démêlés avec les associations LGBTistes.

Qualifiant l’homosexualité de « comportement culturel et acquis » qui serait « hétérophobe » et constituerait « un apartheid entre les sexes », il y voit « un danger pour la survie de l’humanité ». Des propos qui prennent des airs de péché laïc à l’ère du culte des minorités, et qui lui valent de ne pas être réinvesti aux législatives de 2007, où il se présente en candidat indépendant et l’emporte largement, avant de revenir à l’UMP après un bref passage au CNIP. Entre 2007 et 2010, il dirige l’association Famille et Liberté dont le but est de « défendre les valeurs familiales traditionnelles ».

On peut aussi noter parmi ses faits d’armes le fait d’avoir fait condamner pour diffamation le sénateur Jean-Vincent Placé qui l’avait traité de « type infâme, raciste, homophobe et parfois même antisémite »… Des propos tenus par le sénateur EELV en réponse à la déclaration de Christian Vanneste qui pointait du doigt les « comportements sectaires » de certains groupes LGBT.

C’est encore à ses propos sur l’homosexualité que Christian Vanneste doit la fin de sa carrière de député. Qualifiant de « légende » la déportation d’homosexuels français, le député s’attire en ce mois de février 2012 les critiques de toute la classe politique, jusqu’au FN… Il faut dire que le « timing » était plus que mal choisi, quelques semaines avant le début d’une campagne présidentielle fortement marquée par la question montante du mariage homosexuel. Le député Vanneste en a fait les frais. Précisons que de nombreux historiens et juristes (dont Me Klarsfeld) ont pris la défense du député, qui a d’ailleurs été relaxé par la justice en 2014.

Exclu de l’UMP, il se présente en candidat indépendant, comme en 2007. Mais, cette fois la chance ne lui sourit pas : il est battu dès le premier tour. C’est son ancien protégé Gérald Darmanin qui est élu. Le député sortant se dit alors « trahi » par celui dont cette trahison serait la première d’une longue série de retournements qui le conduiraient… au gouvernement d’Emmanuel Macron.

Si la carrière législative de M. Vanneste est finie, il n’en demeure pas moins actif. Dès 2012, il rejoint le journal Boulevard Voltaire fondé par Robert Ménard qu’il soutient à Béziers. La culmination de sa carrière éclair de journaliste est sans doute sa nomination en septembre 2016 à la tête du Libre Journal de la Résistance Française sur Radio Courtoisie.

L’ancien député ne cesse pas la politique pour autant. Dès mars 2012, après son départ de l’UMP, il crée le parti gaulliste RPF dont il est toujours le président. Soutien de François Fillon à la primaire de 2016, il appelle à voter pour Marine Le Pen lors du second tour de l’élection présidentielle.

L’Assemblée Nationale ? Il n’en rêve plus : « Ce n’est pas au Parlement qu’on mène les batailles. Et à mon âge, le temps est précieux », confie-t-il.

L’honnêteté et la franchise n’ont guère droit de cité en politique. Le parcours intègre (ses seuls problèmes avec la justice sont dus à ses idées) de l’ancien député Christian Vanneste en est une preuve flagrante. On lui saura gré cependant d’avoir toujours mis ses idées au premier plan, fût-ce au prix de sa carrière. Les batailles ne se mènent pas au Parlement. Rien n’est plus vrai. Ce n’est pas dans l’hémicycle poussiéreux mais dans nos mentalités et notre mode de vie que nous devons faire renaître cette « idée de la France » que défend depuis plus de quarante ans l’ancien député Christian Vanneste.

Nicolas Kirkitadze

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J’apprécie, moi aussi, beaucoup cette personnalité, sa plume d’une fine ironie pour commenter la politique et l’intégrité que dégage ses actes et ses propos. Cerise sur le gâteau, sa participation au soutien du Tibet, cause aussi oubliée que celle des chrétiens d’Orient, ne manque pas à son profil de courageux et homme d’honneur de son époque. Bref, cet homme tout en discrétion malgré son courage ne manque pas de panache.

Cet article rend justice à un homme sympathique et intelligent dont le seul tort est de placer de Gaulle sur un piédestal que ce dernier est trop machiavélique pour mériter

Cet article ressemble à une Nécro…. Il est vivant ! Très vivant !
Actif sur Feu Boulevard Voltaire sur lequel on ne peut plus écrire… Il a mon respect !
La Droite que j’aime, l’intelligence en plus… Ce qui est rare !

en effet les batailles ne se mènent pas au Parlement , mais il a son utilité évidemment ! je le pense depuis un moment quand on voit ce qui se passe dans l’hémicycle avant Macron , ne parlons même pas de l’après !! mais alors je pense qu’il faut constituer des groupes de travail et de réflexion pour alimenter le travail de ceux qui sont à l’Assemblée, je ne parle pas de tink tank , mais de citoyens lambdas.. être actif chacun à son niveau !

j apprecie beaucoup Monsieur Vanneste avec qui j ai pu echanger plusieurs fois:notamment au banquet republicain de Lille avec RR

Merci, Christian, pour tout ce que tu as accompli, tu es un précurseur !

En lisant ce cursus, je pense au livre précurseur ( 1946) de l’Amiral Muselier ( promoteur de la Croix de Lorraine dans les Forces navales françaises libres): « De gaulle contre le gaullisme ». En somme, Ch. Vanneste s’est toujours accroché à une illusion, alors qu’il ne cessait d’en voir les effets nocifs que nous continuons à payer cher. Qui a semé le désordre avec la Conférence-bidon de Brazzaville de février 1944 ? Qui a remis les cocos en selle et les a dédouanés de leur collusion avec les Allemands jusqu’en juin 1941 ? Qui a poussé à la guerre en Indochine… lire la suite

BRAVO monrose !
…. et j’en passe et des meilleures !
TOUT ce que nous vivons à l’heure actuelle est le résultat de la politique de ce […] de général !

M.Vanneste est un homme éclairé ;ce qui n’est pas de bon ton par les temps qui courent.

J’ ai souvent écouté son émission sur Radio Courtoisie, c’ est vraiment un homme politique intègre comme on n’ en voit pas souvent, bravo à lui !!!!!

un bon anniversaire monsieur Vanneste,et continuez a servir fidèlement notre pays et diffusez la parole du general

Perso, j’apprécie énormément les propos de Christian Vanneste à travers tous les articles que j’ai pu lire de lui sur divers réseaux sociaux.
Cet homme est le bon sens personnifié !
Je ne regrette simplement qu’il soit toujours gaulliste (ça ne se remarque pas beaucoup d’ailleurs) et qu’il n’ait pas été compagnon de route du Front National plus tôt !

Pour la conquete de la mairie de Tourcoing ,il n’a jamais voulu s’allier à CHRISTIAN BAECKEROOT responsable local du Front National et très bien implanté.
Cet homme n’est pas fiable !!
Il faut dire qu’à l’époque il fallait avoir du courage pour s’allier au Front National.

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