DSK : L’indécent triomphalisme des socialistes devant un retour à l’ordre patriarcal

Publié le 25 août 2011 - par - 3 504 vues

Ah ! Les cocoricos des ténors du PS ! Ils plastronnent : ils le savaient bien, il était « innocent ». Indécence insupportable de ces gens qui ont couvert pendant des années les frasques de leur copain, mais se sont arrogés le monopole de la morale, et n’en finissent pas de donner des leçons de conduite correcte à tout un chacun. Ce sont les mêmes qui ont fait pression sur l’avocat, homologue en France des avocats de Nassifatou Diallo. Thibault de Montbriand, c’est son nom. Il évoquait le 23 août dans un reportage de C’ dans l’air, le chantage exercé ainsi sur sa cliente, une ex collègue de DSK à Sarcelles, quand il en était le maire. Elle voulait porter plainte, on lui a fait comprendre à elle et à d’autres, que ce n’était pas le moment. Ils le savaient tous : il y a des décennies que DSK, cet obsédé sexuel, harcèle toute femelle humaine qui passe à sa portée. Les malheureuses essayent, vaille que vaille de faire entendre leur plainte. Quelques affaires émergent, vite étouffées, avec la complicité des autres femmes du voisinage politique, familial, toujours prêtes à lécher la main du maître et à se désolidariser de leurs paires. Tout se tient : la violence ne se perpétue qu’avec le consentement plus ou moins tacite de ses victimes.

L’ordre patriarcal a triomphé. Si l’inculpation subite de DSK constituait un coup de tonnerre dans le ciel de nos us – un grand de ce monde traîné devant la justice sur la seule accusation d’une femme de ménage noire ! – l’abandon des poursuites par contre, lui, est un retour à l’ordinaire des choses. Ouf ! On a eu chaud dans le landernau politico médiatique français. Jamais une telle affaire n’aurait éclaté chez nous, les chantres de la gauloiserie. Pas de quoi en faire un fromage ! Ces satanées féministes s’en prennent même à la séduction ! Elles n’ont rien compris : ça fait partie du jeu, voyons. Quand une femme dit non, il y a toujours un oui qui traîne par derrière. DSK est considéré comme un « séducteur », un amateur de femmes. Quoi de plus flatteur dans notre hexagone qui s’enorgueillit d’offrir un modèle d’équilibre dans la relation homme/ femme. Eh bien non ! la séduction n’a rien à voir avec le forçage. La séduction implique un jeu à deux, pas une agression commise en 7 minutes sur une femme de ménage qui vient faire son travail. Même le rapport du procureur, évoque la probabilité d’une tentative de viol. Mais improuvable. Des preuves, des preuves ! Quand on n’en trouve pas, le doute profite toujours à l’agresseur. Il y a 75000 viols déclaré en France chaque année, seule 1 femme sur dix porte plainte, 2% seulement des agresseurs sont pénalisés. Parcours de la combattante que de porter plainte et d’essuyer interrogatoires sur interrogatoires, suspicions, mise à nu de sa vie. On recorrectionnalise de plus en plus ce « crime », c’est à dire on le banalise. Rappelons que le viol était jugé en correctionnelle, comme un vol à la tire, jusqu’à la loi de 1980. Cette loi, fruit des agitations féministes, renvoyait enfin le viol aux assises, le jugeant pour ce qu’il était : un crime.
Mais c’est connu, rien n’est jamais acquis et quand on avance plus on recule. Cette affaire depuis le début, est un mauvais mélodrame, qui n’a tiré des larmes qu’aux copains de DSK. Précipitation incroyable du procureur du début à la fin : il a alpagué sans sommation DSK, l’a traité comme un malfrat, puis après examen du dossier, a renoncé à toute poursuite. Retournement ubuesque. Sous prétexte que Nassifatou  Diallo avait menti sur certains faits, elle ne pouvait que mentir sur tout. On n’a même pas pris en compte les raisons qui l’avaient poussée à donner des versions différentes de l’agression. Vous croyez que c’est facile de garder son sang froid en pareille circonstance ? Il n’y aurait pas de quoi perdre la tête ?
La conclusion de cette pitoyable pantomime transatlantique ? Elle a quand même fait vaguement comprendre qu’il y avait toujours un gros problème de relations entre hommes et femmes, y compris et surtout en France. Une « tolérance » douteuse sur les dérapages sexuels, y fait loi, elle ne vaut pas mieux que les excès inverses du puritanisme anglo- saxon. Dans le domaine des relations, on merdoie partout sur la planète. Une domination vieille de plusieurs millénaires ne s’évacue pas en 40 ans. Il ne suffit pas de proclamer l’égalité pour qu’elle advienne. Et même, l’égalité dans le domaine des droits ne résout pas la question des relations intimes. Robert Ménard, l’autre matin me demandait à l’antenne de Radio Sud « Ne croyez vous pas que c’est un coup d’épée dans l’eau pour la cause des femmes ? ». J’ai répondu que non, malgré tout, il en resterait une trace. Que cela ferait avancer la réflexion et les pratiques.
Un autre bénéfice de cet épisode : il creuse un peu plus le discrédit de la gauche. Quelles leçons de morale peut désormais nous donner un courant qui couvre les agissements privés les plus douteux pour mieux conquérir le pouvoir ?

Anne Zelensky

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