Conte africain : Normal 1er au pays de Soundiata Keita

Empêtré dans la sale histoire du mariage homosexuel, Normal 1er avait essayé de faire diversion en ordonnant à son premier vassal de détourner les fureurs du moment, là où « ça fait mal » lorsque l’on appuie. Le susdit. avait alors subrepticement rappelé dans un coin de lucarne qu’il faudrait aussi s’occuper du vote des étrangers source quasi-intarissable de succès électoraux.

Ça n’avait malheureusement pas pris et l’on pouvait redouter pour le nouveau chef de guerre une glissade abyssale dans les sondages même si les journaleux proclamaient « Hollande c’est Attila, à tel point que, là où ses troupes passent, il ne reste plus de sable ». C’était oublier que le sus-nommé  et ses affidés pacifistes avaient copieusement craché sur l’armée et ses parachutistes lorsqu’ils faisait, comme au Mali aujourd’hui, leur travail dans les djebels algériens ou qu’ils traquait les terroristes dans la casbah d’Alger.

Le petit Sérillon de chez Drucker, promu depuis peu « Conseiller en communication » , suggérera un voyage en grande pompe au Mali, royaume fondé par Soundiata Keïta au XIIIe siècle. L’idée. fut retenue avec des cris d’allégresse par la Cour pourtant occupée à proférer au Palais Bourbon de douloureuses ou de vengeresse tirades.

Sachant qu’en cas de référendum le peuple ne l’aurait pas suivi sur le fangeux chemin du  mariage pour tous Normal, s’était soigneusement tenu éloigné du combat mené par ses féaux; pour tout dire  « il ne s’en était approché que de loin « .

Sa cote de mailles de chef de guerre enfilée, le voyage fut claironné par les compères médiatiques du petit Sérillon,. On en vit certains, jusqu’ici en position de décubitus ventral,  « léviter » pour participer à la confection de la couronne de laurier destinée au Prestigieux.

Dès potron-minet, samedi matin, à l’heure où les étoiles dispensent une cornélienne. et obscure clarté, Normal et  sa troupe embarquèrent à bord de l’aéronef présidentiel.

Il consulta alors ses conseillers maliens pour apprendre quelques bribes de peul, de bobo, de touareg, de bambara et autres toucouleur. Pour l’arabe il avait déjà ingéré à Alger quelques sourates du Coran à réciter dans la mosquée de Tombouctou

 » Bisma Llâh Er Rahmane Er Rahîm… Et cetera. « .

Le Mali apparaissant enfin sous un ciel sans nuages, l’avion se posa à Tombouctou.

Normal se souvint de René Caillé, en constatant qu’en soixante dix sept ans le colonialisme avait totalement détruit la civilisation mise en place par Soundiata Keita : route bitumées, voies ferrées, ponts et autres ouvrages d’art, écoles, et hôpitaux, défiguraient à jamais l’ancien paysage aride de rocs. et de sable comme il avait défiguré l’Algérie. Il se félicita. d’avoir rétabli Sa Vérité à Alger mais ne se demanda pas si sans la colonisation dont lui et ses copains de gauche pensaient et disaient tant de mal, le Mali aurait aujourd’hui appelé la France à son secours et conséquemment  s’il aurait été  là, en ce samedi de février

Sur le tarmac de l’aéroport de Tombouctou il fut reçu par le Président Dioncounda Traoré, puis entouré de sa garde prétorienne il se rendit en ville. On ne put empêcher une dame malienne de se jeter passionnément, dans ses bras. La belle concubine twitta sur le champ à Royal et à Hidalgo pour les inviter à venir vomir avec elle sur le dévergondage de leur mâle commun.

L’écho de ces déchirements ignoré Dioncounda, munificent, offrit au Libérateur un superbe chameau à deux bosses drapé de notre drapeau tricolore.

On avait choisi ce bestiau parce qu’un dromadaire à une seule ridicule proéminence graisseuse. aurait fait « minable ». Sandrine Mazetier la socialiste, s’indigna que ces Maliens aient pu faire un cadeau « genré », (voir les gazettes). Elle exigea que l’on coupe, sans divertir à d’autres tâches, les c… du foutu camélidé et qu’on fasse ainsi de l’animal un hermaphrodite comme les escargots pour lesquels l’envers vaut l’endroit génétiquement parlant !

Dans les lucarnes parisiennes. tout le monde était lourdement mobilisé.

Sur BFMTV Ruth El Krief, la journaliste number one de la chaîne étant généralement absente le week-end pour cause de sports d’hiver, Olivier Mazerolle et ses invités. servaient la soupe, non pas le clair brouet habituel, mais une substantielle et nourrissante potée dans laquelle on pouvait déguster de gros morceaux de  » courage du président« , assaisonnés de « Vive le sauveur » à la sauce bambara, ainsi qu’une prophétiques julienne de « on ne restera pas indéfiniment  » et de « on ne pouvait pas faire autrement « . Surnageant dans le gras bouillon on voyait aussi flotter des tirades de « terroristes » et en touillant bien dans la marmite il était encore possible de pêcher, quelques rares « islamistes« . qui en disaient bien long sur la réalité profonde des choses.

Roborativement parlant l’on pouvait prévoir des digestions difficiles dont ni citrates, ni bicarbonates, ni même le pourtant redoutable Fernet Branca ne pourraient venir à bout

A Tombouctou on visita la Grande mosquée, l’endroit de l’autodafé islamiste car il fallut bien l’appeler ainsi puis le temps faisant défaut, le discours tombouctonniens fut  remisé, à la grande déception de « l’immense foule » qui piétinait depuis le point du jour vêtue de maillots de l’équipe de France de foot comme Benzema ou Riberi « qui-ne-chantent-jamais-la-marseillaise « .

L’avion présidentiel surveillé comme le Kohinoor pointa ses instruments de navigation vers la piste vingt cinq de l’aéroport de Bamako dont on ne tarda pas à découvrir la rassurante linéarité.

On s’y posa redoutant qu’une gerboise ou une hyène à ceinture d’explosifs djihadistes ne vienne à la manière des martyrs islamistes se jeter sous les roues de l’avion. Il n’en fut rien!

A un quart d’heure de route ce fut enfin Bamako dont le nom vient du bambara « marigot du caïman « . Ce n’était au XIX siècle qu’un gros bourg de six cents habitants. Ces salauds de colonialistes en avaient fait une capitale de près de deux millions d’âmes. « Fasciste va ! » s’emporta-t-il.

Sauveur Premier arriva en ville sur la place de l’Indépendance. Une foule en liesse l’attendait. À peine mille à deux mille personnes, à cause de la « com » qui n’avait pas fonctionné.

Les vêtement aux couleurs mêlées et les danseurs locaux quasiment en transes, lui rappelèrent l’ arc en ciel des pro-mariage gay de la capitale française. Il eut une pensée pleine de dédaigneuse compassion pour les huit cent mille. manifestants parisiens au drapeau réduit à trois ridicules petites couleurs.

Après les salamalecs d’usage vint le temps attendu des discours.

Celui du Président Traoré tout en dithyrambe fut éloquent, élogieux, accommodé de mercis, enjolivé de protestations reconnaissantes, submergé de gratitude. Il faut dire aussi que Dioncounda était un autre orateur que notre premier ministre. Le  geste sobre, la cadence juste et la voix bien posée avec une légère pointe d’accent du Var, à cause d’études faites à Fréjus !

Normal Premier prit alors la parole. Le débit saccadée était restée le même mais il y avait ici des accents de Déroulède chef de guerre !

Il dit qu’il était là parce qu’on l’avait appelé, que le Machin de New York lui en avait donné officiellement mandat, que nous n’étions pas seuls, que les autres d’Europe. et des States n’allaient pas tarder à nous aider, que nous ne resterions pas dans le pays plus de temps qu’il en faudrait. (cela fit sourire les admirateurs du regretté Fernand Raynaud qui se souvinrent du « certain temps » nécessaire pour refroidir le fut du canon. ), que la qualité des troupes maliennes avait fait merveille, tandis que les soldats français n’avaient pris qu’une part modeste aux combats et que les soldats des autres pays d’Afrique en ordre de marche , étaient sur le point de nous rejoindre, ajoutant ainsi à la gloire prévue de la Mère des Batailles en cours.

Il parla des « terroristes » se gardant bien pour ne pas peiner Moussaoui et Morsi de compléter le substantif par l’adjectif « islamique ».

Puis, le subliminal aidant, la manière paternaliste refit surface. Il sermonna les maliens et leurs dirigeants leur disant que les bagarres de cour d’école ce n’était pas bien et que c’était fini. Il leur intima l’ordre de renoncer à la chasse aux « terroristes » arabes et touaregs et aux exactions qui s’en étaient suivies. Il les somma de pratiquer les élections à venir à l’image de ce qui se faisait en France où la démocratie était la règle ( même si vingt pour cent des électeurs avaient froidement été laissés sur le bas côté du chemin démocratique).

Emporté par son discours il confessa que ce jour était « le plus important de sa vie » précisant dans un souffle après une hésitation …  » de sa vie politique ».

Ainsi, Normal à l’instar de Janus, révélait-il ses deux visages préférant l’instant malien à celui qui l’avait porté à la présidence de la République sous les vivats du « peuple de gauche », drapeaux algériens, tunisiens, marocains turcs et autres, agités sur le socle escaladé. du Génie de la Bastille !

Derrière lui Laurent Fabius réfrénant un sanglot, essuya discrètement une larme tandis que les militaires de tout poil y compris le ministre de la Défense restaient dignement de marbre comme il se doit.

Descendu du podium il serra quelques mains. A Paris, les commentateurs de BFMTV saisirent l’occasion pour saluer l’extraordinaire courage de Normal se livrant à la foule dans laquelle pouvait pourtant se cacher un terroriste malintentionné, voire pire encore.

On reprit enfin le chemin de l’aéroport pour le retour à Paris.

L’obscure clarté qui avait, le matin éclairé le départ de Normal était là derechef.

Indiscrètes, les caméras montrèrent le profil de Normal … Pensif …. Camaïeu souligné par l’ovale d’un hublot…

Personne ne savait encore que Dioncounda Traoré, au moment des adieux, avait glissé à l’ oreille présidentielle  » Dommage Fanfan, si vous aviez voulu rester ici vous seriez devenu notre roi sous le nom de NorMali Premier ».

Armand Carel


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