Nous sommes en permanente admiration devant les méthodes, dignes de la Pravda, de nombre de journalistes de l’AFP, dans la mission « d’information » indépendante qu’ils se targuent de distiller dans le monde entier. Cette agence se distingue très souvent par ses communiqués où on sent l’emprise du politiquement correct, quand ce n’est pas carrément de la désinformation assumée. Ainsi, récemment, lors d’une manifestation organisée par le Bloc Identitaire et le Projet Apache contre la « qatarisation de la France », un de ses journalistes, Boniface Murutampuzi, avait transformé une tentative d’agression gauchiste, en fin de manifestation, en une bagarre provoquée par des badauds indisposés par le rassemblement.
Nous n’avons pas oublié que, lors des Assises Internationales sur l’islamisation de nos pays, le journaliste de l’Agence avait vu 200 manifestants, derrière Fourest et les prétendus anti-racistes, quand ils n’étaient que 50, et avaient compté quelques centaines de participants, espace Charenton, quand il y avait 1300 personnes. 50 d’un côté, 1300 de l’autre, dans une dépêche d’agence AFP, cela fait 200 et quelques centaines, presque match nul !
Nous avons également remarqué, depuis l’organisation de ces événements, que notre journal est très souvent classé à l’extrême droite par les journalistes de l’AFP, dès qu’ils parlent de nous, et que même quand RL ou RR agissent seuls, systématiquement, il est fait référence au Bloc Identitaire, avec le qualificatif « extrême droite » qui suit immédiatement.
Hier, l’agence internationale parisienne entendait informer ses clients de la nomination de quatre nouveaux militants du FN au bureau national de ce parti. Parmi ces quatre promus, figuraient Marion Maréchal, nouvelle députée du Gard, et Fabien Engelmann, qui fut présenté comme ancien cégétiste, récemment exclu de son organisation syndicale pour s’être présenté aux élections cantonales, en 2011.
Jusque là, pas de problème. Mais la chute de cette dépêche devient croustillante.
Conseiller au « dialogue social » de Marine Le Pen pendant la campagne présidentielle, M. Engelmann est aussi membre de Riposte Laïque et Résistance Républicaine, deux associations anti-islam.
Le fondateur de Riposte Laïque, Pierre Cassen, a été condamné en mars dernier au tribunal correctionnel de Paris pour provocation à la haine envers les musulmans – il a fait appel -, tandis que la dirigeante de Résistance Républicaine, Christine Tasin, avait revendiqué en 2011 devant la presse « la nécessité impérieuse d’être islamophobe ».
D’abord signalons à l’AFP qu’on n’est pas membre de Riposte Laïque, qui est un média, mais qu’on en est rédacteur ou lecteur, et que même si on peut par ailleurs soutenir notre journal en envoyant des dons, on n’en devient pas « membre » pour autant. Le journaliste de l’AFP dirait-il d’un homme politique qu’il est « membre » du Monde, ou de Libération, sous prétexte qu’il se retrouve dans la ligne éditoriale de ce journal ?
Mais il faut surtout s’incliner devant l’acrobatie du rédacteur, qui réussit à associer, de manière pas du tout innocente, le Front national, Riposte Laïque, une condamnation judiciaire et la haine des musulmans.
Amalgamer, de manière détournée, Riposte Laïque, qui a toujours affirmé son indépendance, au Front national est une première malveillance pas totalement gratuite. On peut d’autre part s’interroger sur le lien fait par l’AFP entre Riposte Laïque et la condamnation de Pierre Cassen (en occultant celle de Pascal Hilout). Est-ce innocent, là encore, dans une dépêche consacrée au FN, d’évoquer la condamnation judiciaire de… RL ? N’aurait-il pas pu, en admettant qu’il doive parler de notre journal, évoquer l’organisation de l’Apéro saucisson pinard, ou des Assises de Charenton, ou des six livres écrits en trois ans, dont « La faute du bobo Jocelyn » ? Associer seulement notre journal à une condamnation, même en précisant l’appel, n’est absolument pas neutre, et ressemble plutôt à une putasserie. Les journalistes de l’AFP, quand ils parlent de Jean-Marc Ayrault, Harlem Desir, Ségolène Royal, Jean-Christophe Cambadelis, Henri Emmanuelli, Jacques Chirac, Alain Juppé, Jean Tibéri, Noël Mamère, évoquent-ils systématiquement les condamnations, pour des affaires où il y a parfois détournement de fonds publics, alors que nos rédacteurs, qui n’ont jamais volé un seul centime de leur vie, ont été victimes d’un véritable procès de Moscou, à la 17e chambre correctionnelle, le 3 février dernier ? Enfin, lier Riposte Laïque à « haine des musulmans » quand, lors du procès, systématiquement, les deux accusés ont fait la différence entre un dogme et les personnes, est, au mieux de la désinformation qu’on espère involontaire, au pire de la malveillance délibérée, visant à les faire passer pour des personnes infréquentables, voire pour des racistes.
Enfin, il est vrai que Fabien n’a jamais caché son appartenance à Résistance républicaine, dès la création de l’association, et que sa rupture avec l’extrême gauche, dont il est issu, est liée à la connivence, qu’il n’a jamais accepté, de ces mouvements avec l’islam, comme l’avait montré la candidate voilée de NPA dans l’Hérault. Mais cela justifie-t-il de réussir, par des prouesses acrobatiques, à conclure une dépêche d’agence consacrée au Front national par les propos de Christine Tasin, sur la nécessaire islamophobie (qui n’a rien à voir avec la haine des musulmans) ? Le journaliste, s’il avait voulu évoquer les liens entre Fabien et notre mouvance, aurait pu se contenter de dire que Fabien Engelmann, en osmose avec la ligne de Résistance républicaine, avait pris l’habitude de conclure ses réunions publiques par l’organisation, jugée provocatrice par la gauche de Moselle, d’apéros saucisson-pinard. Il aurait même pu, s’il avait daigné enquêter, informer ses clients que les Verts locaux avaient demandé l’interdiction de ces initiatives, et que le préfet de Moselle les avait déboutés, ne voyant pas où était le racisme dans ces initiatives…
Robert Ménard, à qui cela n’a pas porté chance, dénonçait récemment la lâcheté et le sectarisme des journalistes. Il a perdu son trimestriel, « Médias », et vient de se faire virer d’I-Télé.
Dans une interview accordée au même Robert Ménard, dans Médias, notre rédacteur en chef, Pierre Cassen, expliquait que « les médias n’osent pas se frotter à l’islam ».
Il était en dessous de la réalité. Non seulement nombre de journalistes, dont ceux de l’AFP, n’osent pas s’y frotter, mais en outre, ils préfèrent, de manière sournoise et malveillante, salir les résistants qui osent, eux, au risque de leur intégrité physique et de leurs économies, alerter nos compatriotes sur le péril fasciste qui les guette.
Ils ont raison, le système les paie, et fort bien à l’AFP, pour cela.
Lucette Jeanpierre










