En présentant Marine Le Pen comme une potentielle tueuse d’enfants, Copé atteint le fond du fond de la saloperie politicienne

Publié le 11 mars 2011 - par - 2 069 vues
Share

Les hommes et les femmes politiques de l’UMPS me font souvent rire par leur ridicule. Ils sont la caricature d’eux-mêmes, surtout en ce moment de grande panique électoraliste où ils craignent plus pour leurs maroquins que pour notre intérêt de citoyens. A ce sentiment d’hilarité se joint parfois celui de crainte et de gravité, quand on mesure combien ils précipitent notre pays dans la catastrophe et le néant. Mais rarement, mon hostilité amusée ou inquiète atteint une envie de vomir comme lorsque j’ai découvert cette vidéo d’un exposé de Jean-François Copé, premier secrétaire de l’UMP lors d’un meeting à Paris le 9 mars dernier :

http://www.youtube.com/watch?v=WzoYto-I0Xo

C’est amusant de voir Jean-François Copé penser que dans son assistance de petits bourgeois militants UMP qui applaudissent comme un seul homme à sa langue de bois, il y a à coup sûr des parents de jeunes « dealers » de « shit ». Peut-être fait-il une généralité du milieu « bling-bling » parisien et médiatico-politique qui fait régulièrement la une de la presse people ?

Je savais que les bobos adoraient s’encanailler en allant engraisser et applaudir des Guy Bedos ou des Jean-Marie Bigard qui se fichent de leur gueule en les singeant, mais je suis tout de même stupéfaite de tant de masochisme quand ils approuvent leur leader sarkozyste laisser entendre que leurs enfants sont des consommateurs et des trafiquants de drogues douces (et néanmoins dangereuse). Cela montre le caractère zombi des encartés qui sont fiers d’être nés quelque part sur un échiquier politique d’un autre siècle, sans aucune prise avec la réalité actuelle.

Que ces imbéciles continuent à danser sur le pont de première classe du Titanic de l’UMP m’importe peu. Après tout, ils ne paieront que le prix de leur bêtise irresponsable. « Les bourgeois, plus ça devient vieux, plus ça devient con », disait le poète Jacques Brel qui les connaissaient bien, mais qui avait su s’extirper par son intelligence du troupeau flamingant et catholiciste prêt à vendre son âme (s’il en a encore une) pour un confort matérialiste qui a toujours préféré Hitler au Front populaire. Ces gens-là sont des peureux, qui n’ont rien à voir avec la vraie droite, fusse-t-elle issue des beaux quartiers, cette vraie droite dont les enfants organisèrent la première manifestation parisienne contre l’occupant nazi le 11 septembre 1940, cette vraie droite qui aime le peuple de France – y compris les pauvres et les socialistes – tout simplement parce qu’elle aime la France.

Ces gens-là ont donc applaudi Jean-François Copé qui leur raconte une fable abjecte : Marine Le Pen proposerait la peine de mort pour les consommateurs de drogue douce ou pour le gamin qui « dealerait » une barrette de « shit » à la sortie du collège. Marine Le Pen serait donc le grand méchant loup qui veut tuer les enfants de militants UMP présents dans la salle.

Ces gens-là ont gobé ce mensonge diffamatoire et ignoblement politicien. Ces gens-là ont laissé salir une personne qui, quoi que l’on puisse penser d’elle et de son programme, représente 20 à 24% d’entre nous, un quart d’entre eux et autant de citoyens qui ont voté pour Nicolas Sarkozy en 2007.

Car Marine Le Pen n’a jamais dit qu’elle préconisait la peine de mort ni pour les consommateurs de drogue, ni pour les « petits » trafiquants, et encore moins pour les enfants. Elle l’a proposée uniquement pour les « grands trafiquants », les gros poissons, ces membres du grand banditisme – souvent liés à des milieux politiques – responsables à haut niveau de ce fléau national et international qui cause la déchéance et la mort de pauvres gamins, dont ces supposés enfants de militants UMP.

On peut être opposé par principe à la peine de mort. C’est mon cas. Mais jamais elle n’est appliquée dans les rares pays occidentaux où elle sévit encore, à l’encontre de collégiens de 12 ans simples usagers de haschich ou « dealers » occasionnels pour leur propre consommation. Et ce n’est évidemment pas le projet de Marine Le Pen.

Jean-François Copé pousse donc la saloperie jusqu’à inverser coupables et victimes et à faire passer Marine Le Pen pour une tueuse d’enfants. C’est dégueulasse, ça me fait vomir.

Cette vidéo me fait détester Jean-François Copé. Faut-il qu’il ait la trouille pour tomber si bas ! Quand on entend de telles abjections, on imagine sans peine dans quel camp se rangera Jean-François Copé si la situation politique s’envenime davantage : celui des lâches et des salopards.

Mais cette vidéo me fait aussi détester tous ceux qui l’ont applaudi ce jour-là. Car c’est bien à cause de ce troupeau d’irresponsables que des Jean-François Copé peuvent continuer à prospérer avec des méthodes indignes de tout politique (au sens noble du terme).

Pas pour très longtemps, j’espère. En politique, le ridicule tue. Quand le premier secrétaire de l’UMP se sent obligé d’arriver à un tel extrémisme verbal, irréel et ignoble, c’est le signe qu’il est au bout du rouleau, ainsi que tout son parti dont les divisions sont de plus en plus patentes.

« Encore un petit bla-bla monsieur Copé, encore un petit effort », disait Marine Le Pen. J’espère que le « bla-bla » de Jean-François Copé a porté ses fruits contre-productifs le jour de ce meeting. Peut-être que quelques militants UMP présents dans la salle n’ont pas osé réagir, mais qu’ils n’ont pas apprécié qu’on parle ainsi de leurs enfants et qu’on leur dise de telles énormités mensongères et diffamatoires.

« Marine + 2% », comme on dit dans les commentaires lapidaires du site fdesouche.com. Je l’espère. J’espère que dans le troupeau venu applaudir Jean-François Copé, il y a quelques moutons noirs qui préfèreront l’original de la franchise à la fausse copie Copé et à ces rentiers de l’UMP, gérants de l’hôpital des urgences électoralistes qui se foutent de la Charité républicaine en accusant Marine Le Pen la prétendue « tueuse d’enfants » d’« agiter les peurs ».

Djamila GERARD

Les commentaires sont fermés.