Devant l’ambassade du Mali, des manifestants prêts à combattre l’islamisme

Samedi 19 janvier, dans le vent glacé et la neige, nous nous sommes retrouvés entre 1000 et 1500 rassemblés à quelques dizaines de mètres de l’ambassade du Mali à Paris. Dans le cortège, les drapeaux français n’étaient pas moins nombreux que ceux de la république du Mali. L’hymne national malien sera chanté, et la Marseillaise, avant ou après la minute de silence en la mémoire du lieutenant français tué par les djihadistes.

Outre les drapeaux tricolores maliens et français et les banderoles, il y avait les pancartes que des manifestants s’étaient faites. Elles résumaient avec netteté le contenu de la résistance malienne aux djihadistes venus d’un peu partout (Nigérians de Boko haram, Mauritaniens et Sahraouis du Mujao, renégats Touaregs d’Anser Din, Egyptiens, Algériens et franco-algériens d’Aqmi). On pouvait y lire : « pas d’intégrisme ni d’islamisme au Mali : un pays laïc », ou : « ni voile ni bourqua pour les femmes maliennes ».

La résolution proposée au vote des maliens rassemblés devant l’ambassade était claire. Elle ne ciblera pas un terrorisme indéfini, elle dénoncera et appellera à vaincre l’islamisme djihadiste. Elle affirmera, avec précision, la défense de la culture, de  la musique, de  l’étude classique pour tous les maliens (que les djihadistes interdisent pour limiter l’enseignement à celui de l’école coranique, précisera-t-elle), de la liberté de mouvement et d’habillement. Toutes ces choses, basiques, étant menacées de destruction radicale par les djihadistes.

C’est dire qu’il ne s’agit pas d’une guerre contre un « terrorisme » asexué. C’est dire qu’il s’agit d’un combat pour vaincre, contre une violence organisée pour plonger le Mali dans un pré-moyen-âge diffusant une lourde obscurité privant l’être, la femme surtout, de tout droit dans chaque domaine de la vie quotidienne, au nom de la religion, au prétexte de la « vraie religion ».

Quand le représentant de l’union départementale des syndicats FO de la Seine Saint Denis, s’exprimera, après le responsable du Collectif organisateur, il sera vivement applaudi. Il reprendra, en guise de conclusion, les fortes paroles de Mahmood Dicko, le président du Haut conseil islamique malien appelant à décréter « la Patrie en Danger », invitant « à la mobilisation générale de tous les Maliens ». Le syndicaliste conclura : que le sort démocratique des Maliens sera décidé par les Maliens eux-mêmes, qui doivent recevoir toute l’aide militaire et politique nécessaire de la France et de tous ceux qui veulent mettre leurs paroles en actes face à l’obscurité politique et sociale qui menace l’Afrique et au-delà.

D’autres orateurs, maliens, inviteront à renforcer la mobilisation, à mieux et plus s’organiser.

Etaient aussi présents et interviendront : pour le parti socialiste, Razzi Hammadi député de Montreuil-Bagnolet, Dominique Voynet Maire de Montreuil (dite Bamako sur Seine). Cette dernière représentait, avec Reznik, le parti « écologiste » EE-LV qui tenait depuis le matin son conseil national. On sait que ce parti est très divisé sur la question malienne.

Comme  certains groupes islamogauchistes, des responsables EE-LV, avec Noël Mamère, dénoncent dans l’aide militaire française au Peuple du Mali, un « néocolonialisme »… Pour certains, cet anti néocolonialisme cache assez mal une inclinaison profonde vers le djihadisme en action à Diabaly où il combat –avec la même tactique de guerre que ses frères islamistes armés du Hamas ou du Hezbollah- en s’installant au milieu des civils pris en otages pour mener ses opérations de guerre et se protéger.

L’aide militaire est une chose – appréciée des manifestants – mais elle ne suffit pas

François Hollande sera vivement applaudi, son nom scandé à plusieurs reprises. Par contre, pour vaincre, nombre de manifestants autour de moi exprimeront aussi l’opinion qu’il faut que la France, et que tous ceux qui disent être pour les libertés individuelles et collectives et contre la tyrannie totalitaire de la charia, fassent plus et mieux. Plusieurs personnes discutaient ainsi, disant qu’à leur avis : il faudrait que l’armée française ouvre des centres de recrutement, en France, un peu partout où vivent des Maliens, pour former des soldats parmi la jeunesse malienne ou d’origine malienne de France et aller renforcer les unités françaises et maliennes engagées sur le terrain.

Pour l’instant, les seuls centres de recrutement en France, ce sont ces mosquées « salafistes » où des prêches invitent à vaincre les « croisées » et leurs alliés les mauvais musulmans maliens refusant la « sainte charia ». A côté de moi une femme répondra à cela : mais pourquoi nos amis français laissent-ils encore de tels endroits continuer cette besogne  criminelle ? Besogne criminelle contre le peuple malien qui veut un Etat basé sur la laïcité et besogne criminelle contre le peuple français dont la Laïcité est la culture depuis des siècles?

C’est dire que beaucoup de Maliens mesurent que vaincre les bandes armées djihadistes est un combat d’ampleur qui ne sera pas :

 Gagné qu’au moyen d’une opération française de gendarmerie,

 Dans laquelle l’armée malienne ne resterait que supplétive

La presse de ce matin notait que des voix discordantes, à droite et à gauche, commencent à critiquer le gouvernement sur la question malienne.

Les uns (à droite) ne sont pas très éloignés d’Alain Juppé, dont on sait la proximité, les liens étroits, avec l’onctueux Frère musulman Tareq Obrou ; faut-il s’étonner qu’ils manœuvrent pour sortir de « l’union sacrée » soutenue par 65% des Français ?

Les autres, à gauche, se recrutent principalement du côté de celui que j’appelle Mussolini-le petit, le candidat du Front de gauche à l’élection présidentielle, et des siens, ainsi que du côté des « écologistes » de la nuance de Mamère. Chez les socialistes, on retrouve, à ne pas voir de vertus dans le combat malien contre la dictature de la charia, principalement les individus influencés par le « bonifacisme ». Hasard ? Certainement pas.

Les uns et les autres poursuivent un petit bonhomme de chemin qui les a conduits à se lier au Hamas, au Hezbollah, à la dictature des Mollahs, ou à voir une révolution du côté de Mohamed Morsi et du parti Ennahda. Leur hostilité à la riposte énergique au djihad au Mali n’est qu’un effet de ces choix et visions, voyant des révolutions et des cheminements démocratiques là ou se produisent des contre-révolutions et où se mettent en action des forces totalitaires agressives motivées par des convictions « religieuses » se voulant ou se croyant intangibles.

Alon Gilad

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